• Mode à la Française XVIIIè siècle

     

     

    Mode à la Française XVIIIè siècle

    Les robes portées sur des grands paniers comme celle que je fais sont des robes de cour et typiques de la première moitié du 18ème siècle.



    Les robes à très grands paniers sont le plus souvent réservées aux familles royales (notamment pour les mariages), comme ce modèle conservé au Victoria & Albert Museum.
    Marie-Antoinette en porte une semblable lors de son mariage. Cette robe a d'ailleurs été reproduite pour le film de Sofia Coppola.

      

    Mode à la Française XVIIIè siècle

     

    Pendant la plus grande partie du XVIIIème siècle, la mode pour les femmes fut aux robes flottantes.
    La robe à la française qui dérive de la robe battante (une robe de chambre du baroque) ou robe à paniers est un costume de femme très en vogue à cette époque.

      

    Elles avaient des jupes amplement drapés par-dessus des paniers. La silhouette des femmes qui les portaient semblait une grande cloche avec une très petite taille et de larges hanches. La plupart des robes étaient à taille basse, en pointe. Sous chaque robe les femmes mettaient un corps baleiné et des jupons. Les corsets étaient essentiels pour obtenir une petite taille et pour maintenir la forme des corsages, et les jupons aidaient à soutenir les paniers sous les jupes. Des plis Watteau couvraient les dos des manteaux et une traîne complétait ces robes élégantes.

    La robe à la française

    Évoluant à partir de la robe de chambre informelle (contouche, puis robe battante) dans les années 1730, la robe à la française garde un air confortable grâce aux plis de Watteau (nommés d’après le peintre qui aimait fort représenter ces plis). La silhouette elle-même cependant redevient de plus en plus juste : Deux baleines cachées sous les plis de Watteau rendent ceci possible. Le corps baleiné du baroque (porté sur une chemise pour le protéger de la sueur) reste à la mode et module la silhouette féminine en forme de cône. Ainsi il produit aussi le décolleté typique de l’époque du Rococo. Un jupon baleiné qui s’appelle panier, forme une silhouette qui s’étend à droite et gauche mais reste plate devant et dernière.

    Un jupon en tissu raide ou froncé porté en dessus cache les baleines du panier. La robe est fermée sur une pièce d’estomac richement décorée par de la dentelle, de la broderie ou par une échelle de ruban bouclé qu’on épingle sur le corps baleiné. Elle reste d’abord fermée (cousue ou nouée de rubans) descendant dès la taille. Les manches finissent encore en manchettes larges à la hauteur du coude, ne couvrant les engageantes (un à trois volants de dentelle ou de gaze, accrochés aux manches de la chemise) qu’en partie.

    Anciennement désignée sous le terme saque en France, elle est aussi appelée contouche en allemand, andrienne en italien, sack backed gown en anglais.

    Les fameux plis Watteau

    Plis Watteau, détail de l'Enseigne de Gersaint (1720) Antoine Watteau.

    Les plis Watteau représentent l’ensemble des plis du dos qui caractérisent la robe à la française au XVIIIème siècle. Ce nom, donné par les historiens modernes, fut attribué à cette partie du vêtement en l’honneur de l’artiste Antoine Watteau véritable admirateur de la robe à la française et qui a réalisé de nombreuses œuvres la représentant. Son œuvre l’Enseigne de Gersaint nous offre notamment un excellent exemple de plis Watteau. Les contemporains se contentent cependant de les nommer plis.

    Le pet-en-l’air

    Le pet-en-l’air est une pièce du vêtement féminin du XVIIIème siècle (de 1750 à la fin des années 1770) qui se situe entre la veste et la robe à la française. Généralement tombant sur les hanches et pourvu de plis Watteau très amples et soumis au caprices du vent, il est communément admis que le nom paillard donnée à ce vêtement vient du fait que le vêtement s’arrête juste au niveau des fesses.

    « Il avait vaincu un préjugé : il avait fait recevoir sa femme en pet-en-l’air à la Cour. » Chateaubriand

    Dans les années 1750, le panier qui s’étend entre-temps à une largueur pouvant atteindre 2,50m (surtout pour les robes de la cour sous lesquelles il reste ainsi) se réduit aux paniers, qu’on porte à droite et gauche sur la taille. Les brocarts aux dessins grands et pleins de contraste si admirés rendent leur place aux couleurs moins voyantes. C’est seulement maintenant que la robe s’ouvre pour montrer le jupon qu’on décore richement de volants horizontaux. Les bords de la robe sont également décorés de volants et fleurs en soie. On remplace les manchettes par une à trois couches de volants en tissu de la robe. Dans les années 1760, un dessin de rayure vient à la mode.
    Avec l’influence de la mode anglaise, la robe à la française se modifient.

    Jeune femme accrochant au mur un cadre - Sanguine d'après Fragonard

      

    Les années 1770 marquent la fin de la robe à la française, elle sera remplacée par la robe à l’anglaise et la robe à la polonaise.
     

    Les plis Watteau, flottant à l’arrière de la robe en une sorte de manteau vont dès lors disparaître. Lorsque les françaises vont simplifier leur habillement et s’afficher dans des robes à l’anglaise, les plis du dos ne seront plus qu’un souvenir.

    Références :

    Madeleine Delpierre. Se vêtir au XVIIIème siècle, Adam Birot, Paris, 1996.
    Julie Allard. “Nous faisons chaque jour quelques pas vers le beau simple”: transformations de la mode française, 1770-1790. MA, Montréal, McGill Université, 2002.

      

    Baroque et Rococo

    La robe à plis Watteau est flottante, la jupe est si longue qu’il faut la relever souvent avec la main ou avec des épingles. Les La robe à plis Watteau est flottante, la jupe est si longue qu’il faut la relever souvent avec la main ou avec des épingles. Les plis partent des épaules pour aller se perdre dans l’ampleur de la jupe.plis partent des épaules pour aller se perdre dans l’ampleur de la jupe.

      

      

    "Le costume ajoute beaucoup à l'illusion du spectateur, et le comédien prend plus aisément le ton de son rôle "

    (Claire de la Tude Clairon)

    copie d'une robe "Watteau"

    Robe à la française ou "Watteau" - Encyclopédie Diderot et d'Alembert

     

    Manteau de lit avec manches en pagode - Encyclopédie Diderot et d'Alembert

      

      

      

    SOURCES : BLOG -

      

     

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