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    accessoires indispensables sur unepetite robe noire, bleu marine, marron unie.

     

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    MODE des ANNEES 20

      

     

     

     

     

     

     

      

     

    Ida Lupino

     

      

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  • Le 24e Festival international de l'image institutionnelle et corporate du Creusot a décerné le 17 juin 2011 le Grand Prix Auguste Lumière au film « Be Linen » de la Confédération Européenne du Lin et du Chanvre (CELC Masters of Linen).

    « Be Linen », réalisé par Benoit Millot, produit par Goodideas, a été financé dans le cadre du programme européen pour la promotion de la culture et du travail du lin, fibre 100% européenne, programme auquel contribuent l’Union européenne et l’État français. Très «fleur bleue», Les Petites Mains se font volontiers le relais de ce beau film sur la filière textile de l’après-pétrole, qui montre des travailleurs hautement qualifiés, amoureux de leur métier.

     

    source : bmillotsur dailymotion [15 mn 33]

    Le lin, plus vieux textile du monde

     

    ▲Travaux dans les champs, tombe de Sennedjem, XIXe dynastie,
    règnes de Séthi Ier (1294-1279 av. J.-C) et de Ramsès II (1279-1213 av. J.-C)
    sur bubastis.be Sur la troisième bande, on peut voir la culture du lin.

     

    ▲à g. : Tombe de Neferrenpet : Neferrenpet et son épouse Moutemounia, XIXe dynastie,
    règnes de (1294-1279 av. J.-C) et de Ramsès II (1279-1213 av. J.-C) sur Passion égyptienne
    à dr. : Tunique en lin plissé, 2033-1710 av. J.-C, Musée du Louvre
    Pour conserver les plis des pagnes et des tuniques sans qu'ils ne se froissent, les Égyptiens trempaient
    les vêtements dans un liquide spécial et les laissaient sécher au soleil sur un moule à plis.

     

    ▲à g. : Serviette ou essuie-main, damas de Pérouse, XVe siècle
    Musée national du Moyen Âge - Thermes de Cluny, Paris sur Agence photographique de la RMN
    Ce type de linge en lin, originaire d’Italie, est utilisé au XVe siècle à la fois à usage ecclésiastique,
    comme revêtement d’autel et serviette de sacristie, et à usage domestique en linge de table.
    à dr. : La Cène, par Marco d'Oggiono, d’après Léonard de Vinci, XVIe siècle
    Musée du Louvre sur Agence photographique de la RMN

    Les origines du lin sont lointaines, les historiens les situent en Haute Asie, vers 8 000 ans avant J.C. Le lin se propage en Inde, en Chine et vers l´ouest en Égypte (le coton n’y est introduit qu’au Ve siècle), et bien plus tard en Europe. Des représentations datant de 5 000 ans av. J.C. montrent les cérémonies de la récolte et de la transformation du lin en Égypte : semage, fauchage, rouissage, teillage, etc. Dans la mythologie égyptienne, Isis crée le lin pour confectionner les vêtements mortuaires d’Osiris. À partir du lin, les Égyptiens confectionnent des vêtements, des tissus et bandages funéraires, des voiles, cordages et filets pour les bateaux. Les graines sont utilisées en alimentation.

    Les Hébreux perpétuent la tradition du lin en Israël. Dans la Génèse, Jacob offre une tunique de lin à son fils préféré Joseph le jour de ses 17 ans, qui va entraîner la jalousie de ses demi-frères, il sera vendu comme esclave en Égypte. Le Tabernacle hébreu est recouvert d’une grande toile de lin blanc et tendu de dix voiles de lin fin. Le Christianisme va reprendre cette symbolique : les autels sont recouverts de lin en souvenir du voile de lin dont s’est servi Sainte Véronique pour essuyer le visage du Christ.

    Le lin, symbole de pureté et d’hygiène

     

    ▲Momie de Nésy-Khonsou-pa-khéred, corps momifié ceint de bandelettes de lin,
    approx. entre 1085 et 730 av. J.-C,
    Museum d'Histoire Naturelle, Cherbourg sur Base Joconde

     

    Codex Vindobonensis, series nova 2644 : Les vêtements de lin,
    Tacuinum sanitatis (Tableau de santé), École italienne, 1370-1400
    Bibliothèque nationale d’Autriche, Vienne sur Agence photographique de la RMN

     

    ▲à g. : Portrait de femme, par Giovan Francesco Caroto, XVIe siècle
    Musée du Louvre sur Agence photographique de la RMN
    à dr. : Blouse en lin rebrodé de soie pour femme, XVIe siècle
    The Metropolitan Museum of Art, New York

    La résistance de la tige du lin aux intempéries, la qualité quasi imputrescible de sa fibre épargnée par la vermine, et la couleur d´un blanc éclatant que l´on obtient du lin blanchi sont sans doute à l’origine de la symbolique de pureté divine que confèrent les Égyptiens au lin. Hérode observe que les Égyptiens « ne font pas entrer la laine à l’intérieur des lieux sacrés », ils n'en portent qu'en cas de froid. Même les perruques des femmes sont souvent faites de fils de lin teints et tressés. La toile de lin est le matériau des bandes qui enveloppent les momies, c’est aussi celui des vêtements de culte des prêtres.

