• Le DERNIER BAL à la COUR des ROMANOV... 1903

     

     

     

     

     

     

     

     Le Bal de l'Ermitage de février 1903, dernier bal à la Cour des Romanov

      

      

    Il y a plus de cent ans, toute la bonne société russe est conviée au dernier grand bal de Cour donné au palais impérial de Saint-Pétersbourg, aujourd'hui Musée de l'Ermitage. En souvenir du temps des boyards, les invités sont tenus de porter des costumes de l'ancienne Russie.

    "Au cours de ma première saison dans le monde", relate la princesse Varvara Dolgorouky dans ses Souvenirs Au temps des Troïkas, "il y eut un bal en costumes anciens. Les invitations avaient été lancées longtemps à l’avance pour donner le temps de choisir et de préparer robes et habits. Ce fut un grand événement dans la vie de la société de Saint-Pétersbourg comme on n’en avait pas connu depuis très longtemps. On se mit à regarder les portraits de famille, à visiter les galeries de peintures, à étudier les gravures anciennes."

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    Le Palais d'hiver illuminé un soir de fête

      

    L’activité fut grande dans les ateliers des costumes de théâtre, chez les tailleurs et les modistes. On fit venir de Moscou des tissus d’or et d’argent, brocarts et somptueux velours vénitiens. Des personnes se rendaient exprès à Moscou pour visiter une exposition consacrée aux vêtements, joyaux et étoffes de la Russie antérieure au 17ème siècle. Les hommes, mêmes les généraux au visage grave et les austères hommes d’Etat, attachaient autant d’importance à leur physique que les femmes.

    kokoshnik4.jpg"Au bal, les robes, sans décolleté, étaient relevées par l’ancienne coiffure russe, le kokoshnik, en forme de grande auréole, richement brodé d’or et d’argent et serti de pierres précieuses et joyaux de famille, souvent pesamment broché d’or. Les cheveux des dames mariées étaient cachés, tandis que ceux des jeunes filles étaient ramassés en deux longues tresses parfois entrelacées de rubans et perles. Le talent, le goût, le style de la fameuse couturière moscovite Lamanova étaient extraordinaires. Elle était le génie russe de l’élégance. Nul ne l’égalait, pas même sans doute, les grandes maisons de couture françaises," s’exclame Varvara Dolgorouki.

    Les officiers des régiments de la Garde portaient des uniformes des régiments du 18ème siècle ou ceux de dignitaires de l’ancienne Cour de Moscou. "Les habits russes anciens faisaient revivre notre passé, au temps où les modes européennes ne s’étaient pas encore introduites en Russie," continue la princesse Dolgorouky. "L’Empereur avait grande allure en tsar de Moscou, vêtu de brocart écarlate, orné de fourrures et de joyaux. Il paraissait moins grand que son épouse, qui portait une tunique de drap d’or avec des broderies d’argent, et comme coiffure une sorte de mitre byzantine qui rehaussait encore sa taille."

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    Le tsar Nicolas II et son épouse en costume ancien.
    La robe de la tsarine est aujourd'hui conservée au musée de l'Ermitage.

      

    Le clou du bal fut une danse russe qui avait donné lieu à des répétitions préalables, exécutées par vingt-quatre couples conduits par un jeune lieutenant du régiment des Chevaliers-Gardes et la comtesse Nadia Tolstoï. Varvara Dolgorouky se retrouve parmi le groupe de jeunes filles, triées sur le volet.

    C’est la comtesse Betsy Chouvalov, maîtresse de maison incomparable et femme de grand goût, qui avait conçu l’idée de cette danse. Elle avait soigneusement choisi les exécutants parmi les plus gracieuses jeunes filles et les officiers des régiments de la Garde connus comme les danseurs les plus brillants des salons de Saint-Pétersbourg. "Je Avec son mari, le comte Félix Félixovitch Soumarokov-Elston, prince Youssoupov (1856-1928) en costume de boyard..jpgdois dire que notre apparition fit sensation, ce fut certainement un succès. La danse fut si bien exécutée qu’elle fut bissée sur le désir spécial de l’impératrice dont le visage, généralement grave, s’était éclairé d’un bienveillant sourire."

