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    Costumes
    Mode enfantine

    Etat des connaissances :

     

    A la différence des Anglo-Saxons qui ont rédigé déjà depuis plusieurs années des ouvrages sur la mode de l'enfant, les historiens du costume français ne se sont guère intéressés à ce sujet. Depuis le célèbre ouvrage de Philippe Aries, seules des histoires sociales de l'enfant ont vu le jour.
    Seront présentées ici les prémices d'une histoire qu'il reste à écrire et qui sont fondées sur le travail réalisé pour la préparation de l'exposition : "La mode et l'enfant" qui s'est tenue à Galliera de mai à novembre 2001.


      

      

      

    On ne considérera tout d'abord que le bébé.
     

    La layette

    Etude réalisée à partir des documents, périodiques, gravures, costumes et accessoires, conservés à Galliera et à partir des ouvrages généraux des bibliothèques publiques.
    Etat des collections de Galliera : costumes et accessoires

    Les pièces exceptionnelles ayant plus facilement traversé le temps que les vêtements d'usage, le musée ne possède que trois chemises de bébé du XIXe siècle, quelques corsets, mais de belles guimpes, brassières, robes... sans compter de magnifiques bonnets et chaussons et de remarquables tenues de baptême. Les collections sont moins riches pour la seconde moitié du XXe siècle, la recherche du pratique et du confort l'emportant sur la beauté des vêtements qui, par ailleurs, circulent beaucoup d'une famille à l'autre.
     

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    Les principales étapes de la modernisation de la layette du XIXe siècle à nos jours


    Le maillot :

     

    A la différence des Anglais qui renoncent à emmailloter le nourrisson dès 1820, le bébé reste en France bien serré dans ses langes jusqu'à la Grande Guerre ; toutefois à partir de la fin du XVIIIe siècle, la petite planche en bois qui maintenait ses jambes droites disparaît progressivement. Quant aux bandelettes, leur usage n'est plus de mise après la Première Guerre mondiale. Les langes perdent leur caractère coercitif, leur fonction étant de maintenir l'enfant au chaud. En France, après 1968, on abandonne facilement cette pratique jugée d'un autre âge.

     

     

      

      

    Dès 1762, dans son roman : "Emile ou de L'éducation", Jean-Jacques Rousseau s'élève contre le maillot, déclarant que : " le nouveau-né était moins à l'étroit, moins gêné, moins comprimé dans le placenta qu'il n'est dans les langes..." De nombreux médecins néanmoins en relèvent les aspects positifs, ainsi, le docteur Blondet écrit encore en 1953 : " le maillot français est encore la meilleure façon d'habiller les nouveaux-nés... les trois premiers mois l'hiver pour le jour, les six premiers mois pour la nuit". Ainsi le maillot, pensait-on autrefois, avait trois fonctions, permettre le développement des jambes du nourrisson, en les maintenant droites, faciliter le port de l'enfant par les nourrices, conserver la chaleur.

     

      

      

    Plus profondément dans une société restée rurale, cette pratique, pensait-on, exerçait sur le nourrisson une action civilisatrice qui l'éloignait du caractère animal qui, comme l'a expliqué Françoise Loux, pouvait toujours se manifester.

     

    La féminisation de la layette :


    Depuis le Moyen Age, les bébés sont comme les femmes, habillés de robes. Cependant, la féminisation de la layette se développe au XIXe siècle : les principales pièces de la garde-robe féminine, des sous-vêtements aux manteaux, sont adaptées au bébé. Cette tendance se renverse à partir des années 1920, avec les prémices de la masculinisation qui s'accentue plus encore après 1950.

     

    A la Belle Epoque, le trousseau des femmes et des bébés est pléthorique. Dans les familles aisées, on assiste à une accumulation de guimpes, jupons, robes, bonnets, chaussons qui nécessitent un entretien constant et délicat mais qui permet de différencier les familles fortunées des plus modestes.


    La différenciation sexuelle :

     

    Deux éléments vont permettre d'afficher la différenciation sexuelle : les couleurs puis le vêtement. Le rose, employé jusqu'alors indifféremment pour les garçons et les filles, est progressivement réservé à partir de 1910 aux filles tandis que le bleu est dévolu aux garçons. Le blanc considéré comme neutre est néanmoins toujours très apprécié. Au cours des années 1920, on assiste à un glissement des âges, phénomène fréquent dans la mode, la culotte portée par les garçons plus grands est introduite dans le vestiaire des tout-petits, avec une déclinaison du fameux costume baby, blouse boutonnée à une culotte alors très courte ; la robe, quant à elle, devient progressivement la tenue du bébé de sexe féminin.

      

    Après la Seconde Guerre mondiale, cette caractéristique tend à disparaître, la situation se renversant, le pantalon est porté progressivement par les fillettes quel que soit leur âge.

     

      

    L'hygiène
    L'invention du tissu éponge modifie l'aspect des couches, qui deviennent très absorbantes ; en conséquence, elles diminuent de taille et changent de forme, de carré elles sont taillées en triangle et comportent en leur centre une partie en éponge. Dès 1911, sont fabriquées des couches culottes imperméables mais on reproche au caoutchouc de provoquer des rougeurs ce qui limite leur commercialisation. A la fin des années 1930, des couches hygiéniques, absorbantes et désodorisantes sont créées pour les enfants et les malades. Des plaques prédécoupées sont mises dans le commerce au cours des années 1950, tandis que les couches traditionnelles sont améliorées grâce aux fibres synthétiques. La couche jetable entre définitivement dans les moeurs après 1970 avec l'élévation du niveau de vie.

     

      

    La barboteuse
    C'est en 1905 qu'apparaît la barboteuse, alors destinée aux petits enfants âgés de 2 à 4 ans. Mais après la guerre de 1914-1918, elle est aussi utilisée pour les bébés. Ce vêtement dérive du costume de gymnastique. En 1920, sa coupe suit la mode et se simplifie, ses lignes sont droites et la culotte raccourcit. Au cours des décennies suivantes, la culotte bouffe à nouveau comme à sa création. La barboteuse a moins de succès dans les années 1970, sa forme se modifie avec son retour à partir des années 1980.

     

      

    De la grenouillère à la combinaison
    Inventée par l'Américain Walter Arzt, introduite en France en 1960, la grenouillère est d'abord connue sous le nom de sa marque Babygro. Réalisée en maille élastique dite stretch, elle est facile d'entretien grâce au mélange de coton et de fibres synthétiques. Confortable, agréable au toucher, elle est tissée façon velours ou éponge. La combinaison n'est pas en soi un vêtement nouveau : utilisée depuis très longtemps, elle se développe de façon spectaculaire à la fin du XIXe siècle, en particulier avec des articles de bonneterie pour adultes et pour enfants ; mais ce qui est révolutionnaire, c'est d'oser montrer des enfants ou des bébés ainsi revêtus le jour. Autrefois on préférait cacher ce type de vêtement qui n'était pas considéré comme suffisamment élégant. Le principe de la combinaison est encore exploité pour la création de vêtements de dessus qui, dans ce cas, s'inspirent de tenues de travail, portées, par exemple, par les aviateurs, les pompistes ou plus tard les cosmonautes. Cinquante ans plus tard, ce type de vêtement est toujours d'actualité.

      

      

    Mode enfantine

     

    Trousseau du bébé du XIXe siècle à nos jours

    Comme le vestiaire de la femme, le trousseau du nourrisson est très riche, son entretien est néanmoins facilité par l'emploi presque exclusif du coton blanc, en toile et en piqué, quelques pièces sont en flanelle (jupon, brassière), en laine tricotée (brassière).

      

    Vêtements de dessous
    Sur la chemise croisée dans le dos, le bébé porte un corset, bande en flanelle taillée en biais qui s'adapte à la rotondité du ventre ; dès trois mois, un corset en toile renforcée permet bientôt d'y attacher le lange anglais, culotte boutonnée contenant les couches taillées, soit dans du vieux linge, soit achetées dans le commerce. Sur la chemise et le corset, viennent les brassières qu'il est fréquent de superposer, particulièrement en hiver. La première est en flanelle, la seconde en piqué de coton. Cette dernière peut être remplacée par une guimpe dont la partie supérieure est souvent incrustée de dentelle et ornée de fines broderies, et de plissés religieuse.

     

      

    Jupons et jacksons
    Le nourrisson porte comme les femmes des jupons, mais à la différence de ceux des femmes, ils sont montés sur un corsage à bretelles et boutonnés dans le dos. C'est probablement au milieu du XIXe siècle qu'en apparaît un nouveau type appelé jackson ; sa particularité est de posséder un corsage croisé dans le dos, dont les pans se nouent devant ; sa jupe très longue est parfois fendue devant, de haut en bas. Au cours des années 1930, le jackson devient robe, ou bien perd sa jupe se transformant ainsi en cache-cœur. Dernier avatar du jackson, sa transformation en robe jardin.

     

      

    Vêtements de dessus

     

      

    Cache-maillots et robes

    Dans les familles fortunées, un cache-maillot, robe à la jupe très longue, fait disparaître les langes à la vue de tous. Cette robe, qui va progressivement suivre la mode, est utilisée jusqu'en 1970. Lors de certaines circonstances, le bébé est revêtu d'une robe, dite de sortie, à la fin du siècle. Elle se singularise par la beauté de ses broderies, ses dentelles, ses plissés de sorte qu'elle est facilement confondue avec la robe de baptême. Il est difficile de distinguer aujourd'hui ces deux types de robe, seul le contexte permet de choisir. Dans les familles fortunées, les robes de baptême étaient généralement en dentelle de Valenciennes.
     

      

    Manteaux et capes
    Les vêtements de dessus se développent surtout à partir de 1830, jusqu'alors, on se contente souvent d'envelopper les enfants dans des châles, pratique qui restera longtemps en usage dans les campagnes. On distingue le manteau de la cape : le premier ou douillette est coupé comme une robe, sa longue jupe est fendue devant et son corsage est recouvert d'une cape de sorte qu'on la différencie peu de la cape ou pelisse. Parmi les plus beaux conservés dans les musées, bon nombre sont en tussor et ornés de mousseline plissée et de dentelle, comme celle dite d'Irlande, la plupart de ces manteaux sont en soie ouatinée l'hiver, en piqué de coton blanc l'été. Quand l'enfant commence à marcher, il revêt les mêmes modèles mais plus courts. Le burnous, qui reprend alors celui porté par les femmes dès la monarchie de Juillet, fut employé dès la seconde moitié du XIXe siècle, puis au cours des années 1930-1940.

     

      

    Coiffures
    La tête du nouveau-né est protégée par le béguin, en toile fine sans ornementation, simplement fermé par des liens à hauteur de la nuque. Cette coiffure disparaît après la Grande Guerre, le chauffage se répandant dans les appartements.

    Le béguin est recouvert d'un bonnet qui reflète la situation sociale de la famille. Il est orné dans la première moitié du XIXe siècle de broderie blanche, puis dans la seconde moitié du siècle, de dentelle, souvent mécanique, et de rubans en soie.
    Pour sortir, le bébé porte un autre type de bonnet en soie plus épaisse. Autour de 1900, il est orné d'un bavolet qui recouvre le cou, c'est la capote. Dans l'entre-deux-guerres, il est souvent en laine tricotée selon un modèle toujours en usage dans les années 1950-1960. Il sera parfois remplacé par la cagoule.

     

    Le bourrelet
    Comme le montrent d'anciennes gravures, lorsque l'enfant commence à marcher, sa tête est recouverte d'une coiffure appelée bourrelet. Elle est constituée d'une sorte de bandeau large en étoffe rembourrée, qui enserre étroitement le crâne de l'enfant à la hauteur du front et de la nuque, maintenu sur la tête par deux rubans croisés. L'étoffe sera progressivement remplacée par de la paille, plus légère. Le bourrelet disparaît après 1920.

     

      

      

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    Chaussons, souliers
    A la suppression du maillot, le nourrisson porte des bas en coton ou en laine et des chaussons en laine tricotée, en piqué de coton en flanelle ou encore en soie. Vers 1880 certains sont assortis aux cache-maillots. Vers l'âge de 10 mois, le bébé est pourvu de souliers plats en tissu notamment en soie, mais aussi en agneau. Il faut attendre les années 1950, pour que soit créé un modèle adapté aux tout-petits, mis au point par Babybotte, le bloc-talon, c'est-à dire la semelle se prolongeant sur l'arrière de la chaussure, formant contrefort et soutenant la cheville. Sous l'influence du sport, les tennis et les baskets entrent dans le vestiaire du bébé.

     

      

    Fichus, bavoirs
    Longtemps, on a utilisé pour les nourrissons des fichus croisés sur la poitrine qui maintenaient leur tête droite et avec laquelle on épongeait la salive, l'apparition des bavoirs ne date que des années 1830-1840. Aussi les premiers sont-ils taillés dans des linons très fins ; l'emploi du piqué de coton les rend bientôt plus pratiques. Sous le Second Empire, ils adoptent la forme corselet que l'on retrouvera au tournant des années 1970. Notons que certains d'entre eux sont tricotés en fil de coton. En 1910, est créé le bavoir dit américain, dont les deux pattes de côté sont prolongés par des rubans. Après avoir connu une éclipse, le bavoir est à nouveau utilisé mais souvent confondu avec la serviette de table. A la fin du XIXe siècle, ils sont particulièrement spectaculaires avec leurs broderies et leurs dentelles blanches.

     

      

    Lit de présentation
    Autrefois les parents entretenaient des relations lointaines avec leurs enfants et a fortiori les nourrissons, aussi les bonnes d'enfant avaient-elles l'habitude de présenter les bébés dans des lits de présentation. La plupart étaient d'une grande somptuosité, réalisés en soie ou en organdi, assortis pour certains à une brassière et à un bonnet.

     

      

    Les tenues de circonstance : la robe de baptême
    L'ensemble était traditionnellement composé de différentes pièces : un béguin qui, ayant touché les huiles saintes, était considéré comme sacré, un manteau recouvrant le maillot, un coussin de présentation et un linge ouvré pour envelopper l'enfant. Plus tard, on prend l'habitude d'utiliser des robes s'inspirant du XVIIIe siècle : le corsage et la jupe sont ornés de deux triangles, dont les deux pointes se rejoignent à la taille.

      

     

     

    Le vestiaire du tout-petit aujourd'hui

    Dès les années 1960-1970, des créateurs de mode s'intéressent aux bébés, en particulier les femmes. Elisabeth de Senneville, Chantal Thomass, Lolita Lempicka, agnès b. imaginent pour leurs propres enfants, des tenues qui reprennent les coloris des vêtements qu'elles ont conçus pour les adultes. Ainsi les nouveaux-nés sont habillés en noir, en rouge vif, comme en violet. Après le triomphe de la grenouillère, les bébés sont aussi en salopette puis en survêtement.
     

      

    Avec la disparition de la notion de classe d'âge, les bébés portent aussi bien la grenouillère que des pantalons à plis, accompagnés, par exemple, d'un pull à col roulé semblables à ceux que peut revêtir leur père. Quant aux bébés de sexe féminin, ils peuvent avoir des versions réduites des tenues maternelles. Fabricants et parents tentent de faire franchir le plus rapidement possible les étapes de la petite enfance à leurs rejetons. Dès un an, les grandes marques habillent le bébé en préadolescent. Cette démarche, vêtir le bébé en adulte, est néanmoins différente de celle du XIXe siècle, car les parents ne se donnent plus pour modèles à leur progéniture.
     

      

    Aujourd'hui la layette s'est simplifiée aussi bien dans les types de vêtement que dans ses formes : brassières ou bodys inspirés des bodys féminins, t-shirts, couches jetables, survêtements, salopettes, peu de barboteuses et de robes à smocks, ainsi que la réduction de nombreux vêtements portés par les adultes, en particulier pour le sport.
     

      

      

    Le rôle de la mode dans l'habillement du bébé
    Si la mode adulte influence la layette, n'en exagérons pas le pouvoir. Certes, on est sensible aux similitudes typologiques ou formelles, mais les différences sont tout aussi nombreuses. De la fin du XVIIIe siècle à 1865, cache-maillots, robes de jour, de sortie ou de circonstance sont une déclinaison des robes de femme : mêmes décolletés, mêmes coupes des manches et mêmes ornementations.

      

    Cependant l'emploi exclusif de la couleur blanche pendant tout le siècle et même au-delà, va bientôt différencier les deux vestiaires. Sous la Restauration, la couleur est de nouveau à la mode pour les femmes alors que les bébés sont tout de blanc vêtus. A partir de 1865, la coupe de robes de bébé se fige et n'évolue plus jusqu'à la fin du siècle.

      

      

      

    La forme est semblable à celle de la tenue de baptême mais aussi à celle de la robe de femme alors en vogue. C'est une réactualisation de la robe à la française : en une pièce pour le bébé, constituée devant de deux triangles se rejoignant à la taille. Grâce à l'ornementation, néanmoins, on peut dater les robes de bébé réalisées pendant les trente années suivantes.

      

    Quels motifs donner à cette nouvelle stabilité ?

      

    On en distinguera deux, en premier lieu, l'impossibilité de marquer la taille du bébé alors même que les femmes la mettaient en valeur ; en second lieu, le caractère historicisant de cette robe ne pouvait que convenir à cette époque qui en raffolait. A la fin du siècle, c'est la robe américaine qui devient le modèle, ces tenues amples sans taille marquée, ont souvent un grand col à la pierrot, déjà en vogue sous Louis XVI.

      

      

    Au cours des années 1920, les robes droites sont très courtes tandis qu'on commence à revêtir les tout petits de costumes esquimaux, faits d'un pantalon collant et du pull long. Dans l'entre-deux guerres, le bébé, là encore, adopte les vêtements des petits enfants, en particulier la fameuse robe à smocks tandis que le bébé garçon est progressivement en costume Baby.
     

      

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    Vêtements de dessus
    Manteaux et pelisses, apparus vers 1830-1840, reprennent le modèle employé alors par les adultes des deux sexes : longue cape à collet utilisée pour le bébé pendant cent vingt ans, et dont les tissus et les ornements changeront au fil du temps, piqué de coton brodé ou garni de broderie anglaise pour l'été, ottoman ouatiné et souvent brodé pour l'hiver. Ils sont courts quand le bébé commence à marcher.

      

    Dans les années 1920, ces manteaux raccourcissent et se font plus légers. L'été, ils sont confectionnés dans des crêpes de Chine.
     

     

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    Le bébé aujourd'hui
    La layette n'a pas échappé à la révolution des années 1960. Tandis que les femmes s'habillent sous l'influence de Courrèges comme des petits enfants et même des bébés, ces derniers sont revêtus de couleurs vives.

      

      

      

    Au cours des années 1960, le rouge est très apprécié, le violet, l'orange, le noir font une entrée en force dans la layette pendant la décennie suivante. Agnès b., Sonia Rykiel proposent des combinaisons, des pulls noirs pour tout petits.

      

    A partir de 1975, l'historicisme qui se développe dans la garde-robe des adultes trouve sa correspondance chez le bébé, avec un retour des grands classiques. Cependant, il est moins vêtu en bébé qu'en petit enfant. Le temps du bébé va raccourcissant, il ne dure plus que quelques mois. Ainsi, aujourd'hui un bébé fille d'un an peut être habillée comme une préadolescente.

      

      

      

    Les caractéristiques de la mode adulte se retrouvent pour la plupart dans la mode enfantine : nostalgie du passé avec des tenues à l'anglaise, décidément indémodables, vêtements s'inspirant de toiles de maître, originalité d'ensembles de créateurs allant d'Elisabeth de Senneville, Jean-Rémy Daumas, Chantal Thomass à Jean-Charles de Castelbajac, auxquels on ajoutera les réalisations des Belges sans oublier, bien entendu, les adultes miniaturisés. La couture de grand luxe a aussi sa place, même si son impact est sans grande influence.

      

    Tout compte fait, les bébés fashion's victims sont rares, bien que la presse aime s'en faire l'écho.

      

     

     

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    SOURCES : http://www.paris.fr/loisirs/Portal.lut?page_id=6130&document_type_id=4&document_id=12843&portlet_id=13751&multileveldocument_sheet_id=452

      

    photographies GOOGLE

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  • Depuis toujours, le tricot habille l’enfant

     

     

    ▲à g. : Fragment de tricot de coton au point jersey, décor jacquard,
    Égypte période copte, XIe-XIIe siècles,
    Le Coton et la mode, 1000 ans d’aventures, catalogue d’exposition (2000-2001), page 29
    Musée Galliéra, Éditions Skira, Paris (épuisé)
    à dr. : Chaussette enfant, Fustat (Égypte), XIe-XVe siècle
    Textile Museum, Washington sur Dar Anahita's

     

     

    ▲à g. : Tunique d’enfant en laine tricotée, Antinoë (Égypte), entre 331 et 641 (époque copte)
    Musée du Louvre, Paris
    au centre et à dr. : Chemise veste et moufle en laine tricotée pour enfant, XVIe siècle
    Museum of London, Londres
    (Pour en savoir plus, lire les fiches détaillées de chaque objet sur le site du musée)

    Dès qu’on a pu filer et tisser la laine, on l’a aussi tricotée [Lire ici sur Les Petites Mains]. Dans les campagnes où on y a facilement accès, la laine tricotée est une réponse pratique et économique aux besoins vestimentaires des familles. Dans certaines régions, le tricot devient à partir du XVIe siècle une activité de revenu complémentaire pour les familles pauvres. Cette habitude est encouragée par les œuvres de bienfaisance. Même pratiqué de façon non professionnelle, le tricot devient un gage de bonne éducation et de vertu morale pour les femmes et jeunes filles [Lire ici : la représentation de la tricoteuse sur Les Petites Mains].

     

     

     

    ▲à g. : Portrait de bébé, par Mary Beale, vers 1690-1730
    Victoria & Albert Museum, Londres
    à dr. : Chemise veste d’enfant en coton tricoté, XVIIe siècle
    Album : Knitting Items from the Collection, Victoria and Albert Museum, Londres

     

     

    ▲à g. : Bas pour enfant en tricot de soie rebrodé, XVIIIe siècle
    Museum of Fine Arts, Boston
    à dr. : Brassière pour bébé en tricot de coton, XVIIIe siècle
    passée en vente chez Christie, Londres

     

     

    ▲à g. : Ensemble bonnet, brassière et manches amovibles en laine tricotée main pour bébé,
    Angleterre, entre 1800 et 1850
    Album : Knitting Items from the Collection, Victoria & Albert Museum, Londres
    à dr. : Robe pour bébé tricotée en coton, 1851
    Victoria and Albert Museum, Londres
    Ce modèle, réalisé par Sarah Ann Cunliffe, fut primé à la première Exposition Universelle
    de Londres, en 1851 (médaille visible en haut à gauche de la photo).

     

     

    ▲à g. : Petite fille portant des mitaines tricotées, début XIXe siècle
    galerie photo_history sur Flickr
    à dr. : Mitaines en soie tricotée, vers 1860, sur corsetsandcrinolines

    Au XIXe siècle, les travaux d’aiguilles sont enseignés aux filles à l’école. Certains prix décernés aux articles tricotés présentés aux grandes expositions universelles sont réservés aux productions des orphelinats et autres maisons de type hospice. Ils distinguent des pièces d’une grande dextérité, considérées comme des chefs-d’œuvre. Il s’agit souvent de pièces de layette en tricot de laine ou de coton. On combine parfois sur la même pièce les techniques tricot et crochet.

     

    Les productions domestiques utilitaires, dont les modèles de base n’ont sans doute guère changé au fil des siècles, concernent tout particulièrement les petites pièces du vestiaire des bébés et des enfants, faciles et rapides à exécuter. Chaussettes et bas sont fabriqués industriellement sur des métiers, mais on en tricote aussi pour usage personnel dans les familles. Les musées conservent quelques brassières de coton datant du XVIIe et du XVIIIe siècle, mais peu de pièces domestiques modestes, recyclées et portées jusqu’à l’usure.

     

     

     

    ▲à g. : Chaussettes en grosse laine tricotée, XVIIe siècle
    Rijksmuseum , Amsterdam
    à dr. : Moufles en laine pour enfant, à motifs jacquard, rapiécées, XIXe siècle
    Museum of Fine Arts, Boston

    Le tricot de laine tient les enfants au chaud

     

    Quand le moindre refroidissement peut mettre en danger les enfants – la pénicilline n’arrive en Europe qu’en 1945 – les vêtements de laine maintiennent les enfants au chaud. Pourtant, dans son ouvrage de référence sur la mode enfantine, Dictionary of Children’s Clothes – 1700s to Present, Noreen Marshall remarque que l’étude de photographies de groupes d’enfants, par exemple d’écoliers, montre qu’avant 1890, les enfants de condition modeste ne portent guère de vêtements de dessus tricotés, mais le plus souvent des vestes trop grandes ou trop petites, trop usées aussi pour être bien chaudes.

     

    Ainsi, les brassières et chemises de laine plus ou moins finement tricotées des bébés sont intercalées entre des vêtements de coton blanc, faciles à entretenir : celui du dessous protège le vêtement des sécrétions de l’organisme, celui du dessus protège le corps des vêtements de dessus faits dans des textiles moins confortables. Le vêtement tricoté est un vêtement utilitaire qui ne se montre pas. On ne le trouve pas élégant, il n’est pas soumis aux phénomènes de mode. Avant le milieu du XIXe siècle, les travaux de tricot sont plutôt considérés comme une basse besogne, ils sont réservés aux institutions de bienfaisance et d’assistance, aux hôpitaux et aux prisons.