    Grecs et Romains adoptent le lin. Dans les Métamorphoses d’Ovide, la déesse Isis est dénommée « dea linigera » [déesse du lin] ; les « linigeri » sont les prêtres du culte d’Isis dans la Rome antique, origine qui aboutira au mot « linge ». C’est grâce aux Phéniciens qui l’achètent en Égypte pour le revendre que le lin arrive en Irlande, en Angleterre et en Bretagne.

    Au XIe siècle on redécouvre au lin des vertus hygiéniques. On s’aperçoit que son utilisation favorise la guérison des lésions de la peau, notamment la lèpre. À la Renaissance, dans les classe favorisées, se développe avec la notion d’hygiène un mode de vie plus raffiné. On donne plus d’importance à son linge et à sa toilette – le mot dérive de « thieulette », un lin léger utilisé pour confectionner les draps et les chemises.

    La culture et l’artisanat du lin en France et en Europe

     

    ▲Tapisserie de Bayeux : à la bataille d’Hastings, le 14 octobre 1066,
    Guillaume le Conquérant défait son compétiteur Harold, les Anglais fuient devant les Normands.
    toile de lin brodée, XIe siècle, sur Wikimedia Commons

     

    ▲Mois grotesques ou arabesques, le mois de novembre, Diane (détail),
    tapisserie de la Manufacture des Gobelins d’après Romano Giulio, 1687-1688
    Musée national du château de Pau sur Agence photographique de la RMN
    Après l’arrachage et le rouissage (pourrissage et séchage au soleil) du lin, ce détail montre
    le teillage du lin : le broyage casse et écrase les tiges pour séparer le bois des fibres,
    puis le battage nettoie les fibres longues (filasses) des déchets de bois (anas)
    et des fibres courtes (étoupes). La filasse sera transformée en fil.
    On voit ici la braye, on utilise aussi pour le teillage la planche à pesseler et les peignes.
    Dans la seconde moitié du XIXe siècle, cette étape est mécanisée dans des moulins à teillage.

    Des textes, notamment ceux, très précis et détaillés de Pline l’Ancien (Ier siècle av. J.-C), attestent de la culture du lin en Gaule, mais c’est Charlemagne qui encourage le travail domestique du lin dans les maisons. À partir du XIe siècle l’artisanat du lin en Europe se généralise, la tapisserie de Bayeux en est l’illustration la plus célèbre. Au XIIIe siècle, la culture du lin se développe dans les Flandres, la Bretagne et l’Anjou.

    Il existe plusieurs qualités de tissus de lin : le gros lin au toucher rêche du linge de maison ; la grosse toile de coutil à trame serrée des chemises de travail, qu’on double de laine pour qu’elles ne grattent pas ; le fin cainsil des chemises élégantes et les voiles féminins. C'est au début du XIIIe siècle que Baptiste Cambray, un tisserand de la ville de Cambrai (alors petite principauté ecclésiastique du Saint-Empire romain germanique), met au point un procédé permettant de tisser une toile très fine, la batiste [en anglais : cambric].

    Le succès des toiles du Cambrésis atteint l’Italie, l'Espagne, la Flandre, les Pays-Bas, l'Angleterre et la France. À la fin du XVIe siècle, Henri IV, qui tente de limiter la consommation d’articles de luxe par des lois somptuaires, autorise l'entrée en France de dix mille « toilettes de Cambray » par an. Au XVIIe siècle, Colbert fait venir de Flandre des tisserands spécialisés et favorise la création de filatures et de manufactures françaises de toile fine et de dentelles.

    La toile de lin est un objet de commerce conséquent, de grande valeur, qui entre dans la fabrication des toiles fines de Cambrai, des toiles à voiles d'Abbeville, des toiles dites «Bretagne superfine», des toiles blanches ou imprimées d'Alsace, des dentelles comme celles au point d’Alençon, des blouses et mouchoirs, des fils à coudre de Lille... tout est en lin. Lorsqu’aucune précision n’est apportée, le mot « toile » désigne toujours la toile de lin ou de chanvre.

     

    ▲Bonnet dit de Charles Quint en lin brodé, vers 1550,
    Musée de la Renaissance, Écouen sur Agence photographique de la RMN

     

    ▲à g. : Nappe en lin damassé, France ou Belgique, vers 1625-1675
    Victoria & Albert Museum, Londres
    à dr. : Le déjeuner de chasse (détail), Jean François de Troy, 1737
    Musée du Louvre, Paris sur Agence photographique de la RMN

     

    ▲à g. : Portrait de Margaret ('Peg') Woffington, actrice, par Jean Baptiste Van Loo, vers 1738
    Victoria & Albert Museum, Londres
    à dr. : Engageantes en dentelle de lin, Europe, XVIIIe siècle,
    The Metropolitan Museum of Art, New York

     

    ▲Le même motif de dentelle réalisé en lin (haut gauche),
    en soie (haut droite), en coton (bas gauche) et en laine (bas droite)
    Echantillons photographiés à la Cité internationale de la dentelle et de la mode, Calais

     

    ▲Pantalon de lingerie en batiste pour fillette, Angleterre, vers 1800
    Victoria & Albert Museum, Londres

     

    ▲Chemise en toile de lin avec dentelle au col, XIXe siècle
    Musée des Ursulines, Mâcon sur Base Joconde

    En France, la culture et l’artisanat du lin atteignent leur apogée au XVIIe siècle. Les techniques de culture, le travail des fibres, le filage et parfois même le tissage se pratiquent toujours à la ferme, elles évoluent peu jusqu'au XVIIIe siècle. Les surfaces cultivées atteignent alors 300 000 hectares ; un hectare de lin donne 2500 kilos de paille et 625 kilos de fibre. Environ quatre millions d'ouvriers français vivent du lin.