    A la demande du maître des cérémonies de la Cour, les invités furent priés de se faire photographier dans leur costume d’époque afin de laisser un souvenir de l'événement. L’imprimerie d’Etat édita ensuite un album, tiré à quelques centaines d’exemplaires. Aujourd’hui, maigre trésor emmené en émigration, quelle est la famille russe qui n’a pas dans un tiroir des photos sur carton jauni de parents ou grands-parents en costume d’inspiration byzantine, souvenirs d’un temps à jamais révolu ?

    Quelques jours plus tard, la fête fut reprise une deuxième fois au profit du corps diplomatique, dans une salle pluLa princesse Elisabeth Nikolaïevna Obolenskaïa en fille de boyard du XVIIe..jpgs grande du Palais d’Hiver. Tous les représentants des pays étrangers et leurs familles étaient invités : ainsi les filles des ambassadeurs des pays d’Europe occidentale eurent-elles l’occasion unique de danser avec des nobles russes des siècles passés …

    "Mais ce bal fut un glorieux chant du cygne," se souvient avec nostalgie la grande-duchesse Olga, soeur du tsar. "Un malheureux incident fut considéré comme un signe prémonitoire : le grand-duc Michel perdit, sans doute pendant une danse, un bijou de très grande valeur qu’il avait emprunté à sa mère pour le porter en aigrette sur sa cape de fourrure. Ce bijou avait appartenu au tsar Paul Ier et l’impératrice le portait très rarement. Nous fûmes tous au désespoir, car jamais on ne le retrouva ..."

    "Après avoir dansé toute la nuit, lorsque l’orchestre de la Garde joua la dernière mesure, aucun convive ne sentit le rideau tomber définitivement. Plus jamais des fleurs ornèrent aussi massivement les salons du Palais d’Hiver, plus aucune musique de danse ne se joua sous ses lambris magnifiquement peints. Les temps de grandeur étaient passés. Il n’y eut plus jamais de bal au Palais d’Hiver !"

     

    Nicolas van Outryve d'Ydewalle

      

      

    Illustrations : ci-dessus, le comte Félix Soumarokov-Elston (1856-1928) et son épouse, la princesse Zénaïde Youssoupov (1861-1939), parents du prince Félix Youssoupov, l'assassin de Raspoutine. - ci-contre, la princesse Elisabeth Nicolaïevna Obolensky en fille de boyard du 17è siècle. 

      

      

     

     

    sources : superbe blog...  

    http://meshistoiresdautrefois.hautetfort.com/archive/2012/01/22/le-bal-de-l-ermitage-de-fevrier-1903-dernier-bal-a-la-cour-d.html

      


    La cour de Russie était réputée pour sa magnificence. La fête bat son plein en ce 11 janvier 1903 dans la grande salle de bal du palais d’Hiver de Saint-Saint-Pétersbourg. Des milliers d’invités parmi les plus hauts dignitaires de la cour, dont le tsar Nicolas II et son épouse, Alexandra Feodorovna, dansent en costume traditionnel russe du XVIIème siècle.

    Ils commémorent le célèbre bal qui s’est tenu 20 ans plus tôt. Mais l’élite de l’aristocratie impériale ne sait pas qu’il s’agit du dernier bal costumé des Romanov. Bientôt viendront les troubles de 1905, la Première Guerre mondiale, la révolution bolchevique et la fin de la monarchie. Ce bal a marqué les esprits !
     

    L'album avec les photos du bal, commandé par l'impératrice Alexandra Feodorovna aux meilleurs photographes de Saint-Pétersbourg, y est surement pour beaucoup.



     

    Tous les participants portaient des costumes inspirés de l'époque du deuxième tsar de la dynastie Romanov, Alexis Mikhaïlovitch (XVIIe siècle). Des costumes d'avant la réforme vestimentaire imposée par Pierre le Grand qui décidément a "européanisé" son pays de tous les points de vue. D'ailleurs, lorsqu'on voit ces costumes, on comprend mieux son envie de changement ! Pour le bal, les ateliers spécialisés ont produit brocarts et velours vénitiens, tissus d'or et d'argent. Les joyaux, pierres, perles, dentelles, broderies anciennes ont été largement utilisés...

     

     




    Le Tsar Nicolas II dans le costume du Tsar Alexis Mikhaïlovitch.


    L'impératrice Alexandra Fédorovna, née princesse d’Hesse-Darmstadt. Elle porte un costume inspiré de celui de la Tsarine Marie Ilinitchna Miloslavskaïa.