     

     

     

    ▲à g. : Publicité pour « sous vêtements hygiéniques » en lainage à la ouate de tourbe
    du Docteur Rasurel, 1897, sur live auctionneers
    au centre et à dr. : Combinaison pour enfant en tricot mécanique de coton
    dans Dictionary of Children’s Clothes – 1700s to Present, Victoria & Albert Museum, Londres
    On nomme « combinaison » ce vêtement pour enfant : il est en effet littéralement
    la combinaison entre une chemise et une culotte. Celle-ci, datée entre 1900 et 1940, est en tricot ;
    les combinaisons de laine de la fin du XIXe - début XXe ont la même coupe.

     

     

    ▲à g. en ht et en bas : Chemise body pour bébé en fine laine blanche tricotée, vers 1896-1898
    Wisconsin Historical Museum, Madison
    au centre : Publicité pour les « sous vêtements hygiéniques » du Docteur Rasurel,
    par Lenonetto Cappiello, 1906 sur Camard et Associés
    à dr. : Chemise et caleçon en laine tricotée pour enfant
    dans Dictionary of Children’s Clothes – 1700s to Present Victoria & Albert Museum, Londres

     

     

    ▲à g. : Pull fille, finement tricoté en laine rouge, vers 1900
    Wisconsin Historical Museum, Madison
    Dans les années 1850-1860, pour une meilleure santé, les hygiénistes
    recommandent de porter un jupon de flanelle de laine rouge.
    au centre : Portrait de Lady Ottoline Morrell Julian Ottoline Vinogradoff enfant, 1910-1911
    National Portrait Gallery, Londres
    à dr. : Pull pour petit garçon, tricoté en laine écrue, vers 1881-1883
    Wisconsin Historical Museum, Madison

     

     

    ▲à g. : Jupon tricoté pour petite fille, 1866, La Mode illustrée
    boutique Au Fil du Temps sur e-bay
    à dr. : Jupon tricoté en laine jaune et rayures zig-zag multicolores, vers 1885-1890
    Wisconsin Historical Museum, Madison

     

     

    ▲à g. : Jupon tricoté pour petite fille, 1860, La Mode illustrée
    boutique Au Fil du Temps sur e-bay
    à dr. : Jupon tricoté et crocheté en laine écrue et rayures zig-zag roses, vers 1880-1910
    Wisconsin Historical Museum , Madison

     

     

    ▲à g. : Jupon pour enfant, La Mode illustrée, 1862
    boutique Au Fil du Temps sur e-bay
    à dr. : Combinaison pour enfant en laine tricotée, à rayures verticales bicolores, vers 1890-1899
    Wisconsin Historical Museum , Madison

     

     

    ▲à g. : Pull gilet pour fille en laine tricotée chinée marron rebrodée, vers 1860-1869
    Wisconsin Historical Museum, Madison
    à dr. : Veste à manches courtes pour petite fille, 1864, La Mode illustrée
    boutique Au Fil du Temps sur e-bay

    À partir du milieu du XIXe siècle, et plus encore la fin XIXe-début XXe, les habitudes changent. La scolarisation obligatoire des enfants préconise « un esprit sain dans un corps sain », on favorise la pratique sportive, y compris pour les filles. Les « bains de mer » ne sont plus réservés à l’élite. Parallèlement, « hommes de science » et hygiénistes redécouvrent les vertus de la laine et recommandent de porter des «lainages sanitaires» à même la peau [Lire ici : la vogue des lainages sanitaires sur Les Petites Mains]. Tout cela va contribuer à mettre la laine « à la mode », elle gagnera peu à peu le vêtement de dessus.

     

    Tricot de laine et mode enfant

     

     

     

    ▲Costumes marins en jersey, 1881 catalogue Hilder & Godbold, Angleterre
    dans Dictionary of Children’s Clothes – 1700s to Present, Victoria & Albert Museum, Londres
    à dr. : Garçonnets en costumes marins en jersey, vers 1900
    pool Vintage Kids sur Flickr

     

     

    ▲à g. : Costume marin en jersey pure laine, hiver 1911-1912
    catalogue général des Galeries Lafayette sur Commons Wikimedia
    à dr. : Petit garçon aux dominos, photographe anomyme, vers 1886
    Bibliothèque nationale de France, Paris

     

     

    ▲Portrait de famille, fin XIXe siècle, galerie lovedaylemon sur Flickr

     

     

    ▲à g. : Pull garçon rayé à col châle, en laine tricotée, marque Lorenz, vers 1900-1915
    Wisconsin Historical Museum , Madison
    à dr. : Garçonnet en pull rayé, vers 1900
    album Edwardian children sur Flickr

     

     

    ▲à g. : Enfants en habits tricotés, vers 1925 pool Vintage Kids sur Flickr
    au centre : Catalogue de tricot Madame n°183, décembre 1924
    sur journ@ux-collection.com
    à dr. : Petite fille en costume de laine tricotée, Portugal, vers 1925
    sur Photos d’Enfances

     

     

    ▲à g. : Modèles de tricot, couverture de Mon Ouvrage n°218, 15 mars 1932
    sur journ@ux-collection.com
    au centre : Portrait de Philippa Selina Mather (née Bewicke-Copley) et David Godfrey Bewicke-Copley
    par Alexandre Bassano, 1933, National Portrait Gallery, Londres
    à dr. : Modèles de tricot, couverture de Mon Ouvrage n°366, 15 mai 1938
    sur journ@ux-collection.com

     

     

    ▲à g. : Pull en en laine, tricotage jacquard des îles Shetland, vers 1931
    Victoria & Albert Museum, Londres
    à dr. : Les princes d’Angleterre Andrew et Edward, 1966, sur royalteurope

     

     

    ▲à g. : Petite fille en gilet tricoté, inspiré du style des îles d’Aran, 1942
    sur Photos d’Enfances
    au centre : Pull tricoté en laine, dans le style des îles d’Aran, 1945
    Wisconsin Historical Museum, Madison
    à dr. : Modèles de tricot dans le style des îles d’Aran, 1960
    sur The Retro Knitting Company

    Dans les années 1885, les manufactures de jersey se spécialisent, le célèbre costume marin des enfants est réalisé en épaisse maille jersey de laine ou de coton. On s’habille de manière plus décontractée en bord de mer, on porte des pulls. À partir des années 1910 apparaissent de plus en plus sur les photographies, des enfants vêtus, même à la ville, de pulls tricotés – ce sont surtout des garçons. L’activité tricot se développe par nécessité pendant la guerre, puis s’ancre durablement dans les habitudes féminines.

     

    Il faudra attendre les années 1920 pour que la laine tricotée évolue en vêtement concerné par la « mode ». La pratique du sport va se répandre et se démocratiser pour devenir un style de vie, tendance amplifiée en 1936 par les congés payés [Lire ici : le sportswear des Années folles et : la maille est associée à la modernité sur Les Petites Mains].

     

    Cette mode favorisera le développement d’un style confortable, typiquement enfantin, avec chandails et culottes de maille boutonnées ensemble et courtes robes. Le chandail ou pullover de sport, qui intéresse désormais les couturiers, se fait créatif. Il s’inspire parfois des techniques traditionnelles locales du tricot, comme le jacquard nordique coloré et le tricot irlandais à torsades et reliefs.

     

    Le pull est un vêtement confortable, souple et extensible qui « grandit » avec l’enfant : on détricote le modèle devenu trop petit, on le retricote en plus grand avec des rayures, des pièces contrastées (poignets, côtes), en réutilisant si nécessaire plusieurs vieux vêtements. Les techniques textiles du XXe siècle n’auront de cesse de développer cette notion de confort, d’élasticité, de douceur…

     

     

     

    ▲à g. : Publicité pour les laines du Pingouin, vers 1950, sur Femmes en 1900
    à dr. : Robe layette tricotée main, marque Jaboté, vers 1960
    sur Kentucky Rain Vintage

     

     

    ▲à g. : Publicité Petit Bateau, tricots Crylor, sur Delcampe
    à dr. : Pull Petit Bateau en fibre polyamide Ban-Lon, vers 1970
    sur Kentucky Rain Vintage

     

     

    ▲à g. : Publicité Absorba, 1968, sur memory-pub
    à dr. : Robe tricotée bicolore en acrylique, Absorba, vers 1970
    sur Kentucky Rain Vintage

     

     

    ▲Pull tricoté à rayures en modal et polyamide, Absorba, vers 1980
    sur Kentucky Rain Vintage
    à dr. : Publicité Absorba, « Les enfants sont comme ça », vers 1980, sur Delcampe

    Dans les années 1960-1970, la facilité de lavage, la rapidité de séchage, l’absence de repassage, le choix multiple des coloris font des fibres synthétiques un matériau particulièrement adapté au vêtement d’enfant qui a besoin d’être lavé souvent. L’offre des marques de prêt-à-porter en tricot est riche et variée, même si on considère les tricots faits maison comme plus élégants et raffinés. Le vêtement tricoté reste un basique incontournable de la mode layette et enfant.

     

    La layette

     

    Ce sont les Anglais, toujours pragmatiques, qui lancent les premiers la mode de la layette tricotée à la main. Elle ne commence à se répandre qu’à partir des années 1870-1880. Les magazines féminins conseillent d’habiller chaudement les bébés d’une robe de laine dès leurs premiers pas, en raison de son confort et sa souplesse. On ne se cache plus pour tricoter à la maison petites vestes, robes, bonnets, cache-langes et culottes à chaussettes intégrées. On considère jusqu’à la moitié du XXe siècle que coudre et tricoter le trousseau de son bébé est la plus saine des occupations pour une future mère.

     

     

     

    ▲à g. : Brassière en laine tricotée, vers 1890-1899
    Wisconsin Historical Museum, Madison
    à dr. : Brassière tricotée mains proposée par un magasin de nouveautés, Le Caprice (journal), 1887
    dans La Mode et l’Enfant 1780… 2000, Musée Galliéra, Paris

     

     

    ▲à g. en haut : Bavette au crochet, La Mode illustrée, 1866
    boutique Au Fil du Temps sur e-bay
    à g. en bas : Bavette au crochet, vers 1870-1899
    Wisconsin Historical Museum , Madison
    à dr. : Chemise brassière de bébé en laine tricotée
    Wisconsin Historical Museum , Madison

     

     

    ▲à g. : Bonnet en laine crochetée pour garçon, vers 1861-1862
    Wisconsin Historical Museum, Madison
    au centre : Bonnet pour bébé, La Mode illustrée du 2 novembre 1873
    boutique Au Fil du Temps sur e-bay
    à dr. : Bonnet en laine tricotée pour fille, vers 1850-1869
    Wisconsin Historical Museum, Madison

     

     

    ▲à g. : Bonnets pour bébés en coton tricoté, rebrodé de perles de verre, orné de dentelle et ruban,
    XIXe siècle, Museum of Fine Arts, Boston
    au centre : Bonnet d’enfant, rebrodé de perles de verre, début XIXe siècle
    The Elizabeth Day McCormick Collection, Museum of Fine Arts, Boston
    à dr. : Bonnet de bébé en coton tricoté, rebrodé de perles de verre, orné de dentelle, XIXe siècle
    Museum of Fine Arts, Boston
    En cliquant sur le lien, on peut voir, en haute résolution sur le site du musée,
    le magnifique travail de tricot rebrodé de perles de verre [en anglais : beadwork] de ces bonnets .
    Le travail - que certains différencient du tricot pur, est très proche des modèles
    de réticules pour femme de la même époque
    [Lire ici : Les ouvrages de dames, réticules et autres bourses du XIXe siècle sur Les Petites Mains]

     

     

    ▲à g. : Bonnet pour bébé en coton écru tricoté rebrodé de perles de verre, 1856
    Wisconsin Historical Museum, Madison
    au centre : Bonnet de bébé en coton tricoté, rebrodé de perles de verre, XIXe siècle
    Museum of Fine Arts, Boston
    à dr. : Modèle de bonnet tricoté pour enfant, 1865, La Mode illustrée
    boutique Au Fil du Temps sur e-bay

     

     

    ▲à g. : Bonnet en coton tricoté, 1860
    Wisconsin Historical Museum, Madison
    à dr. : Bonnet au crochet pour layette de bienfaisance, 1874
    Le Journal des Demoiselles, boutique Au Fil du Temps sur e-bay

     

     

    ▲à g. : Bonnet en coton tricoté, XIXe siècle, Museum of Fine Art, Boston
    au centre : Bonnet au crochet pour enfant, 1865
    La Mode illustrée, boutique Au Fil du Temps sur e-bay
    à dr. : Chaussette pour enfant en coton tricoté, début XIXe siècle
    Museum of Fine Arts, Boston

     

     

    ▲à g. : Chaussons en crochet pour bébé, 1865, La Mode illustrée
    boutique Au Fil du Temps sur e-bay
    à dr. : Chaussons pour bébé en laine tricotée noire rehaussée de jaune, 1880-1889
    Wisconsin Historical Museum, Madison

     

     

    ▲à g. : Modèle de chausson pour bébé, 1861, La Mode illustrée
    boutique Au Fil du Temps sur e-bay
    à dr. : Chausson pour bébé en laine tricotée moutarde rehaussée de blanc, 1877
    Wisconsin Historical Museum, Madison

     

     

    ▲à g. : Modèle de chausson pour bébé, 1866, La Mode illustrée
    boutique Au Fil du Temps sur e-bay
    à dr. : Chausson pour bébé en laine tricotée écrue, orné d’un double ruban, 1905-1915
    Wisconsin Historical Museum, Madison

     

     

    ▲à g. : Modèle de chausson bottine pour bébé, 1862, La Mode illustrée
    boutique Au Fil du Temps sur e-bay
    à dr. : Chausson pour bébé en grosse laine tricotée de couleur magenta, 1877
    Wisconsin Historical Museum, Madison
    La couleur mauve et ses dérivés sont à la mode depuis qu’en 1856,
    William Henry Perkin a réalisé la synthèse chimique de la mauvéine ;
    cela a permis la préparation et l’invention de nouvelles molécules colorantes.

     

     

    ▲à g. : Brassière tricotée en laine blanche, ornée de ruban rose à l’encolure,
    vers 1920, Wisconsin Historical Museum, Madison
    à dr. : Catalogue de tricot, modèles layette, collection Bleuet n°9,
    année non renseignée, sur journ@ux-collection.com

     

     

    ▲à g. : Portrait d’une mère et de son enfant, 1924, galerie bitsorf sur Flickr
    à dr. : Ensemble layette en laine écrue tricotée de la marque Glenroyal
    Victoria & Albert Museum, Londres

     

     

    ▲ g. : Ensemble layette, gilet, bonnet et chaussons tricotés en coton blanc et rose, rebrodé,
    vers 1944-1946, Wisconsin Historical Museum, Madison
    à dr. : Catalogue de tricot, modèles layette, collection Recko n°3,
    année non renseignée, sur journ@ux-collection.com

     

     

    ▲g. : Catalogue de tricot, modèles layette, Tricot de Paris n°60,
    année non renseignée, sur journ@ux-collection.com
    au centre : Trois ans en tricot, modèles à tricoter soi-même
    Modes et Travaux, 1951, sur aiguilles et autres choses
    à dr. : Petite fille en robe tricotée, Allemagne ou Autriche
    vers 1945, sur Photos d’Enfances

     

     

    ▲à g. : Robe tricotée mains, vers 1970-1980, sur Kentucky Rain Vintage
    à dr. : Catalogue de tricot, modèles layette, L’Officiel du Tricot n°25,
    année non renseignée, sur journ@ux-collection.com

     

     

    ▲à g. : Catalogue de tricot modèles layette, Bernat n°27,
    année non renseignée, galerie cemeterian sur Flickr
    à dr. : Réédition d’une brassière ancienne en laine tricotée pour bébé
    sur muitomaisanorte

     

     

    ▲à g. : Catalogue de tricot, modèles layette, La Layette de Mon Tricot,
    année non renseignée, sur journ@ux-collection.com
    au centre : Catalogue de tricot, modèles layette, Patons n°717,
    année non renseignée, galerie megsmaw06 sur Flickr
    à dr. : Catalogue de tricot, modèles layette, L'Art du Tricot n°6,
    année non renseignée, sur journ@ux-collection.com

     

     

    ▲à g. : Catalogue de tricot, modèles layette, La Mode pratique,
    année non renseignée, sur journ@ux-collection.com
    au centre : Portrait d’enfant en robe de laine tricotée, vers 1949
    galerie lovedaylemon sur Flickr
    à dr. : Catalogue de tricot, modèles layette, Collection Azur n°90,
    année non renseignée, sur journ@ux-collection.com

     

     

    ▲ g. : Bonnet et chaussons en laine tricotée jaune, vers 1954-1956
    Wisconsin Historical Museum, Madison
    à dr. : Modèle d’ensemble layette Sirdar Sunshine, Harrap Bros (Sirdar Wools) Ltd,
    vers 1955-1965, Victoria & Albert Museum, Londres

    Dans les années 1920, comme pour l’enfant, la layette tricotée promeut des règles de confort nouvelles, qui vont durer. On aime les panoplies. On assortit les bonnets et les chaussons. Les modèles basiques sont agrémentés de brassières et de bavoirs brodés. On préfère le blanc, mais la répartition des coloris rose-bleu entre garçons et filles s’enracine [Lire ici : bébé rose - bébé bleu, sur Les Petites Mains]. Le jaune fait son apparition dans les années 1930.

     

    Quand le plaisir de tricoter l’emporte sur l’utilité

     

     

     

    ▲à g. et au centre : Catalogues de modèles de tricots des années 1930, années non renseignées
    à dr. : Catalogue de modèles de tricot, La Mode pratique n°13 du 30 mars 1935
    sur journ@ux-collection.com

     

     

    ▲g. : Couverture du magazine Elle n°15 du 27 février 1946
    au centre : Couverture du magazine Elle n°95 du 9 septembre 1947
    Archives magazine Elle
    à dr. : Garçonnets en pull de laine tricotée, pool Vintage Kids sur Flickr

     

     

    ▲g. : Patron modèle de cardigan et de short Patons and Baldwins Ltd, Créations Weldon,
    vers 1950-1955, Victoria & Albert Museum, Londres
    au centre : Patron modèle de mini-robes roses, marque Hayfield, vers 1960, sur etsy
    à dr. : Patron modèle d’ensembles gilets/jupe/pantalon pattes d’eph’, Cortinac, vers 1970
    sur buggsbooks

     

     

    ▲Pages de modèles de tricots pour bébés
    100 Idées n°1 de décembre 1972 et n°111 de janvier 1983
    sur le blog des centidéalistes : rubrique Tricot à la mode 100 Idées

     

     

     

     

     

    ▲Pages de modèles de tricots pour enfants
    100 Idées n°4 de septembre 1973 (à g.), n°60 d’octobre 1978 et n°119 d’octobre 1983
    sur le blog des centidéalistes : rubrique Tricot à la mode 100 Idées

     

     

    ▲Pages de modèles d’accessoires en tricot pour enfant,
    100 Idées n° 112, février 1983 sur le blog des centidéalistes : rubrique Tricot à la mode 100 Idées

    La généralisation d’un prêt-à-porter abordable, le travail des femmes et autres mutations sociales vont peu à peu confiner l’activité tricot au loisir. Dans le domaine de la layette plus que tout autre, le temps du tricot prolonge le plaisir de la ferveur maternelle ou grand-maternelle à l’enfant chéri. De la débutante à l’experte, de la tradition à l’ultra-mode, dans un esprit pratique ou ludique, chacune peut trouver dans les nombreuses publications de catalogues et magazines spécialisés « le » modèle à tricoter soi-même.

     

     

     

    ▲Bonnet pointu en alpaga, tricoté par Marie-Pierre pour Appoline, sur Bigmammy

    (à suivre : 100 ans de tricot enfant avec Le Petit Écho de la Mode)

      

    SOURCES : merveilleux blog "Les petites mains"

    http://les8petites8mains.blogspot.com/search/label/ann%C3%A9es%201920

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  • ►Le tricot : une occupation féminine convenable

     

    ▲à g. : Portrait de Elisabeth de la Vallée de la Roche, par Michel-Pierre Hubert Descours, vers 1771
    Bowes Museum, Barnard Castle
    à dr. : Sac à ouvrage pour dame, vers 1790, Angleterre
    dans Sacs à main, A. Johnson, Editions Könemann

     

    ▲à g. : Coussin à aiguilles en soie, tricoté main, XVIIIe siècle
    Victoria & Albert Museum, Londres
    à dr. : Femme tricotant, par Francoise Duparc, vers 1750-1760
    Musée des Beaux Arts de Marseille sur leparisaquasistain

     

    ▲à g. : Coussin à aiguilles tricoté, aux initiales « MM », Angleterre
    entre 1730 et 1769 Victoria & Albert Museum, Londres
    au centre : Portrait de Madame Lepage, par Guillaume Dominique Jacques Doncre, 1797
    sur wikigallery
    à dr. : Paire de gants longs tricotés, Amérique, fin XVIIIe début XIXe siècle
    Musée des Beaux Arts, Boston

     

    ▲à g. : La Tricoteuse endormie, par Jean-Baptiste Greuze, 1759
    Huntington Library, San Marino
    à dr. : Chaussette tricotée main ayant appartenu au Dauphin Louis-Charles
    sur Musée Louis XVII

    Au XVIIIe siècle, le tricot à la main est très à la mode, quand il devient l’occupation convenable des femmes de l’aristocratie. A Trianon, Marie-Antoinette ne joue pas seulement à la bergère, elle tricote. Plus tard, au Temple, elle fera chercher aux Tuileries, par la fille de son geôlier Tison, des aiguilles à tricoter en ivoire – certaines sont passées en vente publique en 2003, 30 670 euros la paire ! Le raffinement des accessoires de tricot et des sacs à ouvrage à base sculptée et au corps volumineux, le plus souvent en soie, reflète le statut social de la « dame de qualité » qui les possède.

     

    ▲à g. : Ecole anglaise de « bienfaisance » pour filles, vers 1795
    Bristol City Museum and Art Gallery, Bristol
    à dr. : Bas tricotés en coton, France, XVIIIe siècle, Musée des Beaux Arts, Boston

    Avec la « découverte » de l’enfance via notamment de l’Emile de Jean-Jacques Rousseau [Lire Les Petites Mains : Mode adulte - mode enfant (2) : la robe blanche ], on commence à se préoccuper de l’« éducation » des filles, qui ont bien sûr « naturellement » le goût des travaux d’aiguilles, qui « conviennent » à leur « fragilité physique ». Mais, dans les pensionnats et les couvents, ces apprentissages varient selon que la jeune fille est « bien née » ou qu’elle devra « gagner honnêtement sa vie ». Pour la première, il s’agit surtout de se constituer un trousseau et d’occuper la vacuité de son temps libre à autre chose que de « mauvaises lectures » – on nommera cela bien plus tard le bovarysme. Pour la seconde, un enseignement trop léger l’assignerait à des ouvrages ordinaires, moins monnayables sur le marché de la mode, secteur économique en plein essor, en demande croissante de petites mains habiles.

     

    Les Tricoteuses jacobines, par Pierre-Etienne Lesueur, entre 1789 et 1799
    Musée Carnavalet , Paris

    Le tricot est une activité traditionnellement dévolue aux femmes, qu’elles exercent en privé, dans l’intimité de leur foyer. C’est précisément cette image conventionnelle de la femme qui nourrit le mythe contre-révolutionnaire des « féroces et vulgaires poissardes » tricoteuses jacobines de l’An II. Représentées des aiguilles et un tricot à la main, elles troublent l’ordre « naturel » des choses en exerçant leur activité en public, en se mêlant de plus des délibérations de la Convention, activité politique réservée aux seuls hommes. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce passionnant sujet d’histoire féminine, je vous renvoie à l’analyse de cette image sur le site L’Histoire par l’image, et à l’article de l’historienne Dominique Godineau sur le site Révolution française.

     

    ▲à g. : Servante à son ouvrage, par Jean Baptiste Siméon Chardin, vers 1760
    National Museum, Stockholm
    à dr. : Bonnet tricoté main, doublé, en laine, vers 1740-1760
    Rijksmuseum, Amsterdam

     

    La Classe manuelle, école des petites filles (Finistère), par Richard Hall, 1889
    Musée des Beaux Arts, Rennes sur sur Agence photographique de la RMN

     

    ▲à g. : La Classe manuelle, école des petites filles (détail), par Richard Hall, 1889
    Musée des Beaux Arts, Rennes
    à dr. : La Leçon de tricot, par Joseph Gabriel Tourny, 1889
    Musée du Louvre sur Agence photographique de la RMN

    Le tricot a des vertus qui dépassent les autres travaux d’aiguilles, car on peut l’interrompre pour le reprendre à tout moment. Il permet donc à la femme de tirer parti de tous ces «temps perdus» que l’on ne doit pas gaspiller en conversation, ou pire encore en lectures frivoles. A ce titre, il sera largement enseigné dans les institutions et les écoles aussi bien religieuses que laïques pendant tout le XIXe siècle. Un siècle plus tard, en 1948, alors que De Gaulle accorde enfin le droit de vote aux femmes françaises et qu’on lui pose la question « Allez-vous en prendre au gouvernement ? », il répond : « Oui, à un sous-secrétariat d’État au tricot ». On ne s’étonne donc pas, devant cette survalorisation du tricot et ses conséquences sur l’assujettissement des femmes, que le tricot soit longtemps honni des mouvements féministes.