    Au XIXe siècle la filature et le tissage entrent dans l’ère de l’industrialisation. Le teillage du lin se fait mécaniquement dans des moulins à teillage. En 1801, Marie-Joseph Jacquard invente le métier à tisser semi-automatique qui porte son nom. En 1817, Philippe de Girard dépose un brevet pour la première machine à filer le lin. Les petites productions de lin des fermes ne conviennent plus aux manufactures, les surfaces de lin chutent sensiblement, car le travail est difficile et pénible. L’utilisation intensive du coton au cours du XIXe siècle, l’arrivée des textiles synthétiques au XXe siècle, l’augmentation constante du coût du travail manuel vont provoquer le déclin progressif du lin. Ni la mécanisation agricole, ni les nouvelles créations variétales de la plante, ni le perfectionnement du teillage ne vont ramener le lin à sa prospérité d’antan.

    Pour en savoir plus sur ce déclin, on peut regarder sur le site de l’INA, Le dernier teilleur de lin, qui montre François Moullec, à Saint Laurent de Begard (Côtes d'Armor), reportage du 17 mai 1978 – 12 minutes 05.

     

    ▲Champs de lin, Vallée de la Durecler, Seine-Maritime, photographie René Jacques, 1955
    Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine, Paris sur Agence photographique de la RMN

    Mais la donne pourrait changer. Matière noble et naturelle, à la fois solide, brillante, légère et fraîche, le lin est apprécié pour les vêtements d’été. Il se froisse, certes, mais avec élégance. On l’utilise parfois en mélange avec d’autres fibres. Comme le coton, on peut le merceriser, le glacer, l’apprêter… C’est traditionnellement la matière du linge de table et de maison de belle qualité. Entièrement biodégradable et recyclable, le lin ne produit aucun déchet, toutes ses parties sont utilisables ou consommables.

     

    Le lin est cultivé depuis l’Antiquité dans le Bassin méditerranéen, il fait partie de nos traditions et de notre patrimoine. L’Europe est le premier producteur de lin du monde, France en tête, avec deux tiers de la production mondiale. Le lin français, reconnu comme le meilleur au monde, est vendu dans toutes les zones de production, y compris en Chine, car sa transformation coûte cher. Le lin normand - soit 60 % de la production française, 45 % de la production européenne transformée, bénéficie d’une excellente renommée mondiale, du fait de sa longueur, sa finesse, sa résistance et sa couleur qui en font sa grande qualité. La filière linière est aujourd’hui à la pointe de l’innovation. Entre savoir-faire, héritage et modernité, on peut affirmer que le lin a toutes les qualités pour devenir la fibre de demain.

    En ces dernières chaudes journées d’été, pas d’hésitation : vivez en lin !
     
    SOURCES : MERVEILLEUX BLOG de "Les petites mains"
     
     
     
     
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    La Fête champêtre, par Dirck Hals, 1627 Rijcksmuseum, Amsterdam

    D'où vient la mode de la fraise ?

    Sauf à dire qu'elle est née du petit rucher qui borde la chemise au XVIe siècle [Lire fraise (1)] , les historiens ne se prononcent guère sur l'origine de la fraise. Elle ne serait pas une invention européenne, mais inspirée de cols de mousseline empesée d'eau de riz portés en Inde, reprise par les Hollandais. Cette mode s'est ensuite répandue sur toute l'Europe occidentale par l'intermédiaire des marchands.

     

    Banquet de noces présidé par les Archiducs (détail), par Jan Brueghel l'Ancien,
    vers 1612 Musée national du Prado, Madrid

    Dans son Histoire du costume en Occident, François Boucher écrit : "Des Européens venus aux Indes et à Ceylan dès le début du siècle ont pu être frappés par les grands cols de mousseline empesés à l'eau de riz (dont l'usage est déjà mentionné dans le Livre des Lois de Manou) qui, dans ces pays, protègent les vêtements du contact des longs cheveux huilés. Ce mode d'empesage aurait été rapporté aux Pays-Bas, d'où il serait passé en Angleterre – il y était déjà employé en 1564 – et naturellement en Espagne."

    Une mode luxueuse qui requiert du savoir-faire

    Objets de luxe, les fraises sont extrêmement coûteuses. Leur confection requiert un métrage de toile de lin ou de batiste particulièrement fine, pouvant atteindre les quinze mètres. Et même si la main d'œuvre coûte moins cher qu'aujourd'hui, leur fabrication compliquée et délicate ne peut être réalisée que par des couturiers très qualifiés, qui y passent beaucoup de temps. Une anecdote raconte qu'un courtisan de Louis XIII acquiert une fraise dont la valeur atteint celle de "vingt-cinq arpents d’excellents vignobles" !