    Le bal s'est déroulé en deux étapes: le 11 février a été organisée une "Soirée" avec concert, spectacle, dîner et bal. L'apogée de la fête, le bal costumé proprement dit, a eu lieu le 13. On écrit souvent que le bal avait lieu dans le palais d'Hiver, mais il faut y ajouter les autres palais adjacents: les "Ermitages" et le théâtre de l'Ermitage.


    Le grand-duc Michel Alexandrovitch le frère de Nicolas II. Il est alors héritier du trône (il le restera jusqu'à la naissance du fils de Nicolas II l'année suivante). C'est surement pour cette raison qu'il porte un costume de tsarévitch du XVIIe siècle


    Le musée de l'Ermitage possède une dizaine de ces costumes et quelques accessoires. Ils proviennent bien sûr des palais nationalisés après le coup d'Etat de 1917.


    La grande-duchesse Xénia Alexandrovna (1875-1960), la soeur de Nicolas II, en épouse de boyard (nom des anciens nobles).


    Avec son mari, le grand-duc Alexandre Mikhaïlovitch (1866-1933), en costume de fauconnier.


    La grande-duchesse Marie Pavlovna née princesse de Mecklembourg-Schwerin (1854-1920), la tante de Nicolas II. En épouse de boyard de la fin du XVIIe.


    Le fils de la précédente: le grand-duc Andreï Vladimirovitch (1879-1956), le cousin de Nicolas II, en habit de fauconnier.


    Le grand-duc Serge Alexandrovitch (1857 - assassiné 1905), l'oncle de Nicolas II, en habit princier du XVIIe.


    L'épouse du précédent (et soeur de l'impératrice): la grande-duchesse Elisabeth Fédorovna, née princesse de Hesse-Darmstadt (1864 - assassinée 1918). En habit princier.


    La grande-duchesse Marie Guéorguievna, née princesse de Grèce (1876-1940), en paysanne de la ville de Torjok du temps d'Alexis Mikhaïlovitch.


    Des représentants des plus grandes familles de l'aristocratie et de la noblesse étaient présents:


    Zénaïda Nikolaïevna Youssoupova (1861-1939) en femme de boyard. Excellente danseuse, la ravissante princesse a fait sensation à ce bal. Sa seule "concurrente" en danse était peut-être son amie, la grande-duchesse Elisabeth Fédorovna (voir plus haut).


    Avec son mari, le comte Félix Félixovitch Soumarokov-Elston, prince Youssoupov (1856-1928) en costume de boyard.


    Maria Nikolaïevna Lopoukhina en épouse de boyard.


    L'album avec les photos des participants a été publié en 1904. Il était principalement acheté par les participants eux-mêmes et l'argent était reversé à des oeuvres de bienfaisance. Il a été réédité pour le centenaire du bal, en 2003. Cette réédition fait partie du "fonds des cadeaux présidentiels" destiné à des personnalités russes et étrangères lors de diverses occasions et rencontres à haut niveau.


    La princesse Elisabeth Nikolaïevna Obolenskaïa en fille de boyard du XVIIe.


    La princesse Maria Pavlovna Tchavtchavadze, née Rodzianko (1876 ou 1877-1958) en épouse de boyard.


    La princesse Olimpiada Alexandrovna Bariatinskaïa porte un habit paysan.


    Le prince Konstantin Alexandrovitch Gortchakov (1841-1926) en boyard.


    La comtesse Varvara Vassilievna Moussina-Pouchkina en épouse de boyard.




    La princesse Nadejda Dmitrievna Bélosselskaïa-Bélozerskaïa (1847-1920) en épouse de Boyard


    Même des personnes qui n'affectionnaient pas tellement les festivités de la vie mondaine pétersbourgeoise étaient présentes. Par exemple, la princesse Eléna Konstantinovna Kotchoubeï, née princesse Bélosselskaïa-Bélozerskaïa (1869-1944), qui porte l'habit d'une noble polonaise de la Petite Russie.


    La comtesse Alexandra Dmitrievna Tolstoaïa, en épouse de Boyard


    La Princesse Elisabeth Nikolaïevna Obolenskaïa.

      

      

      

     

     

    « LES FANTOMES de TRIANONFEMMES du XIXè siècle »