• Le PARFUM au MOYEN AGE

     

     

     cueillette plantes aromatiques Le Parfum a toujours joué un rôle important : l'étymologie du mot, du latin per-fumum signifiant "à travers la fumée", atteste de ses origines sacrées, comme médiateur entre les dieux et les hommes. A l'origine, les parfums ont donc une fonction religieuse. Ainsi les parfums ont traversé les siècles, tantôt mystiques ou médicaux puis esthétiques.

    A l’époque médiévale, la parfumerie connaît en Occident un recul certain. Depuis que Rome s’est écroulée, au Ve siècle après J.C., sous les coups des barbares, l’art du parfum s’est réfugié dans l’empire byzantin.

    De plus, à la suite des Pères de l’Eglise, l’usage profane des senteurs, symbole de la frivolité du monde païen, est condamné.

      

    Tout ce qui est conservé de cet art par les moines, du VIe au XIe siècle, ce sont essentiellement des techniques médicinales et pharmaceutiques. Dans leurs jardins, ils font pousser de la sauge, de la lavande, du thym, du romarin et de la valériane : les plantes servent à guérir, la parfumerie est inexistante et l'horticulture rudimentaire.

    Deux traités sur les plantes paraissent pendant cette période : en France, le De Viribus Herbarum (Du pouvoir des herbes) d'Odo de Meung, et en Allemagne le Causae et Curae (Causes et traitements), par l'abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179), qui fait l'éloge de la lavande.

     

    Herbes et boîtes à senteurs emplies d'épices s'intégraient dans le décor médiéval tandis que la pratique des bains parfumés se développait. Venues d'Orient, les nouvelles senteurs chaudes du musc, de l'ambre, du santal, du girofle et de la myrrhe s'ajoutaient aux parfums floraux (rose, jasmin, lavande et violette). Le Moyen Age prône largement la pratique des ablutions et du bain.

     

    Un nouvel objet apparait, le pomander qui est un pendentif porté par les nobles et les seigneurs du Moyen Âge. Le nom français est « pomme Pomandier sphérique de senteur », qui devrait donner le titre de cet article.

      

    La première mention de pomander, ou pomme d'ambre, désigne une pépite d'ambre enchâssée dans une boule de senteurs.

    On lui prêtait des vertus curatives mais aussi aphrodisiaques. Le premier pomander est cité en 1174 dans un texte décrivant le présent offert à l'Empereur Frédéric Barberousse par le roi Baudouin de Jérusalem.

      

    Il le remerciait ainsi de son aide dans la lutte contre les infidèles. A partir du XIVème siècle, le terme de « pomander » désigne l'objet où prend place la boule odorante. Il est constitué d'une petite cage sphérique s'ouvrant à l'équateur par une charnière et un ressort.

    Le parfum fait alors partie de l'hygiène et de la toilette. On croit même à ses vertus médicinales.

    Ce sont donc les herboristes et les apothicaires qui vendent épices et arômes. Mais c'est aux gantiers qu'est attribué le commerce du parfum puisqu'ils s'en servent quotidiennement pour assouplir et parfumer les peaux.

    Malgré l'interdiction de pouvoir s'appeler "parfumeur", ils finiront par pouvoir prendre le titre de "gantier-parfumeur". En 1190, le roi Philippe Auguste autorise l'existence d'une corporation de parfumeurs gantiers.

     

    Au XIIIe siècle, les parfums, sous forme de fumigation ou sous forme de vinaigre aromatisé, servent de désinfectants.

     

    Jasmin 

    En Europe, la première école de médecine ouvre ses portes à Montpellier en 1220. Le sol crayeux et le climat chaud de la Provence sont parfaits pour la culture de nombreuses plantes aromatiques et, pendant des siècles, Montpellier rivalise avec Grasse pour s'arroger le titre de ville de la parfumerie. Imaginons autour des deux villes des champs de lavande, d'œillets, de violettes, de jasmin et de roses…

    Coussins à la rose, pommes à senteurs (pommes piquées de nombreux clous de girofle, pommes qui donnèrent le nom de pommade), chapelets odorants et fourrures imprégnées participaient à l'atmosphère parfumée des demeures princières.

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    Découverte de l’alcool : Depuis l'invention du procédé de distillation des plantes à Alexandrie, au IIe siècle, les chimistes s'efforcent d'en affiner la technique.

    C'est chose faite en 1320, lorsque des artisans italiens font une découverte majeure concernant le procédé de la distillation.

      

    La première distillerie européenne est installée dans la ville de Modène, en Italie.

    Cette eau nouvelle qui brûle la bouche étonne suffisamment pour qu'elle reçoive les noms d'aqua mirabilis, eau merveilleuse, et d'aqua vitae, eau-de-vie.

    Il en va de même des premiers véritables parfums - teintures d'huile essentielle dans de l'alcool -, qui sont appelés “eaux”.

      Mais, au fur et à mesure que les croisés reviennent de leurs lointaines expéditions en Orient, ils en rapportent cosmétiques et senteurs (en particulier, l’eau de rose). On attribue aux Arabes, héritiers des connaissances antiques en la matière, un rôle déterminant dans l’évolution de la parfumerie grâce à la mise au point de l’alambic et du serpentin.

      

    Ces instruments permettent la distillation de l’alcool, technique qui ouvre la voie aux parfums modernes.