    ▲Portrait de la reine Elisabeth I d'Angleterre (dit de l'Armada),
    par George Gower, vers 1588, Woburn Abbey, sur Wikipedia

    Les fraises sont en outre plissées, tuyautées, godronnées, empesées. Leur entretien nécessite aussi des spécialistes. On sait par exemple que la reine Elizabeth I d'Angleterre a engagé une Flamande pour préparer ses fraises, qu'elle possède en grand nombre. Certaines, décrites avec précision, figurent, ainsi que le nom du donateur, sur la liste des cadeaux que la reine reçoit chaque année au Nouvel An.

    ▲Caricature du début du XVIIe siècle représentant des singes
    portant et entretenant des fraises (détails).
    On y voit notamment le lavage, le séchage, l'empesage et le repassage.
    Bayerisches Nationalmuseum, Munich

    Après lavage, empesage et séchage, les tuyaux empesés et godronnés sont dressés grâce à des outils spéciaux, chauffés sur un poële, à une température suffisamment chaude pour être efficace, mais qui ne doit pas non plus brûler le tissu fragile. On utilise notamment un fer long de forme arrondie, et un outil en forme de pipe ou de poire. Ces techniques, utilisées jusqu'au XXe siècle pour le repassage des coiffes ou autres articles délicats, demande une très grande habileté de la part de la lingère ou de la repasseuse.

    ▲à g. : Portrait de Richard Goodricke of Ribston, par Cornelis Ketel,
    1578-80 The Weiss Gallery, Londres
    à dr. : Schéma de technique de repassage des godrons
    source : blog carlynbeccia

    ▲à g. : Fraise en lin, vers 1620-1629,
    Victoria & Albert Museum, Londres
    à dr. : Portrait de jeune garçon, par Jacob Willemsz Delff, 1581
    Rijksmuseum, Amsterdam

    Au XVIe siècle, l'invention des aiguilles d'acier donne un essor nouveau aux broderies "reticelli" et aux dentelles "punto y aria" qui vont orner la fraise et la rendre encore plus luxueuse. Ce savoir-faire est celui de femmes travaillant le plus souvent à domicile, mais il est aussi de bon ton, dans l'aristocratie, de s'adonner à ce passe-temps nouveau, à l'aide de livres de modèles qu'on s'offre. Ainsi Catherine de Médicis pratique l'art de l'aiguille, qu'elle enseigne à sa belle-fille Marie Stuart.

    ▲à g. : Bordure de dentelle, Italie, vers 1600-1620,
    Victoria & Albert Museum, Londres
    à dr. : Portrait de Christine de Lorraine, Ecole française,
    Galerie des Offices, Florence,
    reproduction RMN, statut : domaine public sur
    Agence photographique de la Réunion des musées nationaux

     

    La Joyeuse Compagnie musicienne, par Dirck Hals, 1623,
    collection privée sur Web Gallery of Art

    Une mode exigeante et difficile à porter

    Ces fraises à simple, double ou triple rang, bordées de hautes dentelles empesées comme le corps de la fraise elle-même, qui demandent d'énormes métrages de tissu, sont bien sûr, en plus d'être encombrantes, lourdes à porter, malgré leur finesse. Aussi va-t-on imaginer toutes sortes de techniques pour les soutenir et alléger les épaules et le cou.

    Parfois, seul le col relevé du pourpoint soutient la fraise. Quand elle est plus large ou volumineuse, on utilise un soutien-col ou carcan [en anglais : supportasse, mot d'origine française] placé sur la nuque, qui la dresse et la maintient pour encadrer le visage.

    Carcan supportasse anglais en carton, rembourrage en coton,
    recouvert de satin de soie ivoire, vers 1600-1625, Victoria & Albert Museum, Londres

    Carcan supportasse anglais en carton recouvert de satin de soie ivoire,
    bordé de gros grain, moulé sur le cou, vers 1600-1625,
    Victoria & Albert Museum, Londres

    ▲Reconstitution moderne de la fraise et du carcan supportasse
    sur le site marchand verymerryseamstress.com

    Parfois on utilise un châssis ou une armature de fil métallique [rebato] recouvert de soie pour la soulever très haut sur la nuque. Ce style de collerette, appelée aussi collet monté (d'où l'expression idiomatique) apparaît à la fin du siècle.

    La Joyeuse Compagnie à table, par Dirck Hals, 1627-1629,
    Staatliche Museen, Berlin sur Web Gallery of Art

    L'élégante compagnie à table, par Dirck Hals, vers 1625,
    Johnny van Haeften Gallery, London, sur The Bridgeman Art Library

     

    Support armature de fraise en laiton, début XVIIe,
    Musée de la Renaissance Ecouen, reproduction RMN, statut : domaine public sur
    Agence photographique de la Réunion des musées nationaux

     

    ▲à g. : Bal donné au Louvre en présence d'Henri III et de Catherine de Médicis
    pour le mariage d'Anne, duc de Joyeuse et de Marguerite de Lorraine-Vaudémont
    (soeur de la reine Louise), le 24 septembre 1581,
    Ecole française, Musée du Château de Versailles,
    reproduction RMN, statut : domaine public sur
    Agence photographique de la Réunion des musées nationaux
    à dr. : Support armature pour fraise collerette source : blog carlynbeccia

    A la fin du siècle, quand les fraises auront atteint leurs plus grandes dimensions, en largeur ou en hauteur, elles s'amolliront en fraises à la confusion, une fraise non empesée, à plusieurs rangs, nettement moins rigide, ainsi nommée parce que ses plis sont désordonnés. Elle tombe et s'étend sur les épaules, d'abord en collerette, puis en grands collets rabattus, pour se transformer en cet élégant col rabattu bordé de dentelle, si typique de la mode Louis XIII. Cette transformation va se faire progressivement, on porte à la même période différents types de fraises.