    Les premiers recueils de modèles

     

    ▲à g. : Instructions on Needlework and Knitting (Instructions pour les travaux de couture et de tricot)
    Pupils of the National Model Female, 1838, Victoria & Albert Museum, Londres
    A l’intérieur, on a trouvé une lettre envoyée par une certaine Miss M.A. Smith
    qui envoie le livre à son institutrice pour la remercier de ses enseignements.
    à dr. : Recueil de modèle pour apprentissage, Instruction book
    The National Society's Instructions on Needlework and Cutting Out, National Model Female School, Dublin, Ireland
    1835, Victoria & Albert Museum, Londres

     

    ▲à g. : Industrie, par Charles Baxter, 1867
    Victoria & Albert Museum, Londres
    à dr. : Page de couverture d’une méthode scolaire de travail manuel, France, XIXe siècle
    collection privée, Archives Charmet sur The Bridgeman Art Library, Londres

    Au XIXe siècle, le tricot est, avec la broderie, l’une des principales activités des institutions de charité, hôpitaux, prisons, on y tricote principalement des bas et des vêtements pour enfants. Le premier recueil de modèles publié en Angleterre est Instructions on Needlework and Knitting [Instructions pour les travaux de couture et de tricot] de la National Society, qui le destine à l’apprentissage du tricot dans les écoles de charité de l’Église anglicane. Il date de 1838.

    On peut le considérer, lui et ses semblables, comme l’ancêtre de nos recueils de modèles, même si l’absence d’information sur la taille des aiguilles, la tension du fil ou autres notations standardisées rend la réalisation des modèles extrêmement difficile pour une tricoteuse non experte. On y voit le modèle final miniaturisé. De semblables recueils ont certainement circulé dans de nombreuses institutions d’Europe occidentale.

     

    ▲Echantillons de modèles, XVIIIe siècle, probablement Allemagne
    Musée des Beaux Arts, Boston

     

    ▲Page du livre d’échantillons de Elizabeth Hume, entre 1846 et 1875
    Victoria & Albert Museum, Londres

    Il est évident que certaines tricoteuses se font leurs propres recueils d’échantillons, répertoire de points et de motifs, avant que n'existent les manuels et les fascicules de modèles de grilles. Jane Gaugain est la première Anglaise à publier, en 1846, ses «recettes de tricot», comme on les appelle alors en Angleterre, référence à une autre activité féminine, la cuisine. Elle est la première à utiliser des abréviations pour décrire les points employés.

    Les publications mentionnant des ouvrages à réaliser soi-même commencent à se répandre dans les années 1810, surtout en Allemagne, pour la confection de bourses en tricot rebrodé de perles de verre ou d’acier. Les instructions sont imprimées sur papier millimétré. En France, les publications de mode se développent surtout sous la Restauration – comme le Journal des Demoiselles à partir de 1833.

     

    ▲Pages de La Mode illustrée
    à g. du 6 novembre 1864, à dr. du 27 mars 1864
    Au Fil du tempssur e-bay

    Ces publications prennent un caractère plus bourgeois sous le second Empire et se diffusent en province. Elles fournissent des patrons et des explications détaillées pour des ouvrages à réaliser patiemment, en couture, tricot, crochet, dentelle et broderie. Ainsi, La Mode illustrée et son supplément, journal familial créé en 1859, qui trouve son lectorat dans la petite bourgeoisie, compte 40 000 abonnées en 1866, et bien plus de lectrices, car les journaux circulent.

     

    ▲Modèles proposés par La Mode illustrée, journal de la famille, entre 1860 et 1865
    Au Fil du Tempssur e-bay

     

    ▲à g. : Portrait de Mary Isabella Grant, par Francis Grant, vers 1845 sur wikigallery
    à dr. : Modèle de châle paru dans La Mode illustrée, 1861
    Au Fil du Tempssur e-bay

     

    ▲à g. : Jeune fille tricotant, par Alexandre Dubourg, vers 1860-1865
    Musée Eugène Boudin, Honfleur
    à dr. : Modèle de chausson pour enfant paru dans La Mode illustrée, 1865
    Au Fil du Tempssur e-bay

    Répertorier les modèles dont les journaux offrent les grilles et les modèles est impossible, tant ils sont divers. Le choix est vaste : vêtements pour toute la famille – du bébé à la «dame âgée», en passant par les vêtements de chasse du maître de maison, et divers accessoires du costume et articles de décoration utiles à la maison ; il varie des basiques domestiques aux modèles « de luxe » – on se plaint déjà de l’uniformisation des produits manufacturés ! Ce serait une erreur de croire que les premiers sont exécutés par les tricoteuses modestes, les seconds par les plus aisées ; un ouvrage exceptionnel est mieux payé pour les unes, quant aux autres elles tricotent aussi pour les ventes de charité qu’elles patronnent et les indigents qu’elles secourent.

    Réticules et autres bourses du XIXe siècle

     

    ▲à g. : Portrait des deux soeurs Harvey, par Jean Auguste Dominique Ingres, vers 1804
    Musée du Louvre sur L’Histoire par l’image
    au centre : Réticule en soie et coton, tricoté main, Angleterre, vers 1800-1825
    The Metropolitan Museum of Art , New York
    à dr. : Modèle de bourse réticule paru dans le Journal des Demoiselles, 1855
    Au Fil du Tempssur e-bay

     

    ▲à g. : Bourse tricotée en fil de soie, doublée soie, vers 1800-1849
    Victoria & Albert Museum, Londres
    en médaillon : Modèle de bourse ananas paru dans La Mode illustrée, 1864
    Le modèle « ananas » a dû avoir un gros succès pendant plusieurs années,
    tous les musées du monde en conservent.

     

    ▲à g. et au centre : Réticule ananas tricoté porté avec une robe de taffetas de soie jaune
    et châle de tulle de soie noire
    Angleterre, vers 1803, Kyoto Costume Institute, Kyoto
    à dr. : Réticule ananas, vers 1800-1829, Victoria & Albert Museum, Londres

     

    ▲Sac en fil de soie tricoté, XIXe siècle
    Victoria & Albert Museum, Londres
    en médaillon : Modèle paru dans La Mode illustrée, 1861
    Au Fil du Tempssur e-bay

    Au début du XIXe siècle, les petites bourses et autres réticules font fureur dans la mode. Elles sont nées des poches nouées autour de la taille, portées sous les paniers pendant l’Ancien Régime ; à la Révolution, on jette les paniers avec le vêtement de l’Ancien Régime, les poches restent, externes. Les gazettes se moquent de ces « ridicules », mais en 1805, toutes les femmes en portent : ce sont les débuts du sac à main des filles.

     

    ▲à g. et à dr. : Modèles de bourses à deux coulants parus dans La Mode Illustrée, 1862
    Au Fil du Temps sur e-bay
    au centre : Bourses à deux coulants, Angleterre, XIXe siècle
    Victoria & Albert Museum, Londres

     

    ▲à g. et à dr. : Modèles de bourses à deux coulants parus dans La Mode Illustrée, 1862
    Au Fil du Temps sur e-bay
    au centre : Bourse à deux coulants, XIXe siècle
    The Metropolitan Museum of Art, New York
    Le motif de la palmette persaneest à la mode depuis la fin du XVIIIe siècle.

    Un autre succès, plus tardif, au second Empire sont les bourses à deux coulants. Cette mode prend son origine dans la coutume médiévale de conserver ses pièces d’or dans une chaussette [en anglais : stocking purse]. Au XIXe siècle, hommes et femmes suspendent ces bourses à leur ceinture. Une minuscule fente dissimulée laisse difficilement échapper son contenu, d’où leur autre nom de bourses d’avare [en anglais : misery purse].

     

    ▲à g. : Bourse tricotée, XIXe siècle, The Metropolitan Museum of Art, New York
    au centre : Modèle de bourse paru dans La Mode illustrée, 1860
    Au Fil du Temps sur e-bay
    à dr. : Sac tricoté, Europe, 1880
    The Metropolitan Museum of Art, New York

     

    ▲à g. : Réticule tricoté, Allemagne, vers 1810-1830
    The Metropolitan Museum of Art, New York
    à dr. : Modèle paru dans La Mode illustrée, 1864
    Au Fil du Tempssur e-bay

    On peut voir un grand nombre de ces sacs et bourses sur les sites du Victoria & Albert Museum de Londres, du Museum of Fine Arts de Boston, et du Metropolitan Museum of Art de New York [Mots clefs : bag, purse, reticule, pouch]. J'en profite pour dire qu'en suivant les liens sous les images des Petites Mains, on aboutit souvent à des informations plus précises sur l'objet montré. A découvrir aussi sur le blog History Knits One More Stitch des réalisations faites à partir de modèles anciens. Sur la boutique Au Fil du temps e-bay, que je cite très souvent sur Les Petites Mains, on peut acheter des patrons et grilles de modèles.

    Les progrès de la teinture et la vogue des « lainages sanitaires »

     

    ▲à g. : Trousse d’aiguilles à tricoter de la marque Sunflower de Bassat Powell, tailles 11 à 19, en acier
    vers 1870-1890, Victoria & Albert Museum, Londres
    au centre : Photographie de jeune fille tricotant, auteur anonyme, vers 1880
    Musée national de l'Éducation – INRP , Rouen
    à dr. : Fils de laine teints chimiquement, Angleterre, vers 1850-1899
    Victoria & Albert Museum, Londres

    A partir des années 1850, les premiers fils de laine teints chimiquement offrent aux tricoteuses du second Empire un plus large choix de couleurs, plus vives et plus chatoyantes. Le fil de laine absorbe particulièrement bien la couleur, le rouge profond et le mauve sont les préférés.

    Par ailleurs, les « hommes de science » et les hygiénistes de la fin du XIXe siècle, dans un esprit de « réforme » de la mode qui touche surtout les pays anglo-saxons [Lire Les Petites Mains : la robe de réforme], préconisent le port de tissus bruts, sans fibres végétales, à même le corps. Ils redécouvrent les vertus de la laine. Le Docteur Gustave Jaeger de l’Université de Stuttgart publie en 1878 un ouvrage qui décrit tout le bien apporté par le port de sous-vêtements de laine à son propre organisme. En Angleterre, le « Sanitary Woollen System » est créé la même année, qui propose ses « lainages sanitaires ». Dès 1877, le docteur Rasurel, en France, invente un mélange de laine et de ouate de tourbe, bien entendu « encore plus performant », qui préfigure déjà le Thermolactyl de Damart (il ne sera inventé qu’en 1953). Marcel Proust, asthmatique, en porte ; plus tard, l’Armée française en fournira à ses soldats dans les tranchées…

     

    ▲à g. : Publicité pour les sous-vêtements du Docteur Rasurel, vers 1890 sur 1.stdibs.com
    au centre et à dr. : Modèles de dessous en laine tricotée
    parus dans le Journal des Demoiselles, 1894 (ceinture) et 1901 (jupon)

    On recommande donc dans toute l’Europe de porter des « lainages sanitaires » sous les vêtements : jupons et pantalons pour les femmes, gilet pour les hommes. Tout cela contribue à mettre la laine à la mode. On achète le plus souvent ces dessous, mais on les tricote aussi soi-même, les journaux fournissent toutes sortes de modèles.

    La représentation artistique de la tricoteuse

     

    ▲à g. : La Cour, par William Sidney Mount, 1836
    Nelson Atkins Museum of Art, Kansas City
    à dr. : La Tricoteuse, par Auguste Georges Blondel, vers 1849
    Musée des Beaux Arts, Rennes

     

    ▲à g. : La Dame en noir, par Carolus Duran, 1859
    Palais des Beaux Arts, Lille
    à dr. : Tricoteuse bretonne, par Eugène Boudin, 1865
    Musée Boudin, Honfleur

     

    ▲à g. : Bergère tricotant dans la campagne de Barbizon, par Jean-François Millet, 1860-1862
    Musée des Beaux Arts, Boston
    à dr. : La Leçon de tricot, par Jean-François Millet, vers 1860
    Art Museum, Saint Louis

    Par sa vocation exemplaire d'édification pour les filles, la tricoteuse représente parfaitement les enjeux et conventions de la vie quotidienne des femmes et jeunes filles du XIXe siècle. Qu’elles soient riches ou pauvres, jeunes ou plus âgées, le tricot est d’une certaine manière le révélateur de leurs devoirs et qualités de femmes douces et attentives à leur foyer, de maîtresses de maison au paraître efficace sans ostentation, de chrétiennes humbles et travailleuses, soucieuses d’économie domestique.

     

    ▲à g. : Le Tricot, par Francis Grant, fin des années 1860
    à dr. : La petite Tricoteuse, par Albert Anker, 1891
    Musée Oskar Reinhart am Stadtgarten, Winterthur

     

    ▲à g. : Les filles de l’artiste, par Fritz von Uhde, 1896
    à dr. : Fillette tricotant, par Julian Alden Weir, 1908

     

    ▲à g. : Jeune fille tricotant, par Albert Anker, 1884
    à dr. : La Leçon de tricot, par Lee William Hankee, 1914
    Musée d’Orsay, Paris

    Peindre une tricoteuse, c’est peindre la féminité idéale : les mères attentives, les fillettes obéissantes et leurs grandes soeurs, les grands-mères respectées, l’intimité des foyers, les jolies bergères et vachères qui emploient leur « temps perdu » dans un idyllique décor pastoral, le balbutiement amoureux du promis qui tient pour sa promise l’écheveau de laine qu’elle roule en pelote...

     

    ▲à g. : Jeune femme au tricot, par Berthe Morisot, vers 1883
    à dr. : A la plage, par Auguste Renoir, 1883
    The Metropolitan Museum of Art, New York

     

    ▲à g. : Clotilde, par Paul Louis Dessar, vers 1893
    Musée franco-américain du château de Blérancourt
    à dr. : Les Tricoteuses, par Henri Martin, 1913
    Musée d’Orsay, Paris
    sources : Agence photographique de la RMN et WikiGallery

    C’est donc bien en icône que la figurent les peintres à travers les innombrables représentations de La Tricoteuse ou La Leçon de tricot qui traversent le siècle – jusqu’à ce que la Première Guerre mondiale transforme à la fois cette vision et la pratique du tricot.

     

    Sources : MERVEILLEUX BLOG de "Les petites mains"

    http://les8petites8mains.blogspot.com/search/label/education%20%28filles%29

     

     

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  • Des dessous « hygiéniques » fin XIXe au sportswear des Années folles

     

     

     

    ▲à g. : Le Chalet du cycle au bois de Boulogne, par Jean Béraud, fin XIXe-début XXe siècle
    Musée de l’Île-de-France, Sceaux sur Agence photographique de la RMN
    Les élégantes viennent au Chalet du cycle exhiber leur garde-robe sportive, la grande nouveauté,
    c’est la culotte bouffante qui permet de montrer ses jambes, ce qui n’est possible que par la pratique de la bicyclette.
    à dr. : Sweater en laine, France, vers 1895, The Metropolitan Museum of Art, New York

     

     

    ▲à g. : Sweater cardigan en laine, Amérique, vers 1900-1903 The Metropolitan Museum of Art, New York
    à dr. : Carte postale des montagnes du Doubs intitulée « Sports d’hiver, départ du bolide, 60 à l’heure », vers 1900

    Dans la lignée de la fin du XIXe siècle et la vogue des lainages « hygiéniques » utilisés pour les vêtements de dessous puis les tenues de sport, la mode des vêtements en tricot se développe au début du XXe siècle. L’hiver à Saint-Moritz, on s’équipe d’un bonnet, d’une écharpe, d’un pull et de chaussettes de laine pour pratiquer les sports de plein air comme le patinage, la luge, le ski, le hockey ; les autres saisons, on porte d’élégants et confortables sweaters [de l’anglais to sweat : transpirer] et ensembles de maille pour la chasse et les parties de campagne, la plage à Deauville et le vélocipède au bois de Boulogne.

     

     

     

    ▲à g. : Gabrielle Chanel photographiée à Deauville vêtue d’un ensemble de tricot, 1913
    à dr. : Costumes en jersey de Chanel, illustration, première parution dans Les Elégances parisiennes, juillet 1916
    Bibliothèque des Arts Décoratifs, Paris sur Life.com

    Gabrielle Chanel est à juste titre considérée comme une pionnière du vêtement en tricot. En 1913, elle ouvre sa boutique à Deauville ; en 1916, elle rachète à Jacques Rodier (tisserands depuis 1852) un stock de jersey habituellement utilisé pour la bonneterie ; elle y réalise des modèles de tailleurs à veste trois-quarts et jupes raccourcies et des marinières. Mais elle n’est pas la seule à apprécier sa souplesse, sa douceur et son confort : d’autres couturiers s’enthousiasment pour le djersabure de la maison Rodier, comme Jean Patou, ou André Gillier, le futur inventeur de la fameuse maille piquée Lacoste deux décennies plus tard.

     

     

     

    ▲à g. : Ensemble en tricot, publié dans le magazine Madame, 1921
    boutique Au Fil du Temps sur e-Bay
    à dr. : Tailleur sport Lanvin, photographié au Bois de Boulogne par les Frères Séeberger, hiver 1922
    Les Séeberger, photographes de l'élégance, 1909-1939, BnF, Paris

     

    ▲à g. : Suzanne Lenglen dans un ensemble en maille de Jean Patou, 1926, sur examiner.com
    à dr. : Pullover en soie et laine, par Lucien Lelong, 1927 The Metropolitan Museum of Art, New York

     

     

    ▲à g. et à dr. : Sweater en laine et soie, Angleterre, vers 1929
    The Metropolitan Museum of Art, New York
    au centre : Robe Chanel, photographiée à Deauville, le jour du Grand Prix,
    par les frères Séeberger, 29 août 1928,
    Les Séeberger, photographes de l'élégance, 1909-1939, BnF, Paris

    Le style de vie des années 1920, qui se veut libre et pratique et exige qu’on ait l’air «sport», voit le triomphe de la maille et des pullovers – le terme apparaît à cette époque. Certes le soir, on brille dans des tenues luxueuses et pailletées, mais en journée, la base de la garde-robe, c’est l’ensemble sport (sportswear), le plus souvent en maille, souple, pratique, confortable.

     

    On porte le sweater sans col, à manches longues ; on l’appelle cardigan quand il s’ouvre sur le jumper qui s’enfile par la tête ; le chandail – qui viendrait de « marchand d’ail », est à manches courtes, long et décolleté en V ; le pull-over est à manches longues ; quant au gilet, il se boutonne devant. On porte ces articles tricotés à la taille basse sur des jupes courtes, c’est l’allure « garçonne ». Paul Poiret, le couturier vedette de la Belle Époque, n’apprécie guère cette mode : « Autrefois une robe était autre chose qu’une jupe plissée avec un sweater. Ah ! on pouvait alors faire de belles choses avec de beaux tissus que la femme préférait aux jerseys et aux tissus de sport ! » déclare-t-il dans L’Art et la Mode en 1927. Ces toilettes sont immédiatement adoptées par les Américaines, plus rationnelles et moins conformistes que les Françaises.

     

    Du tricot utile de la guerre au tricot de loisir

     

     

     

    ▲à g. : Cartes postales françaises « patriotiques », 1914-1918
    sur sur le blog France/Allemagne : Mémoires de guerres

     

     

    ▲à g. : Femme tricotant (photographie choisie pour la couverture de
    No idle hands : The Social History of American Knitting, Ann Macdonald, Ballantine Books, 1990)
    sur Flickr Vintage Knitting
    à dr. : Une partie du stock des 125 636 chaussettes tricotées pour les soldats à Sydney,
    photographie G. A. Hills, mai 1917
    sur Knitting for our boys, Galerie de photos de State Library of New South Wales collections sur Flickr

    Un tel engouement pour les tenues en maille, relayé par des couturiers renommés, ne peut que profiter au tricot domestique, qui depuis la Première Guerre mondiale s’est répandu dans toutes les couches de la société. Pendant la guerre, femmes, enfants, et même les soldats blessés immobilisés, tout le monde tricote « patriotiquement », en très grand nombre, des chaussettes, des mitaines, des genouillères, des bonnets et des écharpes pour les soldats du front. Les dames de la haute société, qu’on aperçoit dans les rubriques mondaines des journaux, se font infirmières ; elles passent leur temps à tricoter, partout, dans les trains, au théâtre, au restaurant, à la maison, dans les écoles… On les représente même parfois le tricot à la main lors des présentations de mode des maisons de couture, le journal Les Modes raconte très sérieusement ce genre d’anecdotes dans ses articles. On dit que les soldats reçoivent tant d’articles tricotés qu’ils s’en servent pour astiquer leurs armes !

     

     

     

    ▲à g. : Tricotin soldat, 1915 sur Musée national de l'Education, Rouen
    au centre : Catalogue de tricot, modèles spéciaux pour soldats, 1914-1918, sur The Vintage Knitting Lady
    à dr. : Recueil de modèles de tricots pour les poilus, La Femme et la Guerre sur Musée virtuel militaire

     

     

    ▲à g. : Tunique tricotée en soie blanche, anonyme, vers 1921
    Exposition Les Années Folles, 1919-1929, du 20 octobre 2007 au 29 février 2008, Musée Galliéra
    à dr. : Tunique nouvelle au crochet en lacet de soie, magazine Madame, 1922
    boutique Au Fil du Temps sur e-Bay

     

     

    ▲à g. : Ensemble tricoté de Joseph Paquin, photographié au Bois de Boulogne par les Frères Séeberger, 1925
    Les Séeberger, photographes de l'élégance, 1909-1939, BnF, Paris
    à dr. : Pullover moderne au tricot, magazine Mon Ouvrage, 1929
    boutique Au Fil du Temps sur e-Bay

     

     

    ▲à g. : Casaque nouvelle au tricot rayé, magazine Madame, 1921
    boutique Au Fil du Temps sur e-Bay
    au centre : Jumper à col en V, tricoté en soie de couleur rouille, et petit sac à gland, vers 1920
    Getty Images sur aufeminin.com

     

     

    ▲à g. : Annonce publicitaire pour les fils à tricoter La Redoute, revue L'Illustration, 1926
    sur le blog Les Mailles de Francinelle
    à dr. : Publicité pour les Laines du Pingouin de la Lainière de France, Roubaix, 1929
    sur hprints.com

    Les femmes de toutes conditions sociales prennent ainsi l’habitude de tricoter, et pour longtemps. Après la guerre, le tricot devient un loisir, même s’il reste aussi dans les familles une manière économique de s’habiller utile, confortable et de manière originale. Les magazines de mode continuent, comme au XIXe siècle, à proposer des modèles de tricots à réaliser soi-même, mais aussi désormais des modèles en maille en coupé-cousu à faire fabriquer par sa couturière. Certains de ces articles de guerre vont faire leur entrée dans le vestiaire de la mode : c’est le cas de la cagoule. A partir des années 1920, les filatures françaises proposent la vente de laine au détail, par correspondance, via la presse féminine et familiale ; au début, il s’agit juste pour elles d’écouler leurs fins de séries.

     

    La maille est associée à la modernité

     

     

     

    ▲à g. : Pullover, Madeleine Vionnet, photographie dépôt de modèle, 23 août 1924
    au centre : Ensemble en maille, Jean Patou, photographie dépôt de modèle, 10 août 1926
    à dr. : Pullover, modèle Champion, Lucien Lelong, photographié par Edigio Scaioni, 1928
    Exposition Les Années Folles, 1919-1929,
    du 20 octobre 2007 au 29 février 2008, Musée Galliéra

     

     

    ▲à g. : Coco Chanel posant dans un de ses ensembles cardigan et pull, 1929
    Hulton Getty Picture Collection sur Life.com
    à dr. : Publicité pour les tissus en lainage et jersey Chanel, 1934 sur hprints. com

     

     

    ▲à g. : Ensembles Jean Patou, photographiés à Deauville par les Frères Séeberger le 14 août 1927
    Les Séeberger, photographes de l'élégance, 1909-1939, BnF, Paris
    au centre : Sweater en laine, Amérique, vers 1920 The Metropolitan Museum of Art, New York
    à dr. : Ensembles cardigans Wilson's of Great Portland Street, Londres, mai 1928
    Brooke/ Hulton, Getty Images dans Decades of Fashion

     

     

    ▲à g. et à dr. : Devants de jumpers ou sweaters en trompe-l’œil, tricotés main
    par Madame Azarian pour Elsa Schiaparelli, 1927-1928
    Exposition Les Années Folles, 1919-1929 , du 20 octobre 2007 au 29 février 2008, Musée Galliéra
    au centre : Jumper au motif noeud en trompe-l’œil tricoté main, Elsa Schiaparelli, 1927
    Victoria & Albert Museum, Londres

    Cette simplicité des lignes de la mode 1920 pousse les couturiers et les artistes à rivaliser d’audace dans le choix des motifs. En 1924, Madeleine Vionnet fait figure de précurseur en proposant des chandails aux motifs géométriques bicolores. Jean Patou, Lucien Lelong, Jane Régny présentent des modèles colorés à rayures ou à diagonales, à motifs géométriques, héraldiques ou en trompe-l’œil – comme la cravate, gros succès de cette mode « à la garçonne ». En 1927, Elsa Schiaparelli lance sa célèbre première collection tricotée main avec cols, cravates et nœuds en trompe-l’œil, ou foulard incrusté ; le modèle à nœud a été très souvent copié, le Jardin des Modes en a publié une version simplifiée dans son numéro de février 1929.

     

     

     

    ▲à g. : Maillot de bain tricoté main, Sonia Delaunay, 1928
    Exposition Les Années Folles, 1919-1929 du 20 octobre 2007 au 29 février 2008, Musée Galliéra
    à dr. : Projets de maillots de bain, Sonia Delaunay, 1928
    Fashion and Fabrics, Jacques Damase Thames and Hudson (1991) sur Flickr

     

     

    ▲à g. et à dr. : Les danseurs Lydia Sokolova, Anton Dolin, Bronislava Nijinska et Leon Woizikowsky
    des Ballets Russes de Serge Diaghilev en costumes de maille pour Le Train bleu, 1924
    Hulton Getty Picture Collection sur Victoria & Albert Museum, Londres
    au centre : Costumes en maille créés par Coco Chanel pour le ballet Le Train bleu, 1924
    Victoria & Albert Museum, Londres

    A travers l’image d’une femme mince, indépendante, qui bouge, la maille est associée à la modernité. Elle inspire les artistes cubistes et Art déco, dont certains refusent la distinction trop nette entre les « beaux-arts » et l'art décoratif ou appliqué. En 1924, Coco Chanel crée les costumes en tricot du Train bleu des Ballets russes, dont l’histoire se déroule dans une station balnéaire, un monde qu’elle connaît bien. Sonia Delaunay dessine des vêtements à motifs géométriques et coloris vifs, notamment des maillots de bain en tricot.