    C’est grâce à lui que le parfum s’exhale. L’Eau de la Reine de Hongrie qui fut créée en 1370 sera le premier grand parfum à base d’alcool. Il fut inventé pour la Reine Elisabeth de Pologne, reine de Hongrie, femme du roi Charles Robert de Hongrie.

    On dit, qu’elle lui fut offerte par un moine.

      

    Elle en fit un usage intensif tout au long de sa vie.

      

    La légende raconte que cette eau merveilleuse l’aida à conserver sa beauté et que c’est grâce à elle qu’elle fut demandée en mariage par le Prince de Pologne, alors qu’elle était âgée de 72 ans. On dit également que Louis 1er le Grand (le même donc) voulait rattacher la Pologne à son royaume de Hongrie. Il fut tellement charmé par la fragrance que portait la reine de Hongrie qu’il décida de céder sa couronne à cette dynastie si raffinée.

     

     

    Sauge Superbe

    Évidemment, tout cela est bien beau mais complètement faux. Oui, c’est assez décevant. La confusion est due au fait que lorsque son fils, Louis de Hongrie devint roi de Pologne, il nomma sa mère régente de Pologne.

    Quant à lettre dans laquelle la Reine de Hongrie raconte soi-disant cette histoire, il s’agit sans aucun doute d’un faux crée par un charlatan désireux de faire introduire son produit à la Cour et chez les grands.

      

      

    Et ça a été efficace puisqu’elle était utilisée à la Cour du roi Charles V dès le XIVe siècle. Elle l’est encore au XVIIe siècle à la Cour du roi Romarin Louis XIV et fut le parfum de Mme de Sévigné, de sa fille Mme de Grignan et de Mme de Maintenon qui la conseillait à ses pensionnaires de Saint-Cyr.

    A l’origine à base d’essence de romarin macéré dans de l’esprit de vin, l’Eau de la Reine de HONGRIE s’est enrichie plus tard d’essence de lavande, réputée pour son pouvoir apaisant, de bergamote, de jasmin, du cirse et de l’ambre (cette formule est toujours commercialisée par la Parfumerie Fragonard à Grasse).


     En 1379, un autre parfum se voit attribuer un nom, “L'Eau des Carmes”. Composé d'angélique, de mélisse et d'autres huiles herbeuses, elle est l'œuvre des carmélites de l'abbaye de Saint-Juste, en France.

     

    Très longtemps, les parfums à base d'alcool serviront à rafraîchir l'haleine, même si aujourd'hui la loi exige des parfumeurs qu'ils ajoutent une substance amère, comme le cassia, pour rendre l'alcool impropre à la consommation. La découverte des Amériques au XVe siècle va faire perdre à Venise sa position prépondérante. Les Portugais puis les Espagnols développent à leur tour le commerce des épices (vanille, cacao, tabac, cannelle...). Au XVIe siècle, les Hollandais, s'illustrent aussi dans ce domaine. A la différence de leurs prédécesseurs, cantonnés dans le seul commerce, ils surveillent la production sur place et améliore les méthodes agricoles.

     

    Les eaux de senteur se multiplient, dites simplement lorsqu'elles font intervenir un seul composant (eau de rose, de lavande, de fleur d'oranger) ou composées lorsqu'elles associent fleur et épices additionnées de musc et d'ambre. Outre leurs pouvoirs pharmaceutiques, elles contribuent à masquer les odeurs corporelles. Car si le Moyen Age accordait une grande place à l'hygiène, il en va tout autrement de la Renaissance, où l'eau est soupçonnée d'être vecteur de la peste et des miasmes.

     

    Les recherches sur la distillation se poursuivent et, en 1500, on parvient avec succès à extraire des huiles essentielles du pin, de l'encens, du cèdre et de l'iris des marais. Au cours des 40 ans qui vont suivre, viennent s'ajouter à cette liste l'agar-agar, le santal, l'anis, le genévrier, la cardamone, le fenouil et la noix de muscade.

     

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    Le    marchand d’encens. Miniature extraite du Tractabus de herbis de Dioscoride, manuscrit du XVe siècl

    (Bibliotheca    Estense Modène)

      

    On les trouve sous des formes très diverses. Poudres, lotions, sirops, boîtes de senteurs, "oiselets de chypre" (pâte parfumée moulée en forme d’oiseau), sont censés faire barrage à la pénétration de l’air putride. L’accessoire le plus sophistiqué de cette aromathérapie est sans doute la pomme d’ambre. D’origine orientale, c’est une boule en or ou en argent, souvent incrustée de perles et de pierres précieuses. Elle contient, comme son nom l’indique, de l’ambre, substance parfumée provenant des concrétions intestinales du cachalot. Mais la pomme d’ambre, en raison de son prix, est réservée aux rois, aux princes et aux plus fortunés. Les personnes de condition plus modeste se contentent de pommes de senteurs garnies d’ingrédients moins rares (aloès, camphre, basilic, menthe sèche), ou même d’une simple éponge imbibée de vinaigre.

     

     

    SOURCES _- BLOG - le FAISEUR de RIPAILLES-

    http://www.lefaiseurderipailles.fr/pages/les-soins-du-corps-au-moyen-age/le-parfum-au-moyen-age.html

     

      

     

     

     

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