    ▲à g. : Portrait de Marcantonio Doria, premier prince d'Angri, par Simon Vouet, début XVIIe siècle,
    Musée du Louvre, reproduction RMN, statut : domaine public sur
    Agence photographique de la Réunion des musées nationaux
    à dr. : Portrait de jeune homme, par Simon Vouet, début XVIIe siècle,
    Musée du Louvre, reproduction RMN, statut : domaine public sur
    Agence photographique de la Réunion des musées nationaux

    ▲à g. : Portrait de Gaston d'Orléans enfant, par Frans Pourbus le Jeune, 1611,
    Palais Pitti, Florence sur Ciudad de la pintura
    à dr. : Fraise à la confusion en fine batiste, vers 1615-1635,
    Rijksmuseum, Amsterdam

     

    ▲de g. à dr. : Portraits de Louis XIII, par Frans Pourbus le Jeune,
    en 1611, 1612, 1615 et 1616, sur Passion.Histoire.net

    ▲à g. : Portrait de cavalier riant, par Frans Hals, 1624
    The Wallace Collection sur Web Gallery of Art
    à dr. : Portrait d'homme assis, par Willem van der Vliet, 1636,
    Musée du Louvre sur Web Gallery of Art

    La famille de l'artiste, par Cornelis de Vos, vers 1630-1635,
    Musée des Beaux-Arts, sur Web Gallery of Art.
    L'homme porte la fraise à la confusion,
    la femme et les enfants le col rabattu à la mode.

    ▲Portrait de Anna Rosina Tanck, épouse du maire de Lübeck,
    par Michael Conrad Hirt, 1642, St. Annen Museum, Lübeck sur Wikipédia

    Mode à la fois extravagante et stricte, tous les pays de l'Europe occidentale auront porté la fraise, de forme et de volume différents selon les pays, les personnes et leur condition. La fraise aura donc duré près d'un siècle, entre les années 1545 et 1630, et ne sera plus à la mode avant longtemps – jusqu'à la vague historiciste du début du XIXe siècle, qui fera bien sûr l'objet d'un prochain article.

    (à suivre : la fraise du XIXe siècle)

     

    sources : Superbe blog - les petites mains -

    http://les8petites8mains.blogspot.com/2010/02/fraise-4-de-la-fraise-au-col-rabattu.html

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    Burberry : Histoire 

    CHRONOLOGIE

      

     1856 : Ouverture d'une boutique de confection à Basingstoke, Hampshire par Thomas Burberry, apprenti drapier, 21 ans.
    1870 : la boutique emploie 80 personnes
    1880 : Invention de la "gabardine"
    1888 : La marque la décline en cinq épaisseurs
    1891 : Installation de la marque à Londres qui devient "Burberry & Sons"
    1895 : Commande de nouveaux uniformes du ministère de la défense : le "Tielocken" est né
    1900 : Innovations pour les grands sportifs
    1901 : Naissance du logo l'"Equestrian Knight"
    1909 : Ouverture d'un magasin à Paris Malesherbes et implantation aux Etats-Unis et en Amérique du Sud.
     

      

    1912 : Le magasin de Haymarket emménage au n° 30 de la rue, adresse mythique
    1914 : Creation du " Trench Coat " (littéralement, " manteau des tranchées ") pour l'armée.
    1919 : "Royal Warrant" ("Reconnaissance Royale") obtenu, la marque devient fournisseur officiel du roi George V.
     

      

      

      

      

      

    1920 : Création du célèbre motif tartan le " Nova Check "
    1926 : Mort de Thomas Burberry

     

      

    1942 : Le "Trench Coat" dans le film culte "Casablanca"
     

      

    1955 : Second "Royal Warrant" de la reine Elizabeth II
     

    Rachat de la marque de distribution par GUS (Great Universal Stores)
    1988 : Nouvelle ligne: "Thomas Burberry" qui cible les femmes
    1989 : "Royal Warant" du Prince de Galles, fournisseur officiel du futur roi d'Angleterre
    Début 90s : campagnes publicitaires avec Christy Turlington .

     

      

    1997 : Rose Marie Bravo à la tête de la griffe.
    Roberto Menichetti directeur artistique
    Egéries : tops Stella Tenant ou Kate Moss
     

      

    1999 : Burberrys' abandonne son "s", pour "[brand=4294924665]Burberry[/brand]"
    Nouvelle ligne : "Burberry Prorsum".
    2000 : Inauguration boutique sur New Bond Street, à Londres et à Los Angeles, Düsseldorf, Berlin, Barcelone, Soho à New York
    Apparition de Kate Moss en bikini Burberry. Nouveau succès
    Démocrtisation de la marque : image prestigieuse mise à mal
    la griffe investit dans le secteur du parfum
    2001 : Christopher Bailey succède à Roberto Menichetti à la direction artistique
    L'emblématique "Trench Coat" de la ligne "Burberry Prorsum" coloré de rose ou de
    Le tartan rose pâle, baptisé "Candy Check"
    2002 : Inauguration de son " magasin fleuron " à New York 57th Street
     

      

      

    Deuxième flagship à Knightsbridge (Londres), première boutique en Italie (Milan)
    2004 : Lancement ligne de sous-vêtements masculins et confection sur mesure pour les "Trench Coats"
    2006 : Plainte déposéd par Burberry contre des faussaires, condamnés à 13 000 $ d'indemnités
    2005 : Début juillet, Angella Ahrendts succède à Rose Mary Bravo à la direction de la griffe.
    GUS se retire définitivement. La griffe retrouve son indépendance.
     