     

     

     

    ▲à g. : Tenue de ski tricotée photographiée à Saint-Moritz, Jean Patou, 1924
    Getty Images dans Decades of Fashion
    à dr. : Chandail de ski AA Tunmer & Cie porté sur une culotte de ski, auteur anonyme, vers 1927
    Exposition Les Années Folles, 1919-1929, du 20 octobre 2007 au 29 février 2008, Musée Galliéra

     

     

    ▲à g. : Jupe pour le sport, publicité Amy Linker, 1925 sur hprints
    à dr. : Patinage à Saint-Moritz, 1926 Nationaal Archief sur Flickr

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    ▲à g. : Pull Louise Boulanger en cashmere et angora, 1928
    The Metropolitan Museum of Art, New York
    à dr. : Publicité Jane Regny, dessinée par Ernst Dryden, 1927 sur hprints

     

     

    ▲à g. : Marie-Rose, Bibi, Dani et Simone sur la plage d’Hendaye, par Jacques-Henri Lartigue, août 1927
    Exposition Les Années Folles, 1919-1929, du 20 octobre 2007 au 29 février 2008, Musée Galliéra
    à dr. : Ensemble de bain Jean Patou, photographié par George Hoyningen Huené pour Vogue,
    1er juillet 1928 sur condenaststore.com

     

     

    ▲à g. : Publicité pour les maillots de bain Jantzen, la marque au logo baigneuse rouge, 1929
    sur le blog interviewmagazine
    au centre : Maillot de bain Jantzen, vers 1920 sur collectibles-articles.com
    à dr. : Modèle de maillot de bain à tricoter, vers 1920 sur The Retro Knitting Company

     

     

    ▲à g. : Femmes en pyjamas de plage à Bandol, Carte postale Yvon, vers 1920
    à dr. : Tenue de plage, griffe Jean Patou Sport et Voyages, vers 1929
    Kyoto Costume Institute, Kyoto

    On a aujourd’hui bien du mal à s’imaginer porter un maillot de bain de laine tricotée. Pendant ces années 20, le succès des activités sportives favorise la mode des vêtements en maille – le maillot de bain n’est qu’un exemple parmi d’autres, et il vient de loin ! Le maillot féminin du XIXe siècle couvrant, opaque et long ressemble plus à une robe qu’à un maillot. L’engouement pour les sports d’eau et la nouvelle mode du teint hâlé des années d’après-guerre vont progressivement imposer un maillot de bain inspiré de celui des hommes, moulant, ne gênant pas les mouvements pendant la nage, souvent rayé bleu et blanc. Seul le jersey de laine ou de coton répond alors à cette exigence, même si l’eau salée finit par rétrécir les lainages et le soleil pâlir les couleurs. Certaines femmes portent sous leur maillot de bain une « gaine de plage ».

     

    Article emblématique de ce nouveau style de vie sportif, le maillot de bain fait fureur. Grâce à ses recherches techniques, la société américaine Jantzen a l’idée d’intégrer des fibres élastiques dans ses maillots de bain tricotés à côtes, le maillot s’ajuste au corps et ne se déforme plus à l’usage. En France, pas une femme du monde ne manque de porter les maillots de bain siglés « JP. » – c’est une première, du couturier Jean Patou, réputé exceller dans la création de modèles balnéaires. Les maisons de couture ouvrent des rayons spécialisés. Une décennie plus tard, pour se démarquer des « congés payés » en maillots tricotés « faits maison » qui arrivent sur les plages, on portera l’élégant pyjama de plage en jersey.

     

    Sources : MERVEILLEUX BLOG de "Les petites mains"

    http://les8petites8mains.blogspot.com/2011/01/histoire-du-tricot-le-tricot-au-xxe.html

     

     

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    Sous l’Ancien Régime le rouge est l’archétype de la couleur, la première de toutes les couleurs. Pendant des siècles un beau vêtement est un vêtement rouge. Cela s’explique sans doute par le fait que c’est dans la gamme des rouges que la teinturerie du monde occidental parvient aux meilleurs résultats, aux couleurs les plus stables, les plus éclatantes et les plus nuancées.

     

    ►Le rouge, couleur du luxe et de l’aristocratie

    Déjà dans la Rome impériale, le rouge, qu’on fabrique avec une substance colorante liquide extraite d’un coquillage rare récolté en Méditerranée, le murex, est réservé à l’Empereur et aux généraux. Cette technique se perd avec l’épuisement des principaux gisements de murex de Palestine et d’Egypte. Les teinturiers du Moyen Âge utilisent le kermès des teinturiers ou graines écarlates, un insecte parasite de type cochenille vivant sur le chêne kermès en Espagne et autour de la Méditerranée. La récolte est laborieuse, la fabrication hors de prix. Mélangé à un mordant comme l’étain, le kermès donne le fameux écarlate, spécialité de la famille Gobelin, magnifique, lumineux, résistant. Ces colorants rouges restent chers. Les seigneurs du Moyen Âge continuent donc à porter cette couleur du luxe.

     

    ▲Portrait de Charles VII, par Jean Fouquet, vers 1445-1450,
    Musée du Louvre sur Wikipedia
    Le roi est immortalisé dans un habit de velours écarlate bordé de fourrure ;
    tous les jeunes hommes et les nobles,
    comme Guillaume Jouvenel des Ursins, chancelier de France,
    ou Etienne Chevalier, trésorier, se faisaient ainsi représenter.
    (voir les portraits de Jean Fouquet sur le site de la BnF).

     

    ►Le velours, l’autre distinction du luxe

     

    Le velours est né dans le Cachemire sous le nom de duvet de cygne, puis développé en Perse où les Italiens le découvrent, l’importent et en reprennent la technique. Lié à l’épanouissement de l’industrie de la soie dont il est le plus souvent tissé, le velours se répand dans les grandes villes italiennes de Gênes, Venise, Milan et Florence au XIVe siècle. En 1347, le Grand Conseil de Venise autorise les tisseurs veloutiers à se constituer en corporation, au XVe siècle leur maîtrise est grande comme l’attestent des pièces conservées. En France, ces velours importés d’Italie sont très appréciés, mais on ne sera capable de les tisser qu’à la fin du XVIe siècle.

     

    ▲à g. : Portrait de femme à la fenêtre, par Fra Filippo Lippi, vers 1440-1444, The Metropolitan Museum of Art
    à dr. : Morceau de velours, Italie, vers 1450, Los Angeles County Museum of Art

    ▲à g. : Portrait d’Isabelle du Portugal, épouse de Philippe III duc de Bourgogne, Wikipedia
    à dr. : Fragment de tissu de velours, Italie, première moitié du XVe siècle,
    Agence photographique de la RMN / ph. Gérard Blot

    ▲à g. : Portrait de jeune femme de profil, par Domenico Veneziano, vers 1465,
    Gemälde Galerie, Berlin sur Wikipedia
    à dr. : Fragment de velours, Venise (Italie) Los Angeles County Museum of Art

    Histoire du VELOURS

    ▲à g. : Donatrice en prière (détail), retable par Petrus Christus, 1450-1460, Wikimedia Commons
    au centre : Tryptique du jugement dernier, par Hans Memling, 1467-1471, Wikimedia Commons
    à dr. : Portrait de Marguerite d'Autriche, par Jean Hey ou le Maître de Moulins,
    vers 1490, The Metropolitan Museum of Art

     

     

     

    Le velours est un tissage spécifique. Le principe de départ d’un tissage est une chaîne tendue entrecroisée de fils de trame dans le sens de la largeur. Le velours nécessite deux chaînes : la première chaîne de fond qui forme la base et assure la solidité du tissu et une seconde chaîne pour les boucles. Une baguette appelée fer passe entre les deux chaînes. Quand on retire ces fers, le tissu montre sur l’endroit des petites boucles ou arceaux, les poils. On rase à deux millimètres et on aplanit les poils des pannes de velours unis ou cramoisis ; ceux des pannes de velours ciselés sont coupés à différentes hauteurs, réalisant de somptueuses arabesques aux effets changeants, les décors naissent des effets de surface. Dès le XIVe siècle, les décors orientaux animaliers laissent la place à la mode italienne des semis et rinceaux de feuilles et de fleurs stylisées.

     

    ▲à g. : Les fiançailles, Ecole de Ferrare, 1470, Gemälde Galerie, Berlin sur Wikipedia
    à dr. : Fragments de tissus de velours, Italie, XVe-XVIe siècles,
    Agence photographique de la RMN / ph. Franck Raux

     

    La fabrication coûteuse du velours, le savoir-faire et la lenteur de son tissage ainsi que la cherté de ses matériaux de base en font l’étoffe la plus recherchée et la plus luxueuse de la fin du Moyen-Âge et de la Renaissance. Quand Venise délègue en 1502 ses ambassadeurs au mariage du duc de Ferrare avec Lucrèce Borgia, ceux-ci se présentent au public en costume de cérémonie dans la grande salle du Sénat, toute la ville défile pour les admirer ainsi que les deux manteaux rouge cramoisi bordés de fourrure destinés aux jeunes époux. Le velours partage avec le rouge cette notion de luxe aristocratique, quand on est un puissant de ce monde on aime se vêtir de velours rouge « cramoisi ». Ce terme sous-entend, non pas un rouge éclatant et vif comme on le décrit aujourd’hui, mais un velours uni d’une qualité excellente. Les techniques des XIVe et XVe siècles ne permettent pas d’obtenir facilement une grande surface de couleur vraiment unie, l’uni se trouve donc valorisé, économiquement, socialement et symboliquement, une étoffe unie est une étoffe « pure ».

     

    ▲à g. : Portrait présumé de Madeleine de Bourgogne (donatrice) sous le portrait de Marie Madeleine,
    par le Maître de Moulins, vers 1490-1495, Musée du Louvre sur Wikimedia Commons
    au centre : Le tryptique de Sir John Donne de Kidwelly (détail), par Hans Memling, 1478, National Gallery, Londres
    à dr. : Tryptique de Jean des Trompes (détail), par Gérard David, 1505,
    Musée Groeninge, Brugges sur Wikimedia Commons

     

    On trouve en 1483, dans l'inventaire des biens de Charlotte de Savoie, reine de France èpouse de Louis XI : « une robe de velours cramoisy brun, fourrée de rampens, à un grant gict et collet de janetes de la longueur de la beste » estimée à 35 écus ; « une robe de velours cramoisy brun, fourrée de martres de pais, à grant gict de martres subelines de la longueur de la beste » – qui devaient ressembler à celles des images ci-dessus, ainsi qu’une « une pièce de velours cramoisy de Millen, contenant quatre aulnes et demye ».

     

    ▲à g. : Panne de velours rouge à décor floral, Italie, Victoria & Albert Museum
    au centre : Velours rouge à décor en soie jaune d'or à décor floral, 1er quart 16e siècle,
    Musée national de la Renaissance, Ecouen sur Agence photographique de la RMN / ph. René-Gabriel Ojéda
    à dr. : Portrait d’Isabelle de Portugal, reine d’Espagne épouse de Charles Quint, par Le Titien, 1548,
    Musée du Prado, Madrid

     

    ▲à g. : Portrait de Jane Seymour, par Hans Holbein, 1536-1537, Kunsthistorisches Museum, Vienne sur Wikipedia
    à dr. : Portrait d’Anne de Clèves, par Hans Holbein, vers 1539, Musée du Louvre sur Wikipedia
    (voir ici le superbe projet de deux créatrices à partir de ce portrait)

    ▲à g. : Le prince Don Carlos d’Autriche, fils de Philippe II roi d’Espagne, par Alonso Sanchez Coello, 1557,
    Musée du Prado, Madrid
    à dr. : Pourpoint et chausses, reproduction de costume réalisée au XIXe siècle
    dans un tissu fin XVIe - début XVIIe siècle, Espagne, Los Angeles County Museum of Art

     

    ►Les lois somptuaires

     

    Apparues au XIVe siècle en Italie, puis en France, variables d’une ville à l’autre, des lois somptuaires rappellent qu’on s’habille selon son rang ou selon sa classe. En 1294, Philippe IV de France, dit le Bel, institue des lois somptuaires pour contenir l'extravagance des costumes. Jusqu’au XVIIe siècle, des centaines vont se succéder pour réglementer ou interdire la consommation ostentatoire de produits de luxe ou d’importation. Elles précisent quels tissus doivent être portés, interdisent les broderies, les dentelles, les ornements en or ou en argent… Le but avoué est de protéger les industries nationales et la balance commerciale des pays.

     

    ▲à g. : Mariage de Louis de France, duc de Bourgogne et de Marie-Adélaïde de Savoie, le 7 décembre 1697,
    par Antoine Dieu, Musée des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles,
    sur Agence photographique de la RMN / ph. Daniel Arnaudet / Gérard Blot
    en ht à dr. : Portrait en pied de Louis XIV âgé de 63 ans en grand costume royal (détail),
    par Hyacinthe Rigaud, 1702, Musée des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles sur Wikipedia
    en bas à dr. : Chaussures d’homme, troisième quart XVIIIe siècle, Palais Galliéra,
    Musée de la mode de la ville de Paris sur Base Joconde

    C’est Louis XIV, bel homme de sa personne mais de petite taille, qui lance la mode des chaussures à talons rouges, sa couleur préférée avec le marron. Cette mode se répand très vite, se poursuit sous Louis XV, et sans qu’aucun règlement ne le leur réserve expressément, seuls les grands seigneurs admis à la cour font peindre en rouge les talons de leurs chaussures.

     

    ▲à g. et au centre : Napoléon Bonaparte, premier consul, représenté devant une vue de la ville d'Anvers en 1803,
    par Jean-Baptiste Greuze, 1803-1806,
    Musée des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles sur Agence photographique de la RMN / ph. Gérard Blot
    à dr. : Habit offert par la ville de Lyon au 1er Consul, 1800,
    Châteaux et Musées Malmaison et Bois-Préau sur Agence photographique de la RMN

    Sous le Consulat, Napoléon Ier, qui comprend l’importance économique de la production textile française, relance l’activité des soyeux lyonnais en leur faisant des commandes publiques. Ils le remercieront en lui offrant ce splendide habit de velours rouge (trop souvent exposé, il a aujourd’hui perdu ses couleurs d’origine) qu’il portera pour la signature du Concordat en 1800.

     

    Les gentilhommes du duc d’Orléans dans l’habit de Saint-Cloud, par Félix Philippoteaux (1839)
    d'après Louis Carrogis dit Carmontelle, 1770, Les Arts décoratifs, Musée Nissim de Camondo

    Au fil des siècles, le costume est devenu une représentation politique de l’apparence selon la classe à laquelle on appartient, un enjeu de pouvoir qui permet aux puissants de maintenir leurs privilèges. En instituant une ségrégation vestimentaire qui frappe en priorité les bourgeois et les membres du commun, les lois somptuaires visent surtout à empêcher d’imiter l’aristocratie et à imposer une manière de se vêtir en fonction de la catégorie sociale à laquelle on appartient. Cependant elles ne sont guère efficaces, les bourgeois enrichis des sociétés urbaines et parisiennes préfèrent payer l’amende plutôt que de se plier aux interdits.

     

    ▲à g. : Ex-voto à Sainte-Geneviève offerte par la municipalité de la ville de Paris,
    par Nicolas de Largillière, 1694-1696,
    église Saint Etienne du Mont, Paris sur Wikimedia Commons
    au centre : Portrait dit de Madame de Monginot et de son époux, attribué à François de Troy, 1710-1713,
    Musée des Beaux-Arts, Nantes sur Agence photographique de la RMN / ph. Gérard Blot
    à dr. : Conseiller de Paris, par Nicolas de Largillière, 1703, Detroit Institute of Arts

    ▲à g. : Portrait de Victor Marie d'Estrées, par Nicolas de Largillière, 1710,
    collection privée sur Wikimedia Commons
    à dr. : Habit d’homme, sur Base Joconde

    ▲à g. : Portrait d’Antoine Gaspard Grimod de la Reynière, par Maurice Quentin de La Tour, 1751,
    Musée Lécuyer, Saint-Quentin sur Wikimedia Commons
    au centre : Habit d’homme en velours rouge, France, vers 1750 1770, The Metropolitan Museum of Art
    à dr. : Portrait de Nathaniel Sparhawk, par John Singleton Copley, 1764, Museum of Fine Arts, Boston

    ▲à g. : Portrait du tsar Paul Ier de Russie enfant, par Vigilius Eriksen, 1766
    au centre : Portrait de François de Bourbon, par Madame Vigée Lebrun, 1790
    à dr. : 1 Portrait de Charles William Lambton enfant, par Thomas Lawrence, 1825
    sur Wikipedia

    La souplesse, le brillant et le moelleux qui caractérisent le velours de soie rouge en feront pour longtemps encore le tissu le plus noble et le plus luxueux, signe d’opulence et de raffinement. La démocratisation du velours ne se fera qu’à partir du XIXe siècle, qui verra l’ouvrier revêtir le traditionnel pantalon largeot en velours côtelé de coton ou de laine pour sa chaleur et sa solidité, mais ceci est encore une autre histoire.

     



    Voici, tout spécialement pour toi Sylvie, un choix de vêtements de velours rouge tous plus somptueux les uns que les autres. J’aurais bien aimé bien sûr te les offrir en vrai, mais il faudra que tu te contentes d’un essayage imaginaire ! Bon alors, on dirait que tu serais une princesse et que tu aurais tout ça pour de vrai dans tes armoires…

     

    ▲à g. : Portrait de la comtesse Sophie Marie de Voss à 16 ans, par Antoine Pesne, vers 1746,
    Château de Charlottenburg sur Wikimedia Commons
    à dr. : Casaquin de velours rouge, vers 1700-1725,
    Palais Galliéra, Musée de la mode de la ville de Paris sur Base Joconde

    ▲à g. : Portrait de jeune femme dite Elisabeth de Beauharnais, par Nicolas de Largillière,
    Musée de Grenoble, 1701-1711, sur Flickr
    à dr. : Portrait de Marie-Antoinette, par Madame Vigée Lebrun, 1785,
    Château de Konopiste sur le magnifique 18th century blog

    ▲à g. : Manteau de cour en velours de soie, vers 1804,
    Châteaux et Musées Malmaison et Bois-Préau sur Agence photographique de la RMN
    à dr. : Sacre de l’empereur Napoléon Ier et couronnement de l’impératrice Joséphine, le 2 décembre 1804, par Jacques Louis David, Musée du Louvre, Paris, sur Agence photographique de la RMN / ph. Hervé Lewandowski

    ▲à g. : Portrait de Madame de Senonnes, par Jean Auguste Dominique Ingres, 1814,
    Musée des Beaux-Arts, Nantes sur Agence photographique de la RMN / ph. Gérard Blot
    à dr. : Portrait de Louise, reine des Belges, par François Xavier Winterhalter, 1841 The Royal Collection, Londres

    ▲à g. : Madame Charles E. Inches (Louise Pomeroy), par John Singer Sargent, 1887,
    Musée des Beaux-Arts de Boston
    à dr. : Manteau Dolman de velours rouge, vers 1885, Victoria & Albert Museum, Londres

    ▲à g. : Cape en velours de soie rouge, Paul Poiret, vers 1920
    à dr. : Cape en velours de soie rouge, Maison Worth, vers 1930-1940
    The Metropolitan Museum of Art, New York

     

     

    ▲à g. : Manteau Cristobal Balenciaga, photographié par Richard Avedon, 1950, par divima_is_divine sur Flickr
    à dr. : Manteau en velours de soie pour le soir, Cristobal Balenciaga, Automne-Hiver 1950-1951,
    The Metropolitan Museum of ArtNew York

    ▲à g. : Ensemble jupe et caraco de velours rouge, Christian Dior, vers 1950, sur Rice and Beans Vintage
    à dr. : Robe de velours rouge pour le soir, Christian Dior, photographiée par Sacha, 1957

     

    SOURCES : MERVEILLEUX BLOG de "Les petites mains"

    http://les8petites8mains.blogspot.com/search/label/velours

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  • Guildes et corporations se structurent autour du travail de la bonneterie

     

    Lorsque les guildes et corporations commencent à apparaître, la technique du tricot est probablement maîtrisée, le tricot devient rapidement une activité artisanale et commerciale, dont les bonnets et les chausses sont le produit principal. A Paris, des artisans regroupés en corporation fabriquent principalement des bonnets, d’où le nom bonneterie [on prononce bon’tri] qui qualifie l’ensemble de la production de tricot. On trouve trace d'un « chappelier » qui vend aussi des chausses « faictes à l'aiguille » en 1387. Le Petit Robert mentionne les origines du mot en 1449 – la langue française est la seule à lier l'art du tricot au bonnet.

     

    ▲Marchands de bas, vers 1560, Musée national allemand, Nuremberg
    (Il s’agit d’une caricature sur le crédit et les mauvais payeurs.)

    Les bonnetiers forment l’un des sept grands corps de métiers médiévaux. Les archives témoignent d’une organisation à Paris dès 1268, lorsque le prévôt Etienne Boileau réunit dans le Livre des métiers tous les règlements de police qui régissent l'industrie et le commerce à Paris. Mais cela reste exceptionnel, l'apparition des guildes en Europe occidentale date plutôt du XVe et du début du XVIe siècle, qui correspondent à l’essor du tricot : celle de Troyes, future capitale de la bonneterie, date de 1505. L'Angleterre voit naître ses premières corporations au cours du XVIe siècle, l'Alsace et l'Allemagne, ainsi que d'autres villes françaises, enregistrent des guildes au début du XVIe, celles de Vienne, Dresde, Prague au début du XVIIe.

     

    Gants, bas de chausses, bonnets et chapeaux tricotés en maille endroit

     

    Pour des raisons de confort et de parfaite adaptation du tricot à certaines parties anatomiques, les articles réalisés sont d’abord les gants, les chausses et les bonnets ou chapeaux. Le tricot va aussi répondre à la nouvelle mode près du corps qui apparaît à partir des années 1350.

     

     

    ▲à g. : Gant pontifical en soie tricotée de Pierre de Courpalay
    premier quart du XVe siècle, Musée National du Moyen Âge Thermes de Cluny
    à dr. : Saint Augustin, père de l'Eglise (détail), par Pedro Berruguete Juste de Gand, vers 1460-1480
    Musée du Louvre, Paris sur culture. fr

     

     

    ▲Gants liturgiques en soie tricotée, Europe, vers 1550-1600
    Museum of Fine Arts, Boston

     

     

    ▲à g. : Saint Grégoire, par Francisco de Zurbarán, 1626
    Musée des Beaux Arts, Séville
    à dr. : Gants liturgiques en soie rouge tricotée et à crispins, vers 1600-1625
    The Metropolitan Museum of Art, New York

    Les gants tricotés se répandent dès le bas Moyen Âge, pas seulement pour le vêtement liturgique. [Lire Histoire du Tricot (1), les origines]. La tradition du port du gant qui représente l’autorité – le gant, objet de prestige, symbolise la main et le pouvoir de celui qui le revêt, remonte à la Gaule, l’Église l’a reprise à son compte pour asseoir son influence. Le gant de prélat n’est jamais en peau, matériau « impur » d’origine animale, on le tricote en fil de soie, parfois d’une seule pièce – en rappel de la tunique du Christ (Saint Jean mentionne cette tunique que le Christ porte pendant la cruxifixion, il précise qu’elle est faite d’une seule pièce, sans couture, les soldats ne se la partagent pas mais la tirent au sort entre eux). En 1070 le pape autorise tous les abbés à porter des gants de soie brodés d’une croix. La couleur indique la fonction : gant blanc pour le pape, rouge pour le cardinal, violet pour l’évêque.

     

     

     

    ▲Portrait de Galeazzo Maria Sforza, duc de Milan, par Piero del Pollaiuolo, vers 1471
    Galerie des Offices, Florence sur Wikimedia Commons

     

     

    ▲Jan van Wassenaer, vicomte de Leyde et gouverneur de la Frise, par Jan Mostaert, vers 1520-1522
    Musée du Louvre sur Wikimedia Commons

     

     

    ▲à g. : Portrait de Henry Saville, secrétaire latin de la reine Elizabeth Ière
    par Sylvester Harding, British Museum
    à dr. : Paire de gants de soie tricotés, probablement espagnols
    Museum of Fine Arts, Boston

    Jusqu’au XIVe siècle, le gant de parure est le plus souvent en fil de soie et brodé. C’est un gant fin tricoté à cinq doigts. À la Renaissance, les doigts s’arrondissent, le gant se pare de larges manchettes de tissu de soie façonné ou brodé, qu’on appelle crispins. On rebrode parfois le dos de la main, et même les doigts. Dans Le Roman de la Rose, la Dame porte des gants de fil blanc, qui symbolisent ses mains blanches et propres et signifient son appartenance sociale (cela durera jusque dans les années 1960 ; on verra même, au XIXe siècle, les enfants de la bonne société jouer dans les bacs à sable, gantés de blanc).

     

    Ces gants de tricot fin bien ajustés protègent efficacement les mains du froid et arrivent à concurrencer la nouvelle mode des gants de peau, le plus souvent en chevreau, qu’on parfume à partir de 1533 – arrivée à la cour avec Catherine de Médicis. Ce ne sont pas les mêmes confréries qui confectionnent les gants de peau et les gants tricotés. Dans les inventaires des biens et dans les statuts des corporations de tricoteurs, on trouve aussi la trace de gants d’hommes et de femmes et d’enfants de meilleur marché, en laine ou en soie, à un seul doigt.