      

    2006 : 150 ans de la griffe. Collection anniversaire "Our Burberry Icons Collection", hommage aux emblèmes de la maison
    2007 : Première collection "Burberry Enfant" boutiques spécifiques aux Etats-Unis, Emirats Arabes Unis, Hong Kong, Turquie...
    Ouvertures de magasins en Belgique, Espagne, Italie, République Tchèque
    Retour de Burberry dans les vêtements pour le ski. Lancement d'une gamme d'accessoires destinés aux animaux compagnie
    La marque menace de poursuites le groupe Iconix pour contrefaçon
    2008 : Nouvelle collection de bijoux : "Burberry Joaillerie"
    Burberry s'installe chez Harrods (Londres)
    Premières boutiques dédiées aux collections enfants à Hong Kong, à Westchester (New York) et Palo Alto (Californie).
    2009 : 150 000 faux Burberry (vêtements et accessoires), importés de Chine, trouvés à l'aéroport de Rome: valeur marchande: 10 millions d'euros
    Lancement de "Burberry London Lifestyle"
    Retour de "Burberry Prorsum" aux Fashion Weeks de Londres

      

      

      

    Ouverture Boutique Burberry Enfant à Istanbul et Dubaï
    Inauguration d'un 6ème point de vente en Chine (Pékin)
    2009 : Haymarket, le mythique bâtiment londonien est délaissé pour la "Horseferry House", près de Westminter
    Burberry USA s'installe dans Manhattan, au 444 Madison Avenue, dans un
     

      

      

      

      

      

      

    2010 : Emma Watson est l'égérie de la marque pour sa collection Automne-Hiver
    Burberry envisage de lancer sa ligne de maquillage

      

      

      

      

      

      

      

      

     


    HISTOIRE

    Au Royaume Uni, Burberry n'est pas une simple griffe. La maison de couture plus que centenaire est une véritable institution, un monument national datant de l'époque victorienne, symbolisant le luxe et le raffinement.

    En 1856, Thomas Burberry, simple apprenti drapier anglais de 21 ans, ouvre une boutique de confection à Basingstoke, dans le Hampshire. Ce sportif souffrant de rhumatismes, se spécialise dans les vêtements chauds, particulièrement dans les vêtements dédiés aux les activités en plein air comme la chasse et la pêche.
    Ainsi, la marque Thomas Burberry fidélise rapidement les notables de la région et agrandit sa boutique, jusqu'à la transformer en 1870, en un grand magasin qui emploie 80 personnes.

    Il faut savoir qu'à cette époque, le seul vêtement offrant une réelle protection contre la pluie est l'imperméable en caoutchouc. Mais il est lourd, peu pratique et favorise la transpiration. Thomas Burberry cherche alors une matière "respirante", combinant légèreté, chaleur et résistance à la pluie. Il trouve la solution près d'un berger local, qui porte une veste en laine alliant toutes les caractéristiques requises et crée, en 1880, un tissu très novateur : la "gabardine". Après l'avoir fait breveter en 1888, la marque le décline en cinq épaisseurs : "Double-Weave", "Airylight", "Wait-a-Bit", "Tropical" et "Karoo". Grâce à cette étoffe, la marque complète sa ligne de vêtements chauds pour hommes et femmes, destinés au sport et loisirs de plein air. Un véritable succès.
    En 1891, la marque peut alors s'installer à Londres. Elle ouvre un nouveau magasin au 18-22 Haymarket et modifie son nom en Thomas " Burberry & Sons ".

      

      

    En 1895, Burberry est chargée par le ministère de la défense de créer de nouveaux uniformes: ils doivent être résistants et imperméables. La griffe lance alors le "Tielocken", un long manteau en gabardine pour équiper les généraux britanniques pour la guerre des Boers en Afrique du Sud (1899-1902). Rapidement, ce manteau est porté par tous les officiers de l'armée britannique.

    En 1901, la marque se choisit un logo symboliquement fort : l'"Equestrian Knight", un chevalier en armure chevauchant son destrier, doté d'un écu gravé de la lettre " B " et d'une lance. Il est accompagné du terme latin "Prorsum", qui signifie "aller de l'avant".

    Parmi ses clients, la griffe compte déjà quelques célébrités. Le Roi Edouard VII, pour obtenir de son personnel son " Trench Coat " disait : " Give me my Burberry ". C'est ainsi que le souverain contribua à populariser la marque et à transformer ce nom propre en un nom commun.

    Au début du 20ème siècle, la marque innove pour les grands sportifs, qu'ils soient chasseurs, pêcheurs, skieurs, tireurs à l'arc, golfeurs, ou joueurs de tennis... Elle habille également les premiers aviateurs, les pilotes de montgolfières, ou les grands explorateurs des Pôles Nord et Sud. Ainsi, accompagne-t-elle, en 1911, Roald Amundsen et son équipe dans la conquête du Pôle Sud, avec des vêtements et des tentes en gabardine spécialement conçus pour résister aux températures extrêmes de l'Antarctique.