     

     

     

    ▲à g. et à dr. : Chausses tricotées, XIVe siècle
    Bayerisches Nationalmuseum, Münich
    au centre : Examen d’un patient, extrait du
    Liber notabilium Philippi Septimi, francorum regis, a libris Galieni extractus
    Guy de Pavie, 1345, École italienne, XIVe siècle, Musée Condé, Chantilly

     

     

    ▲à g. : Le Triomphe de Mardochée (détail), gravé par Lucas van Leyden, 1515
    sur Calisphere University of California
    à dr. : Boulevart en laine tricotée, XVe siècle
    Staatliche Kunstsammlungen Historisches Museum, Dresde
    Le boulevart est un court haut de chausses rattaché à la ceinture,
    il couvre seulement l’enfourchure et le haut des cuisses ;
    porté pendant la seconde moitié du XVe, sa mention dans les textes et les exemples sont rares.
    Celui-ci, en tricot, qui s’inspire de la mode des crevés est d’autant plus une curiosité.

    L’autre production des artisans tricoteurs, ce sont les bas tricotés, qui entrent en revanche en usage assez tard. On appelle encore chausses ces vêtements du bas du corps, ancêtre des chaussettes et bas. Vers le VIIe siècle, elles sont courtes et couvrent juste le pied et la jambe. Avec la mode du XIVe siècle, qui voit le costume masculin considérablement raccourcir, elles forment deux tubes de toile parfois séparés, parfois fermés et cousus – pour répondre aux virulentes critiques de « déshonnesteté ». Elles remontent jusqu’au haut des cuisses et même à la taille, et s’attachent au bas du pourpoint à l’aide d’aiguillettes. Au XVIe siècle elles se divisent en hauts et bas de chausses : à partir de cette époque le terme chausses désigne le haut de chausses – qui se transformera bien plus tard en culotte, puis en pantalon ; le bas de chausses deviendra juste le bas.

     

     

     

    ▲à g. : Portrait présumé de Henri IV enfant, École française, vers 1555
    Musée de Pau sur Agence photographique de la RMN
    à dr. : Bas de soie tricotée pour enfant, fin du XVIe siècle
    sur Deutsches Strumpfmuseum

     

     

    ▲à g. : Le Jardin de la noblesse française, Gentilhomme tirant l'épée
    gravé par Abraham Bosse d'après Jean de Saint-Igny, 1629
    sur Expositions BnF
    à dr. : Bas de chausses tricotés, à porter dans les bottes, Angleterre, 1640
    Victoria & Albert Museum, Londres

     

     

    ▲Bas en lin écru pour homme, Angleterre, vers 1660-1670
    Victoria & Albert Museum, Londres
    Ce bas n’est pas tricoté mais tissé et cousu, bien que les bas tricotés
    soient déjà couramment portés à cette époque ;
    on trouve que la coupe en biais sur mesure galbe mieux la jambe.

     

     

    ▲Bas et chaussettes tricotés en coton et soie rebrodés pour enfants,
    Museum of Fine Arts, Boston

    Les chausses de toile ou de drap de laine doivent être collantes et bien tirées, aussi sont-elles confectionnées sur mesure ; pour ceux qui n’en ont pas les moyens, elles sont formées de bandes de tissu enroulées autour de la jambe qu’on maintient comme on peut. Même taillées en biais dans le tissu c’est nettement moins adaptable que les articles en tricot de laine ou de soie, pourtant ce n’est qu’au cours du XVe et du XVIe siècles, que les chausses tricotées vont remplacer le tissu, au moins dans les classes sociales supérieures. Jusqu’au XVIIe siècle, on tricote à la main, aux aiguilles, en coton, en laine, et même dans des mélanges, de grandes quantités de bas pour hommes, femmes et enfants, unicolores ou façonnés.

     

     

     

    ▲à g. : Portrait de Matthäus Schwarz à l’âge de cinq ans quatre mois ; il apprend l’alphabet.
    Banquier d’Augsbourg né en 1497, Matthäus Schwarz fait exécuter à vingt-trois ans
    une série de vignettes le représentant dans tous ses costumes, à tous les âges de sa vie.
    Ils sont regroupés dans le Livre des costumes (Trachtenbuch) conservé à la BnF, Paris
    à dr. : Bonnets en laine tricotée, XVIIe siècle, Rijksmuseum, Amsterdam
    Ils sont plus tardifs que l’image de Matthäus Schwarz, mais les modèles ont peu évolué en un ou deux siècles.

     

     

    ▲à g. : Portrait de Nikolaus Kratzer, par Hans Holbein le Jeune, 1528
    Musée du Louvre sur Wikimedia Commons
    à dr. : Chapeau en laine tricotée et feutrée, Angleterre
    The Metropolitan Museum of Art, New York

    ▲à g. : Le Mariage paysan (détail), par Pieter Bruegel vers 1568

     

    Kunsthistorisches Museum, Vienne
    à dr. : Chapeau en laine tricotée et feutrée rouge pour jeune garçon, Londres
    entre 1500 et 1550, Victoria & Albert Museum, Londres
    La couleur est passée avec le temps. 

     

    Les « coiffures » tricotées sont nombreuses et de formes variées. On trouve bien sûr des bonnets basiques qui se répandent dans toute l’Europe, plus ou moins semblables à ceux d’aujourd’hui, on les porte la nuit ou sous une autre coiffure, heaume ou capuchon. On dit parfois que le béret est inventé en France au cours du XIIIe siècle. Irena Turnau, spécialiste de l’histoire de la bonneterie européenne, regrette qu’il n’existe aucune étude historique sur le chapeau tricoté.

     

     

     

    ▲à g. : L’Homme au chapeau rouge, par Le Titien, 1516
    Musée du Louvre sur Wikipédia
    à dr. : Chapeau en laine tricotée et feutrée, Angleterre, XVe siècle
    Victoria & Albert Museum, Londres

     

     

    ▲à g. : Portrait de Erasme de Rotterdam, par Hans Holbein le Jeune, 1523
    Kunst Museum, Basle (Allemagne) sur Wikimedia Commons
    à dr. : Chapeau en laine tricotée et feutrée, Londres, entre 1500 et 1550
    Victoria & Albert Museum, Londres

     

     

    ▲à g. et à dr. : Portraits de Sir Thomas Southwell, par Hans Holbein le Jeune, 1536 et 1537
    sur Wikimedia Commons
    au centre : Chapeau en laine tricotée et et feutrée, Londres, entre 1500 et 1550
    Victoria & Albert Museum, Londres

    ▲à g. : Portrait d’un écolier de douze ans, par Jan van Scorel, 1531

     

    Musée Boijmans Van Beuningen Rotterdam sur Wikimedia Commons
    à dr. : Chapeau de jeune garçon en laine rouge tricotée et feutrée, Museum of London, Londres.
    La couleur est passée avec le temps, sa bordure ajourée
    est destinée à accueillir des passementeries et décorations. 

     

     

     

    ▲à g. : Chapeau en laine tricotée, XVIe siècle, Rijksmuseum, Amsterdam
    à dr. : Portrait d’un inconnu, par Nicholas Hilliard, 1588
    National Gallery, Londres sur Wikimedia Commons

     

     

    ▲à g. : Les joies du patinage, par Hendrick Avercamp, vers 1630-1634
    Rijksmuseum, Amsterdam
    à dr. : Chapeau en laine tricotée, acheté en Hollande par le tsar Pierre Ier de Russie,
    Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg

    Certaines formes de ces bonnets sont très élaborées et forment de véritables chapeaux, comme on peut en voir sur les portraits de Dürer, de Cranach ou de Holbein le Jeune. On les fabrique, au XVIe et au XVIIe siècle, à Strasbourg et autres villes d’Alsace et d’Allemagne méridionale, et aussi en Hollande. On les tricote en fil de laine, car cette matière « prend » particulièrement bien la couleur – souvent rouge ou noire, mais ils peuvent être aussi bleus ou verts, on les foule pour imiter le velours, on les feutre pour les rendre plus raides sur les bords et résistants à l’eau, la technique est répandue. [On peut lire sur Le manteau de ma grand-mère, par Sabine, l’essentiel des techniques de travail de la laine]. Les élégants les agrémentent de passementerie, de plumes ou de broches.

     

    Le tricot, une technique à la fois artisanale et domestique

     

    Les pièces conservées montrent que les tricoteurs médiévaux, qui tricotent en rond, ne pratiquent que la maille endroit, le point jersey envers commence à être utilisé au cours du XVIe siècle, mais uniquement en décoration. On tricote à l’aiguille, jusqu’à quatre et cinq pour les formes compliquées, c’est la qualité des aiguilles autant que la dextérité de l’exécutant qui déterminent un tricot de qualité. En France et en Angleterre on utilise le plus souvent des aiguilles en bois ou en os, en Espagne, de fines aiguilles métalliques. On travaille aussi au crochet. Le tricotage à la main au XVe et XVIe siècle a atteint un niveau élevé dans la plupart des pays européens, tant en termes de qualité que de variété des articles produits : gants, bas, vêtements d’enfants, chemises, caleçons, pantalons, gilets, capuchons…

     

     

     

    ▲à g. et à dr. : Devant et dos d’un gilet tricoté en laine pour enfant,
    Museum of London, Londres
    au centre : Jeux d’enfants, par Pieter Bruegel l’Ancien, vers 1560
    Kunsthistorisches Museum, Vienne

     

     

    ▲Moufles pour enfant en laine, XVIe siècle, Museum of London, Londres
    à dr. : Chaussette en laine tricotée, vers 1650-1700
    Rijksmuseum, Amsterdam
    Ce type d’article populaire est rarement conservé dans les musées.

    Outre ces productions artisanales des tricoteurs de métier, souvent de grande qualité, et réservées à la soie, tricoter à la main des vêtements utilitaires est une pratique courante à la campagne, où on a facilement accès à la laine. Le tricot devient au XVIe siècle, dans certaines régions, une activité non négligeable de revenu complémentaire pour les familles pauvres. En production dite domestique, les petites pièces d’usage courant pour bébés et enfants sont fréquentes, faciles et rapides à réaliser, mais les musées conservent peu de ces pièces modestes, portées jusqu’à l’usure.

     

    Les tapis tricotés et autres chefs-d’œuvre d’ouvriers tricoteurs

     

     

     

    ▲Tapis en laine tricoté à la main, Strasbourg, 1761
    Victoria & Albert Museum, Londres
    Celui-ci est tardif puisqu’il date du XVIIIe siècle, mais de tels tapis
    sont cités dans les statuts de 1607 des tricoteurs de Strasbourg.

    On conserve dans certains musées – plutôt des pays de l’Europe centrale, on suppose que la technique est née en Italie, des pièces de tricot façonné très décoratives, qui rappellent les tapis. Moins coûteux qu’une tapisserie qu’ils remplacent, on les utilise aussi comme dessus de lit ou de table. Ils exigent une grande habileté technique de la part du tricoteur, au point que leur exécution figure une sorte d’examen de passage pour entrer dans certaines corporations.

     

     

     

    ▲Tunique tricotée à la main, en fil de soie et fil d’argent,
    Italie ou Angleterre, vers 1600-1625, Victoria & Albert Museum, Londres

     

     

    ▲Veste tricotée à la main, en fil de soie et fil d’argent, bordure en lin,
    vers 1625-1650, Victoria & Albert Museum, Londres

     

     

    ▲à g. : Veste pour femme tricotée à la main, en fil de soie et fil d’argent, non montée, envers et endroit,
    Italie ou Angleterre, vers 1600-1625, Victoria & Albert Museum, Londres
    à dr. : Portrait de jeune femme, par Lucas Cranach l’Ancien,
    Galerie des Offices, Florence sur Artrenewal
    Le tricot, qui n’est porté qu’en vêtement d’intérieur,
    reprend les couleurs et les motifs de la mode.

    Ainsi les tricoteurs à façon qui désirent entrer dans la guilde de Strasbourg doivent-ils produire un chapeau, une veste de laine, une paire de gants à doigts et un tapis tricoté à motif floral. On peut considérer ces pièces comme des chefs-d’œuvre de compagnons. Dans la réalité, une seule personne tricote rarement une pièce dans sa totalité, les différents morceaux sont confiés à plusieurs tricoteurs selon leur habileté, qui répètent chacun le même morceau, sous la direction du maître.

    La mécanisation du tricot des bas et chaussettes du XVIIe siècle

     

     

     

    ▲à g. : Machine à tricoter de William Lee, fin XVIe, début XVIIe siècle
    à dr. : Planche « Bonnetier » de L’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, 1751-1772
    sur Wikipédia

    Le rendement trop faible du tricotage à la main pour répondre à la demande croissante va imposer la mécanisation. William Lee, un vicaire de Calverton, près de Nottinghamshire, invente en 1589 la machine à tricoter les bas et chaussettes. On raconte que l’idée lui est venue pour aider son épouse, qui pratique le tricotage professionnel à la main. D’un seul coup de main, on peut tricoter un bien plus grand nombre de mailles. Lee a du mal à imposer sa machine, qui n’est brevetée qu’en 1599, ne trouve son succès que via la France de Henri IV – elle sera pourtant à la base du développement considérable des premières manufactures de bonneterie anglaises. Celles-ci défendent jalousement leurs savoir-faire et technique, jusqu’à ce que Jean Hindret s’en empare, sur ordre de Colbert, pour fonder en 1656 la première manufacture de bas de soie au métier de France, au Château de Madrid à Neuilly-sur-Seine ; elle compte soixante-dix-neuf compagnons en 1672.

     

    On va désormais marquer la différence entre les produits manufacturés et les « ouvrages de dames », même si les modèles des uns et des autres restent longtemps très proches. Dans les prochains articles, je délaisserai les premiers – dont les conséquences économiques et sociales vont pourtant influencer la mode, pour ne m’intéresser qu’aux seconds. A suivre, donc…

      

    SOURCES : superbe blog "Les petites mains"

    http://les8petites8mains.blogspot.com/2010/11/histoire-du-tricot-du-xive-au-debut-du.html

     

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    Peut-être l’aurez-vous déjà remarqué dans la page de liens ci-contre, Les Petites Mains ne peuvent que soutenir un concept comme Golden Hook, qui lie mode, tradition d’un savoir faire de qualité et relation intergénérationnelle. Ce site, lancé il y a deux ans par Jérémy Emsellem, propose en effet de faire tricoter vos bonnets et écharpes par des grands-mères. Pour ceux qui veulent se lancer eux-mêmes dans le tricotage, les grands-mères de Golden Hook donnent des cours particuliers jusqu’au 23 octobre au BHV Rivoli à Paris. Mais Les Petites Mains, c’est à la fois la tête et les mains ! Aussi, pour vous cultiver en tricotant – ou tricoter en vous cultivant, voici une Petite Histoire du Tricot en plusieurs épisodes.

    Je dédie cette série d’articles à deux des lectrices tricoteuses de la première heure des Petites Mains, Marie-Françoise et Marie-Pierre.

    Nålbinding ou tricot ?

    Il n’est vraiment pas facile de se lancer dans une histoire du tricot. Peu de livres ou de publications existent sur le sujet. Les fragments et éléments anciens des musées, extrêmement fragiles, sont moins nombreux que ceux du tissage, qui lui sont antérieurs ; si la pointe aiguë de l’aiguille à coudre ne laisse guère de doute quant à son usage, il n’en est pas de même pour l’aiguille à tricoter – appelée petite trique ou tricot au XVIe siècle, d’où le nom donné à la technique, l’aiguille est alors en bois. On constate aussi que si des légendes existent de déesses et héroïnes antiques qui comme Arachné ou Pénélope tissent, on n’en connaît aucune qui tricote. La Bible rapporte une robe tricotée du Christ et il existe d’autres mentions écrites de vêtements tricotés, on dira donc avec prudence que les premiers tricots datent du début de notre ère. Car les historiens eux-mêmes s’interrogent sur ce qu’il convient d’appeler « tricot » ou non !

     

     

    ▲Paire de chaussettes de laine (nålbinding), vers 300-500, Égypte, Victoria & Albert Museum Londres
    Séparant les orteils, elles devaient être portées avec des sandales.

     

    ▲Chaussette viking (nålbinding) des fouilles de Coppergate, York Archeological Truste, York [en viking : Jorvik]

    En effet, les trouvailles archéologiques les plus anciennes auraient été faussement considérées comme du tricot, alors qu’elles sont réalisées en nålbinding. Ce nom viking désigne un tissu structuré en spirale, dont l’élasticité ou la rigidité dépend du point et de la largeur du matériel utilisé. La technique du nålbinding est pratiquée par les Romains, les Égyptiens et divers peuples des pays d’Europe du Nord et de l’Est aux environs du IVe siècle. Certains historiens du textile le considèrent comme l’ancêtre du crochet et du tricot. [En anglais, il est traduit par : knotless netting, needle looping ou encore single needle knitting]. Cette technique permet la formation de boucles entrelacées, le plus souvent torses, à l'aide d'une aiguille à chas et d'un fil ; en général, le travail est circulaire.

    La naissance du tricot

    Comme la technique du tissage s’est développée sur le modèle de la vannerie et du tressage, le tricot prend modèle de la maille des filets, connue au moins vers 1500 avant notre ère. On parle alors de technique sprang – qui permet de fabriquer une sorte de filet avec des fils tendus sur un cadre à tisser rudimentaire et torsadés entre eux ; le chaînon exécuté d’un fil continu passe verticalement alors que dans la technique du tricot il est horizontal. Les historiens ont aussi confondu son résultat avec la dentelle résille ou le tricot.

    Selon l’historienne Irena Turnau, on suppose que la technique de transition entre la technique sprang et le tricot est la fabrication de textiles sur châssis pratiquée par les nomades de l’Afrique du Nord. Une des sectes coptes transforme ces châssis en aiguilles mobiles. Plus tard on découvre le même processus au Pérou. Il faut en effet trouver une solution et entrecroiser les techniques pour réaliser certains articles, par exemple pour protéger les doigts du froid.

     

    ▲Chaussette XIIe siècle, probablement trouvée à Fustat, Egypte
    Textile Museum, Washington

     

    ▲Chaussette d’enfant, période musulmane incertaine entre XIe et XVe siècles,
    probablement trouvée à Fustat, Égypte, Textile Museum, Washington
    On peut trouver les explications détaillées (en anglais) pour réaliser une copie de ces chaussettes
    sur le site de Anahita al-Qurtubiyya Visitez aussi sa page Medieval Muslim Knitting

    Pour certains historiens, les plus anciens vestiges de pièces de tricot, au sens propre du terme – c’est-à-dire le résultat d’un même fil enroulé sur lui-même en boucles, appelées mailles, à l’aide de plusieurs aiguilles et qui donne un tissu extensible – se composent de chaussettes, ou plus exactement de fragments de chaussettes coptes trouvées en Égypte, entre le XIe et le XIIIe siècles. Ce sont des pièces fines, le plus souvent dans des tons de coton blanc et indigo, peut-être « tricotées » à l’aide de plusieurs aiguilles, peut-être à l’aide d'une aiguille et des doigts de la main gauche, il est en effet difficile de savoir si elles ont été réalisés à plat ou en rond. Selon Irena Turnau, on ne peut pas affirmer qu'elles ont été tricotées sur plusieurs aiguilles, le même résultat pouvant être obtenu au moyen du nålbinding. Il faudrait une trouvaille archéologique associant articles tricotés et aiguilles pour le prouver.

    Si c’est du tricot, vu la qualité du travail réalisé, la variété et la complexité des motifs décoratifs, on se dit que la technique pourrait être en effet plus ancienne, vraisemblablement aux premiers siècles de notre ère. La provenance exacte et la difficulté de datation de ces chaussettes à un ou deux siècles près, comme d’ailleurs tout ce qui concerne l’art copte est le fait du manque de rigueur des fouilles archéologiques à l’origine de leur découverte.

    Le tricot se diffuse en Europe

    La technique du tricot, due donc probablement aux Coptes, gagne les pays du monde islamique via les conquêtes des Arabes : la Syrie en 632, Jérusalem en 635 – ce qui va provoquer les Croisades, l'Égypte en 640, le Maghreb en 647 ; ils montent ensuite vers le Portugal et l'Espagne en 711, la Sicile en 720, la France où comme chacun sait ils sont arrêtés à Poitiers en 732, les Maures restent en Espagne jusqu'en 1492.

     

    ▲à g : Gants liturgiques épiscopaux dits de Saint Rémy, en soie blanche tricotée ;
    ils comportent une plaque circulaire d'argent ciselé et doré cousue en son centre,
    abbaye basilique Saint-Sernin sur Culture.fr
    à dr. : Gant liturgique, en soie, or et cuir, cathédrale de Rodez, XVIe siècle - début XVIIe,
    photographie Musée Fenaille - Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron sur Musées de Midi-Pyrénées

     

     

    ▲Paire de gants liturgiques épiscopaux, en soie et bande d’argent, tricotés main,
    Espagne, XVIe siècle, Victoria & Albert Museum, Londres

    On admet qu’au Xe siècle, le tricot s’est répandu dans toute l'Europe. Toujours selon Irène Turnau, l’unification culturelle des pays chrétiens va participer à sa diffusion dans les pays européens. Religieuses et artisans tricotent pour les églises. Le développement du tricot est accéléré par des prescriptions liturgiques qui apparaissent en 785. Elles imposent aux évêques et prêtres de porter, pendant la consécration du pain et du vin pendant la messe, des gants non cousus, bien ajustés aux doigts. Ils sont d’abord tricotés en soie naturelle ou blanche, puis colorée, souvent en rouge, jamais en noir. Les premières mentions de gants liturgiques spécifiques datent du Xe siècle ; les plus anciens qui nous sont parvenus en France sont conservés à la basilique Saint-Sernin à Toulouse, ils datent du XIIIe siècle et témoignent du haut niveau technique de tricotage à la main de l’artisan bonnetier qui les a réalisés.

     

    ▲Chausses et souliers dits de Saint Germain, abbé de Moutiers-Grandval,
    près de Délémont (Suisse), photo Musée jurassien, Délémont,
    dans Histoire du Costume de François Boucher p. 159.

    Ces gants liturgiques sont conservés dans les trésors des églises et des cathédrales du bas Moyen Âge, ils sont mentionnés dans les textes dès le IXe siècle. On y trouve aussi de nombreuses bourses et petits sacs tricotés en rond et en jacquard avec des fils de soie pour déplacer et accueillir les reliques de saints. En Suisse sont conservés des bas et jambières tricotés entre le VIIe et le IXe siècle.

     

    ▲Housse de coussin mortuaire de Fernando de la Cerda (1255-1275)
    monastère Santa María la Real de Huelgas, près de Burgos (Espagne), vers 1275 sur L'Ost du Dauphin
    On peut voir une reconstitution de ce motif sur le site de Susanna von Schweissguth

    On ne manque pas de citer aussi les housses de coussins tricotées, datant des XIIe et XIIIe siècles, provenant des tombes royales du monastère Santa María la Real de Huelgas, fondé par le roi Alphonse VI de León et de Castille pour abriter le mausolée de sa famille. Le plus ancien, pourpre, or et blanc, entièrement tricoté au fil de soie et point jersey très serré (80 mailles pour 10 centimètres carrés), placé sous la tête du prince Fernando de la Cerda, mort à vingt ans en 1275 est intact. Les motifs en jacquard à fils tirés représentent des fleurs de lys et des aigles encastrés dans des losanges sur une face, des châteaux à trois tours (ceux qui ont donné leur nom à la Castille) et des rosettes dans des octogones sur l'autre face. Il est bordé de glands verts un peu abîmés aux quatre coins et d’une lisière où se répète le mot barakah [en arabe : bénédiction], cette inscription atteste l’origine arabe de ces coussins.

     

     

     

    ▲Vierge tricotant une petite robe pour l’enfant Jésus avec quatre aiguilles,
    par le Maître Bertam von Minden,
    volet droit du retable de l’autel de la Sainte Vierge à l’église de Buxtehude (Allemagne)
    vers 1400-1410, sur Wikimedia Commons
    Tricoter avec quatre aiguilles n’est pas courant en Allemagne à cette époque,
    Maître Bertam a séjourné en Italie avant de réaliser ce retable,
    il y a vraisemblablement découvert cette méthode.

    Dès le XIVe siècle, la technique du tricot s’est fortement répandue en Europe du Sud et dans certaines villes allemandes autour de la Baltique. La peinture la montre avec précision en représentant des madones dites « au tricot ». Le tricot se fait en rond, sur un jeu de quatre ou cinq aiguilles, probablement métalliques, non crochetées, tenues par les paumes, le fil dans la main droite. De fait les tricoteurs utilisent alors de deux à cinq aiguilles pour tricoter des fils de coton, de soie ou de laine, ils pratiquent déjà le jacquard.

    Parallèlement à cette évolution de la technique dans l’Europe méridionale, vers le Xe siècle, colportée par les envahisseurs normands, l’usage de tricots en grosse laine, exécutés au crochet ou sur de grosses aiguilles en os ou en bois, s’est introduit dans le Nord de l’Europe : Norvège, Finlande, Islande, îles anglo-normandes et plus généralement toutes les régions de culture celte. Des fouilles archéologiques en Lettonie, Pologne et certains pays scandinaves l’attestent.

    Ce sont donc l’expansion de l’Islam, les invasions normandes, les Croisades, le commerce et les conquêtes qui permettent la diffusion de la technique du tricot. On raconte que les marins espagnols de l’Invincible Armada, naufragés sur les côtes des Îles Orcades et des Îles Shetland en 1588, auraient enseigné l'art du tricot aux pêcheurs autochtones. On dit aussi que les Conquistadores auraient appris à tricoter à l'Amérique du Sud, hypothèse aujourd’hui remise en question. L’histoire du tricot se construit au fur et à mesure des trouvailles et solutions techniques individuelles et locales, elle se prête mal aux généralisations. A chaque fois, le tricot s’enrichit des cultures et des traditions des peuples qui le découvrent.

    (à suivre : Histoire du tricot (2), du XIVe au début du XVIIe siècle)

      

      

    SOURCES : superbe blog de "Les petites mains"

     http://les8petites8mains.blogspot.com/2010/10/histoire-du-tricot-origines-1.html

     

     

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    Pierre CARDIN

    Pierre Cardin

     

     

     

    Saviez-vous que Pierre Cardin est italien et que son vrai nom est Pierre Cardin?
    Je n'ai pas ... et pour être honnête j'ai même pensé qu'il avait quitté l'industrie de la mode du temps il ya bien longtemps ... mais obviosuly j'avais tort!
    J'ai récemment vu le livre qui fut publié l'année dernière pour célébrer les 60 ans de sa belle carrière. J'étais surtout attiré par sa page de couverture ... (regardez ci-dessous, il n'est pas étonnant que j'ai été attiré à elle)

    et une fois que j'ai commencé à plier ses pages ... J'ai été capturé par la conception de Cardin à partir des années 1960 - 1970. Ses dessins embrassé les thèmes de la science-fiction et de voyage dans l'espace. L'âge de l'espace 3-D et regarder passer les hommes astronaute sont ses tenues les plus célèbres. Il a utilisé des matériaux encore jamais utilisé dans la mode comme le vinyle et d'anneaux en métal . Jetez un oeil sur les photos que j'ai choisi au hasard ...
     


     




     



    J'ai vraiment adoré cet pic de Mia Farrow porte une robe Pierre Cardin .. est pas 'elle belle?

    Cardin était un génie dans la promotion de son nom. Il licence son nom à une vaste gamme de produits y compris le chocolat, les stylos, les cigarettes, les poêles à frire, réveils, eau minérale, des cassettes audio, auto-couvre-sièges, et plus encore. Il a accumulé plus de 900 licences dans le monde entier et son nom apparaît sur ​​plus de 800 produits différents dans plus de 100 pays ... Il n'arrête pas de dire: «. Mon nom est plus important que moi-même"

      

      

      

    Découvrez l’immense talent de Pierre Cardin à travers une rétrospective qui retrace ses 60 ans de création. 

    Réalisée à l’occasion du soixantième anniversaire de la maison Cardin, cette rétrospective sur l’œuvre du couturier Pierre Cardin révèle un créateur omniprésent, insatiable, qui a créé un style si fort et si nouveau qu’il a révolutionné la Haute Couture et marqué à jamais l’histoire de la mode.

     

     

    1967 Mode puise son inspiration dans la science-fiction dans cet ensemble. Comme voyages dans l'espace est devenu une réalité, une série de programmes de télévision et des films comme «Star Trek», «Barbarella» et '2001: A Space Odyssey "a exploré l'idée de s'habiller pour l'avenir. Expériences Cardin avec cette notion dans sa gamme Cosmos. Il comprenait des tenues similaires pour femmes, hommes et enfants, fabriqués à partir de matériaux résistants à l'usure.
    Dans cet exemple le capuchon et Tabard sont de gilet de laine, avec un cavalier en laine côtelée, les bottes et le motif sont fabriqués à partir de vinyle et le pare-soleil est fumé en plastique.
    Cardin a introduit des collants sans faille pour être portés avec des vêtements courts, car ils ont été plus chaudes et plus pratique que des bas et des bretelles.

     

     

    Pionnier d’une mode design, voire architecturale et futuriste, le couturier l’est aussi dans sa vision de la mode, qu’il n’hésite pas à présenter de façon populaire et internationale.
    Enfin, au-delà du processus créatif, il est le premier à voir dans la mode un véritable business et bâtit un empire grâce aux licences qui portent son nom aux quatre coins du monde.

    Cet ouvrage, essentiellement visuel révèle l’immense apport de Pierre Cardin dans le monde de la couture, des accessoires et du parfum. Il reflète l’esprit et l’énergie de ce créateur unique en son genre, ainsi que la dimension internationale de la marque.

    Pierre Cardin : 60 ans de création

    En savoir un peu plus sur l’auteur :

    Historien de formation, Jean-Pascal Hesse est l’auteur de diverses publications. Proche collaborateur du célèbre couturier, il dirige, depuis 1995, le service de presse du groupe Pierre Cardin. Par ailleurs conseiller d’arrondissement de la Ville de Paris, il est en charge des grands événements culturels auprès du maire du XVIe arrondissement.

    Pierre Cardin
    60 ans de création
    Préface de Laurence Benaïm
    Textes de Jean-Pascal Hesse

    26 x 34 cm • 176 pages
    50 photographies • relié sous jaquette
    65 € • ISBN : 978 2 7594 0424 7

    Éditions Assouline
    26, place Vendôme
    75001 Paris
    Tél. : 01 42 60 76 89 – Fax : 01 40 15 05 85
    www.assouline.com

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    Les premiers fards et parfums Bourjois, ce sont les actrices des théâtres et cabarets parisiens qui les ont inspirés ! Cette marque, née de la scène de la capitale française, occupe désormais le devant des podiums internationaux. 
      

     

      
      
    L'histoire de Bourjois se confond à ses débuts avec celle des théâtres et cabarets parisiens. Fards et parfums sont créés pour les actrices par le comédien Joseph-Albert Ponsin dans son propre appartement !
      
    Officiellement déposée en 1962, la marque Bourjois est placée sous la coupe d'Alexandre-Napoléon Bourjois lui-même, qui s'emploie, dès 1868, à faire connaître au monde entier les petites boîtes pleines d'astuces de beauté.
     


     
      
      
    En 1879, Bourjois installe une boutique boulevard Saint-Martin et y vend un produit dont le succès est majeur : la Poudre de riz de Java.
      
      
      
    On y trouve également des fards de qualité dont le procédé de fabrication mélange la poudre d'eau à des pigments et composants placés dans des moules bombés.
      
      
      
      
    Les petites boîtes rondes restent aujourd'hui un emblème de la marque et le soin mis autour du packaging célèbre l'idée que la beauté de la femme est un principe de plaisir personnel.
     
     
     
     

    Affiches anciennes publicitées
     
     
    A l'époque des années folles, Bourjois accompagne le mouvement de libération de la femme et promeut des produits de maquillage et parfums qui leur permettent d'affirmer leurs goûts et leur personnalité.

      

     

      
      
      
    En 1928, la ligne Soir de Paris est lancée aux États-Unis et amorce un vaste développement international au fil des décennies suivantes.
      
    Le parfum de la gamme devient le parfum le plus célèbre du monde.
      


      
      
    En 1950, Bourjois parraine une émission de radio en vogue animée par Charles Trénet. Le chanteur invente un slogan qui sera repris dans toutes les bouches "Bourjois avec un J comme joie" !

      
      
      
    Jusqu'à nos jours, Bourjois a maintenu sa ligne de mire : la fantaisie inspirée par les artistes des premiers jours. Au gré de la mode et des humeurs de femmes, Bourjois sait adapter autant ses produits que sa communication.
      
      
      
    Les femmes se projettent dans un univers onirique, artistique et adoptent pour leur beauté les petites boîtes aux belles couleurs qui leur donnent éclat, bonne mine et bonne humeur !
     
     
      
      
    Affiches anciennes publicitées  
      
      
    sources :
      
      
     
     
     
      
      Affiches anciennes publicitées
      
      
      
      
     
    Affiches anciennes publicitées
      
      
     
      
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    1856 - 1872

     

    EUGENE BARROIS

     

    N'a produit que des bustes de poupées parisiennes,

    à tête pivotantes ou fixes.

    Son successeur HALOPEAU présentera des Bébés.

     

    Il signe ses têtes des initiales gravées

     

    E.B. entourant la taille

    ex: E 3 B

    sur le devant ou l'arrière de la collerette.

     

    Les yeux sont peints, ou en émail ou même en verre,

    fixes ou mobilisés par un système de tirage.

     

    certains modèles de commande spéciale

    sont signés E DEPOSE B

    il existe de nombreux modèles de visages

    certains caractérisés, asiatique, noir, mûlatre.

     

    la côte est de : 2000 à 3000€

     

    d'après livre de côte de

    Mr. François Theimer

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    PARISIENNE

     

    EUGENE BARROIS

     

    VERSION HOMME

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    A SUIVRE

     

    sources ; http://polichinelle.vefblog.net/cat1/

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  • POUPEE DITE PARISIENNE - VICTOR CLEMENT 1866-1870

     

     

     

    1866 - 1870

     

    VICTOR CLEMENT

     

    N'a réalisé que des poupées parisiennes

     

    Elles ont un corps en cuir estampé

     

    BREVETE

    brevet repris à la maison HURET

    et amélioré, la gutta-percha étant fragile

    V.Clément à repris le même corps en

    le fabriquant en cuir bouilli ce qui le rendit

    beaucoup plus résistant dans le temps.

     

    Toujours à tête pivotante

    en biscuit pressé

     

    TRES RARES

     

    Seul le corps est signé sur le buste

     

    VOR CLEMENT

    OU BTE S.G.D.G

     

    articulée aux épaules, coudes et genoux...

     

    leur côte est de :

    6000 à 7500€

     

     

    d'après livre de côte de

     

    Mr. François Theimer

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     

     

     


     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    SOURCES BLOG MERVEILLEUX de TANAGRA - http://polichinelle.vefblog.net/cat1/

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    Même si les poupées Allemandes sont

    moins attrayantes que les belles poupées

    de fabrication Françaises,

    Il n'en reste pas moins vrai qu'elles ont aussi leur charme,

    et bon nombres d'adeptes, et certaines sont encore plus belles.

     

    J'ai sélectionné ici quelques modèles

    dites de caractère

    assez rares.

     

     

     

    La Maison Simon & Albig

    fut une des manufactures des plus

    ingénieuse pour les différents modèles

    dits à caractère.

    certains sont courants , d'autres plus rares,

    certainement pour la raison qu'elles n'ont pas eu

    le succès escompté.

    ce qui en fait des raretés.

     

     

     

     

     

     

    Souvent montées sur des corps en peau

    la tête fixe ou mobile.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    D'autres montées sur des corps en peau et membres en biscuit

     

     

     

     

    Ces poupées femmes ou jeunes filles

    étaient également accompagnées

    d'un trousseau très fournis

    et d'assez belle qualité, pour certaines,

    ce qui en fait un document appréciable

     

     

     

     

     

     

     

     

    Simon & Albig

    Ses mignonnettes très jolies en général,

    à produit un modèle

    particulièrement rare et recherché

    Ici représenté avec de beaux yeux bleus fixes

     

    c'est le moule 807

     

     

     

     

    Toujours avec des bottines peintes

     

     

     

     

     

    Le corps est très très potelé et assez lourd

    avec des plis de bébé aux cuisses

    la bouche est ouverte sur 4 petites dents carrées

    2 en haut et 2 en bas

    ce qui lui donne un petit air charmant

     

     

     

     

    finement peinte cette petite poupée de taille

    toujours identique

    24cm

    était quelques fois présentée

    dans une malle

    accompagnée d' un trousseau

     

     

     

     

     

     

    Voilà ma sélection du jour !!

    en Espérant vous avoir fait plaisir

     

    A Bientôt

     

    SUPER BLOG : http://polichinelle.vefblog.net/14.html#LES_CULBUTOS_CELLULOID

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    HISTOIRE DE LA POUPEE..... à travers les siècles...

     
     

    La poupée existe de les temps les plus reculés, on a en effet, retrouvé des poupées qui datent de la préhistoire, bien sûr, ces poupées avaient des formes primitives.

    Les premières poupées véritables, remontent à l'Egypte pharaonique du Moyen Empire, la poupée était réalisée en bois, et elles ont + de 4000 ans. Les poupées en chiffon ou en tissu sont aussi égyptiennes, mais sont plus récentes, 600 ans environ avant J.C.

    C'est au XIX° siècle, avec l'apparition du papier mâché, que l'on a vu apparaître les poupées en très grand nombre et des poupées diverses en variété.

    La première poupée qui possédait des yeux mobiles est née en 1880.

    Le XVIII° siècle, a quant à lui, vu apparaître la poupée-mannequin, qui était présentatrice et ambassadrice de la mode française.

    Un fabricant Allemand de Sonneberg créa en 1887, les têtes de poupées en "pâte cartonnée", appelée cuir cartonné, qui devait être placée entre les moules chauds et subir une forte pression. La composition fut aussi employée comme base sous la cire pour rendre les têtes plus attrayantes.

    Au début du XXe siècle, le composé à base de bois devint le matériau universel pour la fabrication des poupées

    De nos jours on retrouve encore des poupées anciennes et de collection, à savoir des poupées en porcelaine, des poupées en cire, des poupées de chiffon, des poupées russes, des poupées Bella, qui ont existé, elles, entre 1946 à 1984, qui ne sont plus vendues dans les magasins, mais que l'on retrouve chez les collectionneurs,toutes les poupées peuvent donner lieu à un début de collection qui s'orientera avec la recherche et selon le goût : bois, biscuit, porcelaine, papier mâché, celluloïd, rhodoïd, cire, feutre, tissu ou plastique et dans les bourses de poupées.

    Les poupées Bella, ont rendu plus d'une génération de petites filles heureuses, maintenant on retrouve toujours des poupées qui font toujours la joie des petites filles, elles s'appellent maintenant Barbie, Charlotte aux fraises, Dora, Corolle, Carina, Bratz, Becassine etc...

    Ces poupées sont des poupées chiffons, des poupées à thèmes, des poupées souples, des poupées mannequin, des poupées qui bougent, qui parlent, qui chantent !!! des poupées fées comme Tozy, Céleste, Roy, des poupées parfumées, des poupées accompagnées d'un tas d'accessoires, etc...

    Les poupées font toujours plaisir, la poupée est un excellent cadeau pour une fille, à l'occasion d'un Noël, d'un anniversaire, on trouve des centaines de poupées différentes, dans les magasins de jouets et sur les sites de jouets en ligne d'internet.

    Les poupées sont relativement d'un coût abordable, car il y en a à tout les prix, du plus petit au plus grand... cela laisse toute latitude, aux personnes qui ont un budget restreint.

    On peut offrir une poupée, sans trop se ruiner !!! Si vous avez le temps, allez visiter le musée de la poupée à Paris. Au Japon, il une fête annuelle japonaise qui met en valeur les poupées.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Poupée romaine
    fin 1ère siècle.. début 2è siècle

     

     

    Poupée barbie

     

     

    baigneur convert marquer dans le dos avec un dessin ( un petit moulin ), taille 68 cm, yeux bleu mobile, cheveux mouler couleur marron, habiller d'une grenouillère d'enfant qui lui va très bien , les chaussures sont ancienne mais je pense qu'elle ne sont pas d'origine, ses bras et ses mains sont monter sur élastique ont peu tourner ses mains comme on veut, ses jambes sont emboîtée je pense qu'il est en celluloïde.

     

     

     

     

    SOURCES : Dona Rodrigue - blog - au fil des jours.

    http://dona-rodrigue.eklablog.com/histoire-de-la-poupee-c757213#!/histoire-de-la-poupee-a-travers-les-siecles-a3935411

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    Poupées BARBIE

     

    L'apparition de la poupée Barbie, en 1959, peu après Lolita (1955), semble avoir marqué une rupture, un changement dans les pratiques sociales liées à l'enfance et dans la socialisation des petites filles, car elle substitue une poupée femme à une poupée enfant.

    Ce phénomène était-il vraiment nouveau ? N'y avait-il pas des poupées « mannequins » aux XIXe et XXe siècles ?1 Bleuette, en France, au début du siècle, et bien d'autres, dès le XIVe siècle. Ainsi la poupée Barbie suggérerait seulement que le cycle de la vie des poupées est un éternel recommencement. Cependant la singularité de la poupée Barbie s'affirme sur plusieurs points : son caractère « sexy » et pin up ; son succès non démenti depuis plus de trente ans ; le caractère symbolique de son personnage et sa diffusion mondiale.

     

    La poupée est un jeu d'enfant ­ au double sens du terme ­ c'est un jeu joué par les enfants et qui a traditionnellement pour objet un enfant2. Mais c'est aussi un jeu d'adulte car l'enfant se projette dans l'avenir et traditionnellement dans le rôle de mère. Pourtant avec Barbie la poupée est d'un âge indéterminé, prétendument adolescente mais en réalité femme. Et du même coup se pose la question du rapport de l'enfant à la poupée.

     

      Poupées BARBIE

    Celle-ci n'incarne plus le rôle de mère mais de femme. Avec la poupée Barbie, la fonction de parent disparaît ; l'enfant qui joue n'est pas censée jouer à la mère, et dans la vaste « famille » qui entoure Barbie les parents sont totalement absents. Ils n'apparaissent donc ni en joueurs ni en jouets ­ à la différence d'autres marques qui fabriquent des familles avec parents.

     

     

    Pour comprendre la signification du phénomène Barbie, la poupée sans père ni mère, nous interrogerons d'abord le contexte historique dans lequel elle est née. Nous examinerons de près ses origines, pour considérer ensuite la poupée comme marchandise avant de l'étudier comme jouet. Puis nous déterminerons progressivement la signification du personnage et de son message, c'est-à-dire la pensée Barbie, étroitement liée à la culture Barbie.

     

     

    Barbie et les années 1950

    Aux États-Unis, les années 1950 sont celles de la guerre froide, du baby boom, de la feminine mystique3 du consumérisme triomphant, années où sont glorifiées et exploitées les valeurs incarnées par la famille, la maternité, l'enfance. C'est aussi l'époque où la commercialisation de ces valeurs donne une importance particulière à une étape du cycle de vie des jeunes ­ l'adolescence. Les teenagers acquièrent une visibilité particulière, avec la musique rock, les transistors, les socquettes et les bagnoles à moteur trafiqué ( hot rods). Selon les termes de Marilyn Ferris Motz, « l'adolescence est vue comme une période unique dans la vie »4.

     

    La culture des adolescents donne lieu à une exploitation commerciale sans précédent et l'adolescente devient une star de la scène sociale avant d'être une star tout court. À l'écran on voit deux modèles de beauté féminine : la femme voluptueuse, du style Ava Gardner, Heddy Lamar, Dorothy Lamour et la beauté adolescente qui n'est pas encore une femme, incarnée dans les films par des actrices adolescentes comme Debbie Reynolds et Sandra Dee5. Les deux se combinent, pourrait-on dire, dans Marilyn Monroe dont le côté enfantin rappelle les stars adolescentes et le sex-appeal la femme voluptueuse.

     

     

    Ainsi le pouvoir de séduction de l'adolescente s'affirme au cinéma et, d'une certaine façon, avec la poupée Barbie. Ses activités au début sont caractéristiques de celles des teenagers : elle fait du baby-sitting, elle va danser… Certes Barbie évolue dans le temps : étudiante dans les années 1970, elle fait carrière dans les années 1980. Mais elle pratique le sport et elle suit toujours la mode, celle-ci étant, en quelque sorte, le fil conducteur de son évolution. Néanmoins, jusqu'à une époque très récente, Barbie est restée fidèle à l'idéal féminin des années 1950, à l'écart de toute activité professionnelle.

     

     

    Les années 1950 sont aussi celles où le baby boom permet à l'industrie du jouet de se développer de façon extraordinaire et de contribuer à la culture de masse : or, la poupée Barbie sera un des produits emblématiques de cette culture6. Tous les récits sur la création de Barbie colportent l'idée que la poupée est née dans la tête de la femme du fondateur de Mattel en voyant jouer sa fille Barbara. Mais elle est aussi présentée comme le produit du génie inventif des Américains, car on souligne toujours les noms des designers (hommes) américains qui l'ont dessinée, Jack Ryan, selon la documentation Mattel Californie, et Bill Barton, codesigner selon Newsweek7. La réalité est un peu différente : Barbie est née d'une copie d'une poupée allemande, Lilli, créée au début des années 1950 et présentée à la foire de Munich8. S'il n'y a aucune trace de ce fait dans la documentation fournie par Mattel Californie, ni dans les journaux, curieusement la documentation officielle de Mattel France y fait référence.

     

    Poupées BARBIE

     

    Le couple Handler qui reprend l'affaire après le départ de l'associé Mattson est décrit en ces termes : « Elliot le créatif et Ruth la commerciale ; le couple impose rapidement Mattel comme fabricant de jouets réputé aux États-Unis, mais aussi à l'étranger, tandis que Ruth parcourt en effet l'Europe à la recherche d'idées et de contrats. L'histoire raconte que c'est lors d'un voyage en Allemagne qu'elle découvrit en 1955 un personnage de bande dessinée très populaire : Lilli. Et Lilli, conçue au départ comme un personnage pour le quotidien allemand Bild Zeitung, devint une poupée pour adultes »9. Le conte de fées n'est pas abandonné pour autant : « Plus tard, en voyant jouer sa fille avec des figurines de carton qu'elle habillait, Ruth aurait eu l'idée de créer une poupée en trois dimensions dans laquelle la petite fille pourrait se projeter : une poupée mannequin avec de vrais vêtements et de vrais accessoires.

     

    Le célèbre concepteur Jack Ryan eut ensuite le privilège de la façonner et de lui créer son inimitable silhouette fine et élancée qui fit son succès » (document Mattel France, Barbie, Histoire d'une star). C'est ce que reconnaît enfin l'ouvrage de Billy Boy, Barbie,Her Life and Times (1987)10.

    Ce qui est intéressant ici, c'est le va-et-vient entre l'Europe et l'Amérique. La culture de masse a souvent puisé ses idées en Europe, mais le produit a dû être adopté par les États-Unis pour être ensuite diffusé dans le monde entier11. Soulignons également le contraste avec le XIXe siècle, époque à laquelle les poupées européennes faisaient voyager les modes vers les États-Unis. Au XXe siècle, la poupée Barbie fait voyager le prêt-à-porter américain vers l'Europe.

     

    Barbie une marchandise, un jouet en évolution constante

    Au début des années 1990, la firme Mattel, qui produit la poupée Barbie, est un des plus gros fabricants de jouets du monde. Son siège se trouve à El Segundo en Californie du sud. Elle emploie 15 000 personnes, possède 24 filiales et 8 usines dans le monde (dont une en Italie). Son service « Design and Development » compte 200 personnes. C'est Jill Barad qui a fait la carrière de Barbie après avoir elle-même fait carrière dans les produits de beauté.

     

    La poupée Barbie a d'abord été fabriquée aux États-Unis et au Japon ; et plus tard dans divers pays d'Asie du sud-est : Malaisie12, Philippines, Formose, Corée, République Populaire de Chine, Indonésie, Hongkong et Mexique. À en croire un récit paru récemment dans Mondo Barbie, à l'époque où les poupées étaient fabriquées en Californie, la visite de l'usine était un divertissement proposé aux enfants en vacances13.

    La firme Mattel avait un chiffre d'affaires global de 1,6 milliards de dollars en 1991, les ventes de la poupée représentant environ 1 milliard. Selon Le Figaro du 5 mars 1993, le chiffre d'affaires de Mattel a augmenté de 17% en 1992 par rapport à 1991 et les bénéfices ont augmenté de 31%. Source essentielle de revenus, la poupée Barbie se vend dans plus de 100 pays. La firme a des formes de commercialisation adaptées à chaque nation, l'exemple de Mattel France pourrait être exploré pour illustrer les caractéristiques de ce marketing « nationalisé ».

     

     

     

    Mattel déclare avoir vendu 650 millions de poupées dans le monde depuis 1959. En 1963, la firme en avait vendu 5 millions aux États-Unis, en 1988, 20 millions, en 1989, 30 millions et 50 millions dans le monde14. En 1983, Newsweek estimait à 20 millions le nombre de vêtements de poupées vendus dans l'année. Tous les records ont été battus en France avec 3,5 millions de poupées vendues en 1992 (dont 600 000 Barbie « ultra-chevelure », un des derniers modèles aux cheveux très longs). Toujours en France, on aurait vendu en 1992 trois millions de tenues, quatre millions de paires de chaussures et 150 000 sacs à main15.

     

    C'est que les petites filles se les arrachent, ces poupées, si l'on en croit les chiffres fournis par Mattel et la presse : les petites Américaines en posséderaient sept en moyenne, les petites Françaises âgées de 3 à 11 ans deux, les Italiennes trois, les Allemandes trois. « Celles qui n'en ont aucune sont minoritaires : 14% en France, 2% en Allemagne Fédérale, 3% aux États-Unis, 4% en Italie »16.

    Outre la vente de Barbie, Mattel passe des contrats de partenariat avec divers groupes, le groupe Disney, par exemple. La stratégie commerciale de la firme, c'est aussi de pousser au maximum la vente des accessoires de Barbie et d'établir des accords avec des fabricants de vêtements (en particulier les vêtements de nuit d'enfants). Mattel a passé contrat avec la firme Aviva, spécialiste de chaussures d'enfants et avec Benneton ( joint venture)17.

     

     

     

    Il est des collectionneurs qui possèdent 5000, et jusqu'à 11 000 poupées Barbie. D'où l'impression d'une multiplicité de modèles. En réalité, il y a une poupée de base, qui a subi quelques modifications depuis sa naissance, mais qui est restée fondamentalement la même. Selon la documentation Mattel France, « Barbie avait la silhouette idéale dans l'optique de la culture occidentale : jambes élancées, longs bras, taille fine, long cou… la beauté à l'état pur ». Cette beauté est anatomiquement improbable : les mensurations de Barbie (d'une grandeur de 29 cm à l'origine) en font un prodige ou un monstre de la nature…, sa poitrine proéminente étant hors mesure par rapport au reste18.