    Simultanément, la marque se lance dans une politique d'expansion à l'international. Après l'ouverture, en 1909, d'un magasin à Paris, boulevard Malesherbes, elle s'implante aux Etats Unis et en Amérique du Sud. En 1912, le magasin de Haymarket emménage au n° 30 de la rue, adresse qui sera celle de la griffe jusque fin 2008.

    Au début de la première guerre mondiale, le "War Office", l'administration de l'armée britannique, demande une nouvelle version du "Tielocken", adaptée aux techniques contemporaines de guerre. Il est alors doté d'une ceinture à anneaux pour y suspendre grenades, cartes et flasques ainsi que de courroies fixées aux épaulettes destinées à maintenir une sacoche, des jumelles et un masque à gaz. La marque ajoute aussi un large rabat sur le devant, essentiel pour protéger le coeur. Grâce à sa résistance et sa fiabilité contre les intempéries dans les tranchées, ce manteau prend rapidement le nom de " Trench Coat " (littéralement, " manteau des tranchées "). Entre temps, en 1915, la marque exporte ses "Trench Coats" au Japon. Après la guerre, les soldats survivants le ramenant chez eux, le "Trench Coat" entame une nouvelle vie civile. Lors de la deuxième guerre mondiale, il équipera les armées britannique, américaine, soviétique et allemande.

    Burberry acquiert ses lettres de noblesse, en 1919, lorsque la marque obtient le "Royal Warrant" (la "Reconnaissance Royale") du roi George V. Avec cette accréditation, la marque devient fournisseur officiel du souverain.

    En 1920, la marque crée son célèbre tartan : un motif à carreaux beiges, noirs, blancs et rouges. Elle le baptise " Nova Check " (" Ecossais Nova "), le fait breveter, puis l'utilise en doublure de son " Trench Coat ".
    Avec l'arrivée de l'automobile, Burberry innove et crée également des vêtements adaptés à ce nouveau moyen de transport.

    Thomas Burberry s'éteint le 27 août 1926, laissant les rênes d'une griffe en pleine croissance à ses deux fils, Thomas Newman et Arthur Michael.
    Avec le succès de son "Trench Coat", la marque de luxe délaisse certains de ses produits, pour se concentrer sur les vêtements pour Homme et ses imperméables en gabardine progressivement déclinés dans différentes matières, comme la soie ou le cuir.

      

    Burberry thick jackets 2011 Fashion Winter 2011 with Collection by Burberry Emma Watson

    En 1942, le "Trench Coat" fait une apparition remarquée, dans le film culte "Casablanca" où il est élégamment porté par Humphrey Bogart. Le cinéma contribue alors largement à créer une nouvelle mode : l'imperméable masculin est adopté par des célébrités féminines, telles Greta Garbo, Marlene Dietrich ou Lauren Bacall. Par la suite, il devient un accessoire cinématographique, omniprésent dans "Breakfast at Tiffany's" (1961) avec Audrey Hepburn, dans "La Panthère Rose" (1963) avec Peter Sellers, dans la série " Columbo " (dès 1968) avec Peter Falk, et plus récemment, dans la série "Sex and the City" avec Sarah Jessica Parker , ou encore dans "The Matrix" avec les personnages Néo et Morpheüs.

    En 1955, la griffe obtient une nouvelle fois le "Royal Warrant" de la reine Elizabeth II. Très convoité, ce titre de fournisseur officiel de la souveraine est une preuve de qualité et d'excellence. Pourtant, cette même année, Burberry perd son originalité familiale et novatrice avec son rachat par GUS (Great Universal Stores), un groupe britannique de distribution et de vente par correspondance.

    Dans les années 60, la boutique parisienne Burberry met en avant la qualité de sa doublure tartan en présentant un imperméable complètement retourné accompagné d'un parapluie déployé avec ce même "Nova Check". Face à l'engouement suscité par ce parapluie, la marque lance cet accessoire. Plus tard, le tartan se déclinera sur des écharpes en cachemire avec le même succès.

      

    umbrella collection by Burberry emma watson Fashion Winter 2011 with Collection by Burberry Emma Watson

      

    Fin 70, le mouvement punk adopte le "Trench Coat", puis dans les années 80-90, il compte des adeptes tant parmi les intellectuels qu'auprès des fans de gothique et des amateurs de musique "métal", ou "indus". Victime de son succès, l'imperméable est revisité par d'autres marques (Versace , Smalto , Zara , Donna Karan New York).

    Dans les années 80, la marque prospère à l'international, particulièrement aux Etats-Unis et au Japon, avec ses imperméables et son prêt-à-porter pour hommes. Mais la marque garde pour le grand public, une aura très masculine, une image limitée au "Trench Coat" pour homme.
    En 1988, souhaitant changer son image et conquérir une clientèle plus jeune et féminine, Burberry lance une nouvelle ligne: "Thomas Burberry". Ces collections offrent un style plus décontracté, des modèles traditionnels modernisés, tels que des mini-kilts, à des prix plus accessibles.