      Poupées BARBIE

     

    L'âge de Barbie est indéterminable ­ à la fois adolescente supposée et adulte proclamée, sexuellement typée mais anatomiquement incorrecte ­ pour ne rien dire de Ken, son compagnon. Plusieurs « générations » de Barbie se sont succédées entre 1959 et 1971. Les tout premiers modèles étaient soit bruns soit blonds, mais très rapidement la poupée blonde s'est imposée.

    À voir le nombre de modèles mis sur le marché (trente par an environ ces derniers temps), on ne peut s'empêcher de penser aux changements des modèles de voiture. L'obsolescence aurait-elle aussi un sens quand on parle de poupées ? Malgré la nouveauté sans cesse proclamée, la poupée reste identique. Les changements sont mineurs mais significatifs. Ils tiennent aux cheveux, à la taille, à la couleur, et surtout aux costumes. Il est vrai que la morphologie de Barbie s'est un peu modifiée.

     

    Poupées BARBIE

     

    Dans les deux années qui ont suivi sa naissance son visage s'est adouci, ses sourcils sont devenus moins accentués19. En 1963, Barbie a encore changé de visage grâce à des perruques interchangeables. En 1967, elle a pris un visage plus souriant, un regard plus droit, des cheveux longs et son buste pivote. Grande innovation cette année-là : les anciennes poupées peuvent être échangées contre les nouvelles ; moyennant quoi, celles-ci ne coûtent qu'un dollar cinquante au lieu de trois dollars (1,2 millions de “vieilles” poupées auraient été rendues en un mois). Ce qui fait dire à Alvin Toffler que l'on apprend ainsi très tôt aux petites filles que les objets de consommation sont faits pour être renouvelés. Nous sommes bien à l'ère du jetable20.

     

    Poupées BARBIE

     

    En 1971, dans la série dite « Malibu », Barbie et Ken (né en 1961) apparaîtront bronzés. En 1973, Ken, à son tour, change de visage : il a des cheveux plus longs, une barbe, des moustaches et des pattes. Barbie a les traits de Super-Star Barbie. À la fin des années 1970, une Barbie « géante » de 45 cm est mise sur le marché, mais c'est la Barbie de 29 cm qui continue d'être la plus vendue. Dans ces années-là, Barbie ressemble de plus en plus à un photo-model, reflétant l'extraordinaire succès de l'industrie de la mode et l'influence des magazines de mode comme Seventeen, lancé dans les années 196021.

     

    Poupées BARBIE

    Au même moment les mannequins deviennent des vedettes et la photo de mode est de plus en plus sophistiquée. Les magazines de mode propagent le concept de beautiful people, en s'inspirant de célébrités (comme Jacqueline Kennedy) qui par leur richesse et leur goût sont l'objet de reportages innombrables dans les magazines. Seront d'ailleurs incluses dans les nouveaux modèles Barbie des vedettes de la télévision, sans oublier Miss America.

    Poupées BARBIE

     

    Dans les années récentes, le renouvellement des modèles s'accélère. En 1992, Mattel crée une Barbie “mannequin” justement, de la taille d'un enfant « My Size Barbie »22. Elle est présentée comme « la première poupée Barbie avec laquelle les petites filles peuvent échanger des vêtements ». Son prix, 100 dollars, ne la met pas à portée de toutes les bourses, mais, en même temps, sont mises sur le marché deux Barbie spéciales : « The Empress Bride », d'une valeur de 250 dollars, en crinoline de tulle rose et une diva miniature « Neptune's Fantasy » pour 170 dollars. L'une et l'autre parlent, ce qui nous amène à dire que les modifications morphologiques sont peut-être moins flagrantes que les changements techniques.

    Poupées BARBIE

     

    Au départ, complètement rigide, la poupée Barbie a acquis, par la suite, une certaine souplesse. En 1964, elle sait plier ses genoux, ses yeux s'ouvrent et se ferment. À partir de 1965, toutes les poupées de la famille ont des jambes articulées. En 1967, son buste pivote. L'année suivante, Barbie se met à parler. Au début des années 1970, une nouvelle amélioration technique permet d'articuler les mains et les pouces, puis vient une poupée (Kelley) dont on peut friser et laver les cheveux. En 1975, on crée la « Growing Up Skipper » qui a la capacité de grandir : grâce à un système de rotation de ses bras, elle s'allonge et sa poitrine se développe.

     

      Poupées BARBIE

     

    Cette poupée provoqua de vives réactions chez les féministes et fut retirée du marché deux ans plus tard23. La même année, grâce à une autre amélioration (une pression dorsale), des poupées dites « olympiques » pourront faire des gestes. En 1979, Barbie envoie des baisers et fait un mouvement du bras si l'on appuie sur son dos. Et elle peut se maquiller grâce à un petit tube de rouge à lèvres. En 1986 la firme Mattel a même mis sur le marché des poupées qui ont toutes un handicap24.

    Poupées BARBIE

     

    On sait que l'activité langagière de Barbie a été récemment perfectionnée. La Teen Talk Barbie prononce quatre phrases sélectionnées parmi 270 phrases programmables. Une des phrases choisies « le cours de maths est duraille » a provoqué un tollé chez les féministes de l'Association des femmes universitaires (AAUW) et de l'Association des professeurs de mathématiques (National Council of Teachers of Mathematics)25. Or, les phrases choisies étaient, paraît-il, le produit d'un sondage qui avait permis de savoir ce que les enfants souhaitaient entendre. Autre innovation de 1992 : la Barbie sirène qui chante sous l'eau et dont la chevelure change de couleur dans l'eau glacée et « Miss Make Up », laquelle change de teint, sans parler de la « Totally Hair Barbie » dont nous avons vu qu'elle faisait des ravages sur le marché français.

     

      Poupées BARBIE

    Jusqu'en 1990, la seule poupée que l'on voyait dans la publicité écrite et télévisée avait un teint clair et des yeux bleus26. Ce n'est qu'à partir de cette date que Mattel, conscient de l'importance du marché « ethnique » a inséré les poupées « ethniques » dans sa publicité. Car si le modèle qui se vend le plus reste le modèle « occidental », en 1967, Mattel a mis sur le marché une poupée noire, Francie, à laquelle sont venus s'ajouter par la suite Marina, l'Asiatique, Teresa, l'Hispanique et Christie et Steven, le couple de noirs. Tout comme l'Asiatique ou l'Hispanique, la Noire n'était qu'une version en couleur peu typée de la poupée Barbie. Compte tenu de la volonté de certains groupes d'affirmer leur identité ethnique, Mattel a lancé en octobre 1991 une nouvelle série de poupées noires Shani plus typées.

     

     

    Commentaire d'une responsable de chez Mattel : « La Barbie noire a été bien accueillie, mais elle n'était pas considérée “ethniquement correcte” ». Les poupées Shani ont un visage dont les traits ressemblent davantage au type africain-américain : « la firme espère que cela l'aidera à conquérir une plus grande part du marché »27. C'est l'argument décisif comme le montre l'exemple du Japon. Moba Barbie, la poupée que Mattel avait fabriquée spécialement pour le marché japonais en 1983, était conforme « à l'idée que l'on avait de ce que le consommateur japonais voulait à l'époque » ­ « une poupée aux traits aimables, aux yeux de biche, avec un nez retroussé, de douces lèvres et l'apparence d'une petite fille ». Le Japon était le seul pays où la poupée Barbie déviait par rapport à la norme. Mais tests et enquêtes ont récemment prouvé que « le marché japonais est prêt pour une version plus sophistiquée de la poupée car l'attitude des Japonais à l'égard des biens de consommation occidentaux a changé. » On trouve désormais sur le marché une poupée plus occidentalisée.

     

    Poupées BARBIE

    Mattel a produit un certain nombre de poupées qui, dans la publicité, dans les journaux des Fans de Barbie sont présentées comme faisant partie de sa « famille » et de ses amis. Successivement sont apparus Ken, le petit ami de Barbie (1961), Midge, la meilleure amie de Barbie (1963), Skipper, la petite sœur et Allan, l'ami de Ken (1964), Skooter et Ricky, amies de Skipper (1965), Francie, la cousine « moderne » de Barbie, Tutti et Todd, petite sœur et petit frère de Barbie et Skipper (1966). Puis, de nouveaux amis Casey (1967), Stacey, qui est anglais et Christie, noire, font leur apparition en 1968.

    Poupées BARBIE

     

    Poupées BARBIE

     

     

    Poupées BARBIE

     

    Le cercle s'élargit dans les années 1970, puis se rétrécit par la suite. Parallèlement aux membres de la « famille » apparaissent des vedettes de télévision (1972). Selon la formule citée dans Le XXe siècle des femmes, « la seule Française `Barbifiée' sera Chantal Goya (1990) »28.

     

    Poupées BARBIE

     

    Dans les années 1980, à côté des poupées « ethniques » Mattel lancera la collection des Barbie internationales : ­ on aurait dit jadis folkloriques ­ Italienne, Parisienne, Anglaise, Esquimaude, Hindoue…

     

    Poupées BARBIE

     

     

    Poupées BARBIE

     

    Poupées BARBIE

     

     

    Poupées BARBIE

     

     

    Poupées BARBIE

     

    Poupées BARBIE

     

     

    La naissance de la poupée Barbie s'est accompagnée de la création d'un univers, peuplé d'autres poupées et surtout d'objets, d'accessoires, d'équipements de toutes sortes, allant des patins à roulettes à l'ordinateur en passant par le hulla hoop, la boîte à maquillage, les yachts, les « maisons de rêve »... La présentation de Barbie est une « mise en situation », constamment renouvelée, qui préfigure les « installations » de l'art contemporain.

     

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    Avec la venue de Barbie, on a vu également surgir le Club des amies de Barbie (et, dit-on même, des Barbie Block clubs de quartier…). En 1963, le courrier de Barbie, selon Newsweek, atteignait 10 000 lettres par semaine aux États-Unis29. Quinze personnes de la firme Mattel étaient chargées de faire fonctionner le club qui publiait un magazine Barbie auquel 100 000 petites filles étaient abonnées (et comprenait environ 500 000 membres dans le monde).

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    En 1982, Mattel France a fondé un club qui, paraît-il, a remporté un vif succès. En France, Barbie enverrait en moyenne par an une dizaine de messages personnalisés à chaque membre. Le plus important reste cependant les histoires de Barbie que raconte le magazine et les jeux qu'il propose. Selon un article du Nouvel Observateur qui, visiblement, utilisait la documentation maison, 300 000 petites Françaises adhèrent au Club où arrivent 50 à 100 lettres par jour. Des responsables soulignent l'efficacité « implacable » du Club : « Notre but est d'utiliser cet outil formidable qu'est le courrier personnalisé pour fidéliser notre clientèle de petites filles, 300 000 au départ. Et le parrainage permet d'en toucher de nouvelles. Nous avons là une cible privilégiée pour présenter nos produits »30.

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    Depuis des années, la poupée Barbie est devenue une star de la télévision31. Des émissions publicitaires (dont certaines durent 30 minutes) mettent en scène diverses histoires dont Barbie est l'héroïne et qui présentent les innombrables costumes, objets, animaux favoris qui peuplent son univers. Films, vidéocassettes et compact-disques font de Barbie un personnage vedette et créent une « culture Barbie » qui inspire les jeux des enfants.

     

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    Le modèle Barbie

    Mattel s'est toujours efforcé de doter Barbie des attributs d'une personne humaine. Ainsi le discours publicitaire présente-t-il la « biographie » de Barbie. Son curriculum vitae est jalonné d'activités professionnelles successives : baby-sitter, pilote, docteur, rock star… Mais, dans cette « biographie », on appréciera tout particulièrement le passage suivant : « En 1967 alors que les États-Unis se débattaient dans les problèmes de l'intégration raciale, Barbie prit une décision audacieuse. Un an avant le Président Johnson et la loi sur les droits civiques, elle devint la première poupée à avoir une amie noire, Francie. L'année suivante, Mattel introduisit Christie, une autre amie noire avec des traits racialement corrects »32. On s'étonne de ne pas voir Francie et Christie participer aux manifestations du mouvement noir et de ne pas trouver, dans les mises en scène présentées par Mattel, la prison de Birmingham et la marche de Selma.

    Dans un genre plus futile, rappelons qu'on célèbre constamment les anniversaires de Barbie. Ceux-ci sont autant d'« événements » qui la font exister aux yeux du public. Un des derniers, relaté par la presse : l'ambassade américaine de Londres a donné une Barbie birthday party le 9 mars 1993, jour supposé de la naissance de Barbie, sous les auspices de Mattel U.K., party à laquelle avaient été conviés trente petites filles et un petit garçon dûment sélectionnés par un concours33.

     

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    Autre élément d'« humanisation » : la famille. Et pas seulement celle que constituent les autres poupées désignées comme ses frères et sœurs, mais sa famille d'origine. Car la poupée orpheline a quand même des parents. Dans la légende sur la création de la poupée, Barbie, Ken et Skipper sont identifiés aux enfants des fondateurs de la firme Mattel dont ils ont reçu les noms. En toute occasion, on cherche à identifier Barbie à une personne : récemment, on l'a comparée à la responsable de la promotion chez Mattel. Enfin, Barbie ou Ken existent aussi par la controverse. Mattel a produit un modèle de Ken qui porte un costume et une boucle d'oreille pouvant suggérer qu'il est homosexuel.

     

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    Aussitôt la presse s'enflamme. Un article de New York Newsday fait réagir diverses personnes : une mère anonyme, la directrice des relations publiques de Mattel, un vendeur, un designer de pendentifs pour les gays, un coiffeur de stars et un spécialiste de vêtements pour hommes donnent leur avis et font exister Ken en tant que personne34. Vu le succès de Barbie, divers fabricants ont tenté de la copier. Mais, ironie de l'histoire, puisque Barbie est elle-même la copie de la poupée allemande Lilli, Mattel a éliminé à coup de procès ses concurrentes en accusant leurs fabricants de plagiat. Mais là encore, la concurrence est toujours présentée en termes personnalisés et non en termes de business35.

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    Ce qui a peut-être contribué à donner à Barbie le statut d'une personne ce sont les réactions qu'elle a suscitées chez les psychologues, les éducateurs et les médecins. Ils lui ont attribué un pouvoir, une influence que l'on associerait davantage à une personne réelle qu'à un morceau de plastique de 29 cm. Cela était surtout vrai dans les années qui ont suivi l'apparition de Barbie. Témoin ce médecin : « Pendant un colloque de l'École de médecine de l'université de Californie sur les adolescents, le Docteur Alan F. Leveton, chef du service de thérapie familiale de l'Hôpital Mt Zion, a affirmé que des problèmes suscités par Barbie harcelaient les médecins »36.

     

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    Pychologues et médecins ont accusé Barbie de rendre anorexiques les petites filles désireuses de lui ressembler… Au début des années 1980, un des co-designers de Barbie se demandait si la poupée n'était pas plutôt « une malédiction qu'une bénédiction » en constatant que « Barbie est devenue une obsession chez les petites filles »37. Récemment un journal français présentait un cas extrême d'identification : la légende de la photo d'une jeune fille parue dans L'Humanité du 18 février 1993 nous apprenait que « cette jeune personne est passée 18 fois en quatre ans sur le billard des chirurgiens esthétiques pour pouvoir ressembler trait pour trait à son idéal de beauté féminine : la poupée Barbie ». Apparemment de la poupée femme à la femme-poupée il n'y a que quelques points de suture.

     

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    Des éducateurs ont jugé inquiétant le fait que « cette adolescente en formation précipite des mouflettes dans le monde des soutiens-gorge, des gaines, des robes de soirée et des mariages d'adolescents »38. Une enquête Mattel montre qu'à la fin des années 1960 l'âge moyen des petites filles qui jouent à la poupée Barbie était tombé de 10 ans à 6 ans. Il semble qu'aujourd'hui la poupée a le plus de succès auprès de petites filles de plus en plus jeunes, entre 4 et 10 ans.

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    La popularité de Barbie soulève la question : qu'est-ce qu'être une petite fille dans la société américaine ? Y a-t-il même encore des petites filles dans une telle société ? Dès les années 1960 certains en doutaient. Pour un journaliste, il était clair que « Barbie, Ken et 3 poupées de son entourage ont été conçues pour les petites filles qui détestent être petites »39. N'était-ce pas d'ailleurs une poupée dont la garde-robe et l'habitation luxueuse visaient à satisfaire les fantasmes des mères ?

     

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    Ces réactions soulèvent la question de savoir si Barbie incite les petites filles à devenir prématurément des adolescentes voire des adultes et en suscitent une autre : Barbie a-t-elle une influence ­ et laquelle ­ sur ces petites filles ? Une idée très répandue ­ parmi des groupes, par ailleurs en désaccord ­ semble bien être que Barbie est un modèle et l'on retrouve ici le thème, cher aux sciences sociales américaines, du role model. Cette notion renvoie à une idée très « personnalisée » de la construction de l'individualité : vous deviendrez ce que d'autres personnes ont été avant vous en les imitant dans le rôle social qu'elles assument. Outre le fait que la notion de rôle pose problème, une telle vision de la construction de l'individualité ne tient pas compte de l'ensemble complexe des réalités sociales et personnelles et ramène tout à une sorte de calque d'un modèle.

     

     

    Sur la question de savoir quelle sorte de modèle est Barbie les avis divergent. Selon la documentation de Mattel France, la « force de la poupée Barbie » est d'incarner « l'idéal physique et moral de l'Amérique et de la culture occidentale ». Un des slogans de Mattel dans les années 1960 ne disait-il pas « des jouets qui façonnent le caractère »40. Tout récemment, pour défendre et valoriser sa créature, Mattel a trouvé les mots-clés : « S'il est vrai que Barbie est très soucieuse de la mode, elle a aussi été un modèle très positif ­ à beaucoup d'égards un leader »41.

     

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    De leur côté, les critiques des années 1960 ont souligné que le contenu du « rôle » était défini par la firme Mattel. Les féministes des années 1960-1970 ont, pour leur part, insisté particulièrement sur le rôle de consommatrice et sur l'image de la sexualité féminine. À leurs yeux, Barbie incarne d'abord les fantasmes de la consommation qui caractérisent la société des années 1950, et plus généralement de la société contemporaine

     

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    Plus encore que les bonnes manières, Barbie apprend aux enfants qu'il faut se consacrer à la poursuite du bonheur à travers l'acquisition de biens matériels qui sont socialement connotés. L'évangile de Barbie c'est la « consommation ostentatoire » réactualisée : il importe de s'entourer de tous les signes extérieurs de richesse pour prendre du bon temps ( fun, le mot à la mode dans les années 1990), de soigner les apparences et de suivre toutes les modes. Car avant tout, c'est par le vêtement que l'on devient quelqu'un (et surtout quelqu'une) et que l'on est « popular », concept fondamental de la vie sociale des années 1950.

     

     

     

    Du coup, la multitude des amis dont Barbie s'est entourée prend un relief spécial. Selon l'analyse de David Riesman dans The Lonely Crowd ( La Foule solitaire) dans les années 1950, les Américains sont devenus avant tout des consommateurs dont le statut social est déterminé, non seulement par ce qu'ils peuvent acheter, mais aussi par le degré de conformité de leur goût à celui de leurs pairs en matière de consommation. Le goût se juge à la capacité d'évaluer la popularité d'un objet avant tout parce qu'il plaît aux autres. Si l'on reprend la suggestion de Riesman sur la socialisation du goût, on peut dire que Barbie invite donc les enfants à se conformer aux modes et à croire que chaque type d'activité exige une tenue particulière. Alors que les produits de masse sont sensiblement les mêmes, Barbie apprend aux enfants à faire des distinctions ayant une valeur sociale.

     

     

    Ainsi les vêtements de la poupée Barbie sont de trois types, qui correspondent à un « un style économique, un style de prix moyen, un style couture ». Jouer avec Barbie, c'est faire l'apprentissage de la consommation en tant qu'activité principale. N'est-il pas significatif, sous ce rapport, que, de 1959 à 1964, Mattel a produit une tenue de suburban shopper ?

     

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    On doit souligner par ailleurs que tous les accessoires produits par Mattel dans les années 1960 sont liés à des activités de loisir. Dans les années 1970, Barbie est allée à l'université ( college) et Marilyn F. Motz fait remarquer que son « campus » se réduisait alors à une chambre dans une résidence universitaire, un soda shop (avec une cabine téléphonique), un stade de football et un cinéma en plein air ( drive in). Mais la consommation va de pair avec le loisir (également ostentatoire)42. L'univers de Barbie est peuplé d'objets et de nombreux amis, jusqu'à cinquante-deux selon un collectionneur. En 1950, David Riesman décrivait ainsi la sociabilité dans la société de consommation : « [...] réussir devient presque l'équivalent de se faire des amis, ou en tout cas les amis qu'il faut ».

     

    Lorsque la popularité ou l'acceptation par ses pairs devient le but principal de la vie, alors « les gens et les amitiés sont considérés comme le plus grand des biens de consommation : le groupe de ses pairs est lui-même un objet de consommation ». Pour Marilyn Motz, la création de Barbie et de ses amis permettait aux enfants de s'acheter « un groupe de semblables », « littéralement de “collectionner des amis” ».

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    On se demande si, avec le personnage de Ken, Barbie ne montrait pas à quel point peut en arriver l'instrumentalisation des rapports humains. Tous les commentaires ­ qu'ils soient favorables comme ceux de Mattel du style : « Barbie, une femme sexy, désinvolte, anti-conventionnelle, mais pure » et « Barbie l'adolescente idéale, sexy, mais innocente » ou critiques43 ­ disent clairement qu'entre eux il ne se passe jamais rien que la morale réprouve.

     

     

     

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    Dès lors le personnage de Ken n'est rien d'autre qu'un accessoire de plus. Le message de Barbie serait donc en fin de compte, comme le dit Marilyn Motz, « soyez riche, soyez belle, ayez la cote et surtout amusez-vous », et rien de plus. Mais ce message n'est pas déchiffré de la même façon par tout le monde. Aujourd'hui, certaines féministes défendent la poupée Barbie en alléguant qu'elle a eu un rôle positif. Signe des temps et de l'évolution du féminisme, nous apprenons que des « Barbie fans » seraient d'avis que « en particulier dans les premières années de Barbie, elle représentait un contrepoids libérateur à l'image omniprésente de la femme véritable esclave de toutes les corvées ménagères »44.

     

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    Ainsi vont les commentaires du moment, mais nous en disent-ils plus sur l'influence réelle de la poupée ? Tout cela n'est peut-être que fantasmes car comment savoir quel usage les enfants font des poupées et les effets qu'elles ont sur leur vie d'adultes ? La façon dont les enfants jouent avec la poupée Barbie obéit-elle aux scénarios de la firme Mattel ?45 aux propositions de jeu du Journal de Barbie ? Il est difficile de répondre à cette question et la réponse est sans doute ambiguë. Nos enquêtes et celles menées par d'autres nous font penser que les packaged stories (histoires programmées) de Barbie ont pu orienter les jeux, mais que les enfants peuvent aussi donner libre cours à leur imagination.

     

     

     

    Si n'importe quel objet peut devenir un jouet, n'importe quel jouet peut également être détourné de son usage. Il y a des petites filles qui, même lorsque leur poupée était un bébé, jouaient à la transformer en jeune fille. La poupée permet de se construire toutes sortes de vies, toutes sortes de personnages. Le problème de la poupée Barbie, c'est que le packaging, l'univers fabriqué autour de Barbie, la pression de la publicité écrite et audiovisuelle incarnent des valeurs et des modèles véhiculés par toutes sortes d'autres moyens, et qui sont omniprésents dans la société. L'anthologie de Mondo Barbie suggère qu'il existe d'innombrables formes d'usage et de détournements d'usage de la poupée Barbie. Espérons donc qu'il reste encore un coin de l'imaginaire enfantin qui ne soit pas Matellisé.

     

     

    On ne peut qu'admirer les qualités commerciales de Mattel, l'ingéniosité de son marketing, son sens des relations publiques et du coup médiatique, son astuce dans la présentation de Barbie comme une personne, sans oublier sa capacité à récupérer toutes les modes, y compris les plus récentes et en apparence les plus avancées. Nul doute que Barbie ait l'art de « humer » l'air du temps46. Mais tout cela suffit-il à expliquer la longévité de Barbie et son caractère emblématique ?

     

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    Poupée médiatique et planétaire, Barbie a acquis une signification sociale à travers les objets, les vêtements, tout l'univers de pacotille qui l'entoure et elle est devenue une héroïne populaire à travers les scénarios programmés par Mattel. Ainsi pour vendre et faire consommer les enfants il faut raconter des histoires, des contes de fées modernes. Mattel ce n'est pas seulement un fabricant de jouets mais un raconteur d'histoires à l'échelle mondiale. Ce n'est pas Big Brother mais Big Mother.

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    Dans les années récentes, la poupée Barbie s'est mise à occuper une place particulière dans la société. Pourquoi a-t-elle une présence si forte qu'on puisse proposer dans un journal de parapsychologie de mettre les lecteurs en rapport avec son esprit pour la somme de trois dollars ( San Francisco Chronicle, 3 avril 1993) ?

    Pourquoi suscite-t-elle des passions si dévorantes47, des formes d'identification aussi poussées ? Pourquoi l'Amérique est-elle à ce point fascinée par cette poupée qu'elle en fait une personne ?

    Cela nous dit quelque chose sur tout un monde dans lequel la personne humaine se plastifie.

     

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    Le triomphe du marketing de Mattel c'est le triomphe du simulacre. L'univers de celluloïd avait produit la star, l'univers du plastique a produit la poupée Barbie. Il est significatif que les conseillers en marketing nous expliquent que la poupée Barbie remplace les « partenaires absents », le frère et la sœur qui n'ont pas été conçus, la mère qui n'est plus au foyer. En somme nous vivons de plus en plus dans un univers de substitution.

     

     

    J'ai commencé en disant que l'apparition de Barbie avait marqué une rupture dans les pratiques sociales et la socialisation des petites filles. Il s'agissait d'une révolution dans le concept de l'enfance : elle tendait à faire disparaître celle-ci en précipitant les enfants dans un monde d'adultes et en les voyant essentiellement comme de futurs acheteurs, comme une clientèle potentielle à fidéliser. Mais la « révolution » Barbie c'est aussi celle de toute une société qui distingue de moins en moins le faux semblant de la réalité. Née dans les années 1950 et triomphante dans les années 1980, la poupée Barbie n'est qu'une forme de plus du produit d'un imaginaire social que minent les confusions entre le réel et les simulacres de toutes sortes.

     

     

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    1992, Small Worlds : Children and Adolescents in America 1850-1950, Lawrence, University Press of Kansas.

    Notes

    1 François Theimer 1985. Voir également la revue Polichinelle publiée dans les années 1980 ; mémoire de maîtrise de Nathalie Batté : 1987.
    2 Sur le jeu de la poupée, voir Jeanne Danos 1966 ; Roger Caillois 1967 ; Gilles Brougère 1992 ; Emission « Le téléphone sonne », France-Inter : 9 déc. 1992.
    3 Titre de l'ouvrage de Betty Friedan (1963) traduit sous le titre français de La Femme mystifiée, Paris, Denoël-Gonthier, 1964.
    4 Marilyn Ferris Motz, in Christopher D. Geist and Jack Nachbar (eds.) 1983 : 123.
    5 Lois Banner 1983 : 283-284.
    6 Gil Asakawa and Leland Rucker 1992 : 6-7 ; Elliott West and Paula Petrick (eds.) 1992 : 83-84.
    7 Newsweek, 12 sept. 1983, p. 10.
    8 Voir François Theimer 1985 et Polichinelle, n° 26, avril 1987, p. 15.
    9 Documentation Mattel, p. 3. Soulignons que l'article de Polichinelle dit : « Ruth la femme d'Elliott se joint à eux et prend en charge la création » (souligné par nous).
    10 Voir également G. Asakawa and L. Rucker 1992 : 41.
    11 L'article cité de Polichinelle indique : « En Europe Barbie fut d'abord introduite en Allemagne, en 1964, où Mattel créa sa première filiale ».
    12 En 1989, on fabriquait les vêtements de Barbie dans ce pays : Doug Stewart 1989 : 81.
    13 Voir Kathryn Harrison, in Lucinda Ebersole and Richard Peabody (eds.) 1993 : 44-45.
    14 Newsweek, 20 février 1989 ; Working Woman, mai 1990, p. 91.
    15 Documentation Mattel France, p. 7. Barbie aurait un grand succès en Russie si elle n'était pas si chère. Eleanor Randolph 1992.
    16 Montreynaud 1989 : 454 ; voir également Business Week, 8 juin 1992 ; Jill Barad in New York Times, 22 juin 1992 ; The European, 22 février 1991.
    17 Barbie est aussi une « marque qui peut faire vendre », « Mattel Fashions Boutiques » , 1er juin 1991. Les principales licences françaises de Barbie sont Les Trois Suisses : vêtements, prêt-à-porter et literie ; Edito Agenda Barbie ; Panini/France Images : albums de collection et vignettes, VICI (DIC 2) bicyclettes ; Belin : biscuits ; Editions Hema : livres d'enfants etc. ( Documentation Mattel France).
    18 Motz 1983 : 128-129 ; sur les collectionneurs, voir François Theimer 1985, Nidi Nkagbu, « In Love with a Shapely Piece of Plastic », The Independent, 23 oct. 1991 ; Carol Masciola, « Stolen, 5000 Barbies, unplayed with », International Herald Tribune, 15 oct. 1992.
    19 Selon la documentation Mattel France, « le visage de Barbie est travaillé par un sculpteur telle une œuvre d'art. Tous les 7 ans environ, le visage de Barbie est redessiné selon les tendances actuelles ».
    20 Tofler 1970 : 47-48.
    21« Barbie's Birthday », The New Yorker, 56, 26 mai 1980, p. 30.
    22 Mary Talbot, « Honey, They Blew Up Barbie », Newsweek, 3 août 1992, p. 57 ; Lori Moody, « Mattel's Material Girl is the Pink », Globe and Mail (Canada), 19 décembre 1992.
    23 Jane Leavy ,» Is There a Barbie Doll in Your Past », MS, septembre 1979, p. 102.
    24 Doris Wlikinson, « The Doll Exhibit : A Psycho-Cultural Analysis of Black Female Role Stereotypes », Journal of Popular Culture, 21, Automne 1987, p. 27.
    25« Barbie attaquée pour anti-féminisme », Quotidien de Paris, 3-4 octobre 1992 ; « Math No Longer Tough for Non-Sexist Barbie », International Herald Tribune, 21 octobre 1992.
    26« Finally Barbie Doll Ads Go Ethnic », Newsweek,13 août 1990, p. 40.
    27 June S. Bryant, « More Dolls of Color », Black Enterprise, décembre 1991, p. 10.
    28 Montreynaud 1992 : 454.
    29 Newsweek, 25 novembre 1963 ; Life, 23 août 1963.
    30 Philippe Gavi et Isabelle Lefort, « Barbie guest star du marketing », Le Nouvel Observateur, 19-25 janvier 1989, p. 59.
    31 Pour célébrer le 30e anniversaire de la poupée, Mattel France a mis en scène le simulacre d'une célèbre émission : « Champs Elysées ». Pour les effets de la publicité télévisée sur le jouet, voir Brougère 1992.
    32 Introduction à Forever Barbie, A Postcard Book, 1991.
    33 Anika Savill, The Independent, 10 mars 1993 ; en 1986 cela avait lieu au Lincoln Center avec un portrait de Barbie peint par Andy Warhol.
    34 Frank De Caro, « Barbie, Ken est-il toujours un beau mec hétéro ? », New York Newsday, traduit dans Courrier International, 1er avril 1993.
    35« Volley ot the Dolls », People's Weekly, 9 septembre 1991, p. 95.
    36« The Barbie Doll Set », The Nation, 24 août 1994, p. 407. Voir ausi Dr Leveton, Ramparts, avril 1965, p. 29.
    37 Newsweek, 12 septembre 1993, p. 10.
    38 Fred Hechinger cité dans The Nation, 24 août 1964, p. 407.
    39 Donovan Bess, Ramparts, avril 1965, p. 26.
    40 Donovan Bess 1965 : 28.
    41 Introduction à Forever Barbie, A Postcard Book, 1991.
    42 Motz 1983 : 129-165.
    43 Documentation Mattel France, pp. 19-20.
    44 Helen Cordes, « What a Doll ! Barbie : Materialistic Bimbo or Feminist Trailblazer ? », Utne Reader, mars-avril 1992, p. 46-50.
    45 On peut se poser la question de l'usage qu'en font les adultes : collection, utilisation pour des tableaux vivants érotico-artistiques : Erica Rand, 1995. Pour les enfants, Nathalie Batté 1987 et Autrement 1992 : 30-31.
    46 On ne s'étonnera pas d'apprendre que Barbie est sur Internet ! In These Times, 15 mai 1995.
    47 Carol Masciolz, « Stolen : 5000 Barbies Unplayed With », International Herald Tribune, 15 octobre 1992, p. 8 ; sur les collectionneurs, Lord : 1994.

    Pour citer cet article

    Marianne DEBOUZY, « La poupée Barbie », Clio, numéro 4-1996, Le temps des jeunes filles, [En ligne], mis en ligne le 01 janvier 2005. URL : http://clio.revues.org/index446.html. Consulté le 26 octobre 2011
     
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    BEBE JULLIEN

    DE LA MAISON JULLIEN Jne

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE MASCOTTE

     

    1891/1899

    UTILISE PAR LA MAISON

    JUMEAU

    TETE GRAVEE EN CREUX

    MASCOTTE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE RABERY & DELPHIEU

     

    BEBE DE PARIS

    EN 1885

     

    GRAVE EN CREUX

     

    R.D

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE DE LA MAISON

    PINTEL ET GODCHAUX

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE DE LA MAISON

     

    SCHMITT

     

    DEBUT EN 1877

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LA PARTICULARITE DU CORPS

    DU BEBE SCHMITT

    EST D'AVOIR LES FESSE PLATES

    CE QUI PERMETTAIT

    D'ASSEOIR LE BEBE CORRECTEMENT

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE DE LA MAISON

    STEINER

     

     

     

     

     

    MODELE DE TETE

    MOULE C

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    TETE MOULE C

    BOUCHE OUVERTE

     

     

     

    SYSTEME CRIEUR

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    YEUX BASCULANTS

     

     

     

    SYSTEME DE

     

    TIRAGE POUR BEBE CRIEUR

     

     

     

     

     

     

    BEBE STEINER

    APPELE

    BEBE REQUIN

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE STEINER

    MECANIQUE

    GIGOTTEUR

     

     

     

     

    LE BEBE AGITE

    LES BRAS ET LES JAMBES

     

     

     

     

     

     

     

     

    2 BEAUX BEBES

    CELUI DE GAUCHE EST UN BEBE STEINER FIG C

     

    CELUI DE DROITE EST UN BEBE JUMEAU E.J. 9

     

     

     

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    BEBE JUMEAU

    PREMIERE EPOQUE

    1877/1878

    DITE

    PORTRAIT

    OU ALMOND EYES

    AUX U.S.A.

     

     

     

     

    LES YEUX IMMENCES A RAYONS

    EN EMAIL

    LUI CONFERE UNE ATTRACTION

    FASCINANTE

     

     

     

     

     

    LE MONTAGE NE ME SEMBLE PAS D'ORIGINE

    LE BOUDIN A RESSORT

    EST UTILISE UN PEU PLUS TARD !!

    LES PREMIERES EPOQUE

    SONT MONTEES AVEC UN PETIT BILLOT DE BOIS

     

     

     

     

    CORPS TOUT EN BOIS

    AVEC BOULES D'ARTICULATIONS

    RARE MODE LE DE CORPS

    POUR BEBE JUMEAU

    DE LUXE

     

     

     

     

     

     

     

    AUTRES MODELES

    DE BEBE JUMEAU

    PORTRAIT OU

    DE LUXE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    RARE JUMEAU MOULE E.J.A.

     

     

     

     

     

     

     

    MOULE CARRIER BELLEUSE

    DITE JUMEAU TRISTE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    PREMIER BEBE JUMEAU

    1881

    DE LA SERIE DES E.J.

    CELUI -CI EST GRAVE EN CREUX

     

    10

    E.J.

     

     

     

     

     

     

    BEAU VISAGE TRES DOUX

    TRES DELICATEMENT PEINT

    BISCUIT D'UNE EXTREME QUALITE

     

     

     

     

     

    OREILLES MOULEES

    & RAPPORTEES

    CALOTE DE PEAU

    ENCORE PRESENTE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    VETEMENTS D'ORIGINE

    PART

    ERNESTINE JUMEAU

     

     

     

     

     

     

    CORPS EN COMPOSITION

    A

    8

    BOULES D'ARTICULATION

    MAINS FIXES

    NOTEZ QUE CE MODELE

    A DE LONGUES MAINS

     

     

     

     

    MONTAGE D'ORIGINE

    BISCUIT PRESSE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE JUMEAU

    DEUXIEME PERIODE

     

    LE MARQUAGE CHANGE

    LE NUMERO DE LA TAILLE EST ENCADRE

    DES LETTRES

     

    E.10.J

     

     

     

     

    TOUJOURS LE CORPS A

    8

    BOULES D'ARTICULATION

    MAINS FIXES

     

     

     

    TROISIEME PEDIODE

    DES BEBES E.J.

    LA MARQUE EST COMPLETEE PAR LA NOTIFICATION

    DU BREVET DE DEPOS

     

    DEPOSE

    E.8.J

     

     

     

     

    LE CORPS NE CHANGE PAS

    TOUJOURS

    8

    BOULES D'ARTICLATION

    MAINS NON ARTICULEES

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE JUMEAU

    AVEC

    LA MARQUE

    EN CREUX

    DEPOSE JUMEAU

    CE MODELE N'A EXISTE

    QUE DEUX ANS

    DE 1885 à 1887

    D'ABORD EN BISCUIT PRESSE

    PUIS EN BISCUIT COULE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE JUMEAU

    A

    LA DECALCOMANIE

    1887

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE JUMEAU

    AVEC TAMPON

    TETE JUMEAU

     

    ICI

    MODELE A BOUCHE OUVERTE

     

     

     

    MOULE JUMEAU 1907

     

    DE LA S.F.B.J

     

     

     

     

     

     

     

     

    TETE EN BISCUIT COULE

    CORPS COMPOSITION

    A BOULES INCORPOREES

    MAINS ARTICULEES

     

     

     

     

     

    VOIR LA SUITE

     

     

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    BEBE DE LA MAISON

    ANATOLE DANEL

    1889 à 1892

     

    SOUS LA MARQUE

     

    PARIS BEBE

    CORPS SIGNE DE LA TOUR EFFEL

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE DE LA MAISON

     

    ETIENNE DENAMUR

     

    1889 à 1898

     

    Il est à signaler que cette maison racheta la

    rare marque BAYEUX-MOTHEREAU

    à M. DACRE en 1889

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE DE LA MAISON

     

    EMILE DOUILLET

     

    ASSOCIE A LOUIS JUMEAU

     

    DE 1891 à 1899

     

    les têtes sont signées

    E.D.

    et comportent les signes distinctifs de la maison JUMEAU

     

    NE PAS CONFONDRE AVEC E.D. DE LA MAISON DENAMUR

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE DE LA MAISON

     

    FRANCOIS GAULTIER

     

    première période

    1860 à 1881

     

    SIGNATURES

     

    F.G ( encadrant un chiffre )

    au bord de la calotte

    biscuit presse

     

    PUIS Fres GAULTIER

    1881 à 1889

     

    FG ( dans un cartouche )

    biscuit coulé

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    AUTRE MODELE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE MONTE SUR UN CORPS EN JERSEY

    DE LA MAISON GESLAND

     

     

     

     

     

     

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    BRU Jne

    ( période Léon Casimir bru )

     

     

     

     

    LES SIGNATURES POUR LES BEBES

     

    BRU ( période Léon Casimir BRU ) - 1879 à 1883

     

    BRU Jne ( période Henri CHEVROT ) - 1883 à 1890

     

    BRU Jne R ( période Paul GIRARD ) - 1891 à 1899

     

     

     

    BEBE BREVETE

     

    PREMIERE EPOQUE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    RARISSIME BEBE BRU MODELE

     

    REMARQUEZ LE CORPS TOUT EN BOIS

     

    ARTICULE Y COMPRIS AUX CHEVILLES

     

     

     

     

     

     

    BEBE TETEUR

     

    PREMIERE PERIODE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    CE BEBE BRU TETEUR

    AURA LE CORPS CHEVROT

    PUIS UN CORPS EN BOIS ARTICULE

    POUR LA PERIODE S.F.B.J. 1899 à 1905

    sa tête en biscuit pressé finement peinte dans les premières périodes

    deviendra biscuit coulé et le maquillage moins fin

     

     

     

    REMARQUEZ QUE LA POIRE EN CAOUTCHOUC

    A DISPARU DESSECHEE PAR LE TEMPS

     

     

     

     

     

     

    MARQUAGE DIT CIRCLE AND DOT

     

    EN FAIT EST LE MOULE DU BEBE TETEUR

    UTILISE POUR CERTAINS BEBES

    DONT ONT N'A PAS OUVERT LE BOUCHE

    ET PAS INSTALLE LE SYSTEME DU BEBE TETEUR

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    UN RARE MODELE A TETE CARACTERISEE

     

    DEUX FACES PIVOTANTES

     

    BRU Jne

     

    premiere époque

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE BRU Jne

     

    période HENRI CHEVROT

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BEBE BRU Jne R

     

    DE LA PERIODE

     

    ( période Paul GIRARD ) - 1891 à 1899

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    REMARQUEZ LE CORPS COUPE

     

    AU NIVEAU DU BUSTE

     

    POUR LE SYSTEME DE VOIX

     

    AU MOYEN DU CORDON

     

    AINSI QUE LE SYSTEME DANS LE BRAS

     

    CE QUI PERMET A LA POUPEE

     

    D'ENVOYER DES BAISERS

     

     

     

     

     

     

     

    VOIR

    AUTRES

    MARQUES

    PAGE SUIVANTE

     

     

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    UN DES FLEURONS

    DE LA CATEGORIE

    DES

    BEBES

    le bébé par rapport

    à la dénomination des poupées

    est la différence entre l'apparence de l'objet

    une poupée ressemble à une femme en miniature

    un bébé à l'apparence d'un petit enfant

    d'ou la différence de dénomitation

    ici il est question de voir en détail

    le

    BEBE SCHMITT

     

    La maison Schmitt

    crée des bébés entre

    1877 & 1889

     

    signe ses bébée d'un monogramme

    SCH

    dans un blason

    le corps en composition

    à la particularité d'avoir

    les fesses plates sous lequel se trouve

    le blason

    (deux marteaux entrecroisés)

    la qualité du biscuit

    est particulièrement fine

    *******

    ici il est question d'un bébé

    de taille 1

     

    ******

     

    cote d'après le livre de MR Theimer

    petit modèle

    5/9000€

    grand modèle

    10/16000€

     

     

     

     

     

      

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Le petit monde de la poupées PARISIENNE possède aussi son environnement,

    mobilier, dînettes, ce qui fait de ces poupées un charmant habitat en miniature,

    voici quelques exemples de ces petits trésors

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    EXPOSITION A L'HÔTEL HILTON

    DURANT UNE VENTE

    ORGANISEE PAR

    MAITRES LOMBRAM-TEUCQUAM

    ET MR. FRANCOIS THEIMER EXPERT

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    EXPOSITION HOTEL HILTON

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ADORABLE PETITE COMMODE ANCIENNE

    EN BOIS PEINT

    ADMIREZ LA FINESSE DU TRAVAIL...!!

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ETIQUETTE DU MAGASIN "AUX TROIS QUARTIERS"

    à l'intérieur d'un des tiroirs

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Sources ! MERVEILLEUX BLOG de TANAGRA

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    Indispensables les accessoires de poupées parisiennes font partie intégrantes du trousseau...

    ces accessoires particulièrements rafinés, donnent vie à ces demoiselles d'époques 1860 à 1880

    et faisaient le ravissement des enfants....

     

     

     

     

     

    Petit sac de voyage pour la toilette

     

     

     

     

     

     

     


     

     

     

     

    Besicles pliantes

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Chateleine

     

     

     

    Très beau sac à main

     

     

     

     

     

     

    Autre sac de voyage pour la toilette

     

     

     

     

     

     

    Petite pochette porte monaie

     

     

     

    Petit sac métalique

     

     

     

     

     

     

    Autre style de besicles

     

     

     

     

     

    Corde à sauter

     

     

     

     

     

    Montre de col

     

     

     

     

     

    Parure de corail sur présentoir

     

     

     

     

     

    Paire de gants de cuir

     

     

     

     

     

    Jolies manchons en plumes

     

     

     

     

     

    Petite paire de jumelles factices

     

     

     

     

    Album Photos

     

     

     

     

     

    Ecran ou chasse mouches

     

     

     

     

    Belle Ombrelle manche bois

     

     

     

    Carton à Chapeau

     

     

     

    Belle montre de col

     

     

     

    Ombrelle manche ivoire

     

     

     

    Bouquetière de col

     

     

     

    Paires de gants cuir

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Petit flacon de sels

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Bel album photos miniatures

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Célèbre paire de chaussures faites par le Bottier THIERRY

    pour la maison HURET

     

     

     

    C.C. Pour Charles CHAPENTIER

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Petit sac réalisé d'après la Poupée Modèle

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    RARE PAIRE DE JARRETIERES

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    RARE OMBRELLE DITE FORME PAGODE

     

     

     

     

     

    A suivre : L'environnement de la poupée ( Petits meubles )

      

    sources : merveilleux blog de TANAGRA

    http://polichinelle.vefblog.net/cat3/

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    LES DINETTES OU MENAGERES

    DE POUPEES

    AINSI QUE LES COFFRETS TOILETTE

    OU DE CHAPEAUX

    ****

    TRES RAFINEES

    SOUVENT EN PORCELAINE

    OU EN FAIENCE

    ELLES ACCOMPAGNENT

    LE MONDE DES PETITES FILLES

    NOS GANDS MERES AVAIENT BIEN DE LA CHANCE

    LOSQUE L'ON VOIT

    LE RAFINEMENT DE CES OBJETS

    VOICI ICI QUELQUES EXEMPLES

     

     

     

     

    DINNETTE C . B . G .



     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    DINNETTE DE SAINT CLEMENT

    AVEC RARE MOTIF

    " AUX INSECTES "

    ce motif à été créé par GALLE Père

     

     

     

     

     

     

     

     

    TRES ANCIENNE DINNETTE

    époque 1881

    PORCELAINE DE PARIS

    de toute petite taille

    pour poupées PARISIENNES

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    DINNETTE DE LUNEVILLE

     

     

     

     

     

     

     

     

    DINNETTE JAPONISANTE

     

     

     

     

     

     

     

     

    RARISSIME PETIT PANIER OSIER OVALE

    COMPLET AVEC DINNETTE

    EN OPALINE

    ET PETITES CASSEROLES EN ARGENT

    époque NAPOLEON III

    ( à noter le fond des casseroles ont été faites

    avec des pièces de monaie représentant

    Napoléon III )

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    BELLE TOILETTE

    EN PORCELAINE DE PARIS

    PEINTE MAIN

     

     

     

     

     

    TRES PETIT MODELE DE TOILETTE

    EN PORCELAINE DE PARIS

    POUR PARISIENNE

    JE PENSE NAPOLEON III

     

     

     

     

    BEAU COFFRET DE LA MODISTE TRES COMPLET

     

     

    AUTRE MODELE DE MODISTE EN COFFRET

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Robes-Dessous-Chaussures-Chapeaux
     
     
     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Une Bonne Fée vient à passer par là , elle m'a laissée de magnifiques photos d'un superbe trousseau

    pour cette fabuleuse poupée Parisienne HURET à mon sens la reine des poupées de

    par la qualité des vêtements et des accessoires...

    Quelle chance pour cette heureuse propriétaire, je dois avouer que je l'envie quelque peu...

    pas vous ?

     

     

     

     

    Voici donc le fabuleux trousseau

     

     

     

     

     

     

     

    Voici Melle Renée

     

     

     

     

    Robe légère de plumetis

    et châle de soie bleu

     

     

     

     

     

     

     

    Petite robe simple de coton

    col manches et bas du corsage

    à basques

     

     

     

     

     

    adorable robe à pois rouges

    ornée de croquet de même couleur

     

     

     

     

     

    Tenue plus stricte

    robe de soie noire

    et mantelet

    de velours de soie

    orné de passementerie bleu

     

     

     

     

    Autre petite robe en soierie rayée

     

     

     

     

    Petit ensemble léger de promenades

    campagnardes

    à petits carreaux

     

     

     

     

     

     

    Beau manteau de voyage

    en ratine ou drap

    admirez les accessoires !!

     

     

     

     

     

     

     

    MANTEAU D'ETE

    FINEMENT BRODE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Très frais petit ensemble

    blanc agrémenté

    d'un galon coloré

     

     

     

     

     

     

    Robe simple

    en soie bleu

    et pois blancs

    assorti d'un magnifique châle

    en cachemire

     

     

     

    Toujours les petites manches ballons

     

     

     

     

    Le top du top

    robe blanche

    brodée de soutache

    ton sur ton

     

     

     

     

     

     

    Une multitude de dessous fins et

    sophistiqués

     

     

     

     

    Nous passons aux accessoires

    de ce si joli

    trousseau

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La Malle pour contenir

    ce merveilleux

    trousseau

     

     

     

     

     

     

     

    AUTRE MODELE DE POUPEE HURET

    DE LA PERIODE H. LEMOINE

    1880

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    N'hésitez pas à me contacter

    pour tous renseignements

    et pour mes objets

    disponibles

     

     

     

    Merci de votre visite

    laissez moi vos commentaires

    un encouragement fait toujours plaisir

     
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  • LES ROBES DE PROMENADE

     

     

     

     

    QUELQUES EXEMPLES DE ROBES DE PROMENADES

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • LES ROBES DE MARIEE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    DETAILS DE LA ROBE

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    A SUIVRE LES ROBES DE BAL
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  • LES ROBES DE POUPEES PARISIENNES

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LES VETEMENTS DE POUPEES PARISIENNES

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    LES ROBES

     

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    Selon l'époque comme pour la mode des adultes les poupées suivent les tendences,

    elles était confectionnées avec grand soin, soit par les lingères des maisons bourgeoises, soit

    proposées dans divers magasins Parisiens.

    une revue très connue des collectionneurs " LA POUPEE MODELE" donnait régulièrement des conseils

    et des patrons souvent accompagné du tissus pour réaliser des tenues pour ces charmantes petites demoiselles.

    le plus belles toilettes étant proposé dans les magasins spécialisés ainsi que divers accessoires

    tous réalisé par des artisnats de grands talents selon leur spécialité

    le bottier - le malletier - le gantier - le chapelier - le fabriquant d'ombrelles - et jusqu'aux mouchoirs et lingerie fine - il y eu également de ravissants accessoires miniatures jeux de société - livres - etc...

    sans oublier le mobilier tout aussi rafiné.


    je vous propose de voir quelques unes des robes réalisées par des fabriquants spécialisés pour nos petites princesse de 1860 à 1885.

    bon voyage dans le monde du rafinement