    L'année suivante, Burberry reçoit le " Royal Warant " du Prince de Galles, et devient l'un des fournisseurs officiels du futur roi d'Angleterre. Et, en 1990, le "Trench Coat" apparaît tout de tartan vêtu.

      

      

      

    Début des années 90, pour rajeunir son image, la marque fait alors appel au mannequin Christy Turlington pour ses campagnes publicitaires.
    En parallèle, la griffe lance un service de couture sur mesure pour ses clientes les plus fortunées, puis, diversifie sa gamme et multiplie les accords de licence pour des produits aussi divers que des sacs à main, des parfums, un whisky, des vêtements pour enfants, des jouets, des cookies, des biscuits apéritifs, une carte de crédit VISA... Mais cette dispersion se révèle assez négative et ternit l'image de luxe de la marque.

    En 1997, le groupe GUS appelle Rose Marie Bravo à la tête de la griffe. Ex-présidente de Saks, devenue PDG de Burberry, la femme d'affaires américaine compte bien moderniser la griffe et lui redonner tout son prestige. La marque tourne une page de son histoire, rompt les licences multiples et inutiles pour ne garder que les essentiels, comme celles des parfums, des montres ou des lunettes.

    La direction artistique est confiée au styliste Roberto Menichetti, les campagnes publicitaires à Fabien Baron, les photographies à Mario Testino et l'image aux tops models Stella Tenant ou Kate Moss. La griffe rajeunit alors ses collections, revisite ses anciens modèles en les modernisant et en les colorant, et décline son "Nova Check" sur des modèles destinés aux jeunes femmes.

    En 1999, Burberrys' abandonne son "s", pour devenir Burberry, et elle lance une nouvelle ligne : "Burberry Prorsum". Fidèle à sa devise, la marque va de l'avant et offre des collections couture très tendances, luxueuses et destinées à une clientèle restreinte.

    Fin des années 90 et début des années 2000, la griffe revoit sa distribution et rénove ses boutiques avant de reprendre le développement de son réseau international. En septembre 2000, elle inaugure une immense boutique sur New Bond Street, à Londres. D'autres boutiques voient le jour à Los Angeles, Düsseldorf, Berlin, Barcelone ou Soho à New York.

    En 2000, l'apparition de Kate Moss en bikini Burberry provoque un incroyable engouement d'une nouvelle clientèle beaucoup plus jeune. La marque rencontre à nouveau le succès.
     

    La griffe se "démocratise" avec des accessoires plus accessibles à moins de 150 euros, tels que des porte-monnaies ou des casquettes. Ces nouveaux produits arborant le tartan connaissent un engouement sans précédent auprès d'une clientèle inattendue. Des jeunes de banlieues britanniques, des rappeurs, et même des hooligans s'approprient ce signe de reconnaissance élitiste, et arborent fièrement leurs acquisitions, qu'elles soient vraies ou fausses. Car avec le succès, les contrefaçons bon marché se multiplient. Si la griffe a retrouvé l'inspiration créative de ses débuts, et une santé économique, son image prestigieuse est sérieusement mise à mal.

    En mai 2001, Christopher Bailey succède à Roberto Menichetti à la direction artistique. Pour mettre un terme au succès du "Nova Check", le tartan est éliminé des défilés, et la casquette Burberry disparaît des accessoires. Et, désormais, les collections "Burberry Prorsum" ne seront plus présentées à Londres, mais uniquement lors des Fashion Weeks de Milan.
    Rapidement la griffe retrouve tout son prestige et acquiert une image rajeunie "so british" avec des collections "Burberry Prorsum" successives dynamiques et très tendances.

      

    burberry scarf 2011 Fashion Winter 2011 with Collection by Burberry Emma Watson

    L'emblématique "Trench Coat" de la ligne "Burberry Prorsum" (en version originale sous l'étiquette "Burberry London") est revisité et coloré de rose ou de vert : à chaque saison, un nouveau "Trench Coat". Et, progressivement, la griffe va réintroduire discrètement son imprimé écossais, le réinterpréter. Le tartan va également prendre de nouvelles couleurs pour apparaître en rose pâle, baptisé "Candy Check", ou en noir et blanc sur des sacs ou des chaussures.

    En octobre 2002, la griffe inaugure son " magasin fleuron " à New York : 2.000 m2 sur la 57th Street, entre la 5th Avenue et Madison.
    Suivent un deuxième flagship à Knightsbridge (Londres), puis une boutique à Milan (la première en Italie).

    En 2004, la griffe lance des sous-vêtements masculins et la confection sur mesure pour ses "Trench Coats". Elle propose de personnaliser son imperméable avec des formes différentes, sept couleurs au choix, des boutons en corne, ou une étiquette avec initiale.

    Deux événements marquent l'année 2005. Début juillet, Angella Ahrendts succède à Rose Mary Bravo à la direction de la griffe. Et, en fin d'année, le distributeur britannique GUS se retire définitivement permettant à la griffe de retrouver son indépendance.

    Parallèlement à ses collections, la griffe se lance dans la chasse aux contrefaçons et fait appel à deux avocats pour débusquer les copieurs lors des salons professionnels du textile et des accessoires ou dans les boutiques. Ainsi, en 2006, Burberry dépose plainte contre le gérant d'une société et cinq revendeurs chinois, avec Chanel, Vuitton, Prada ou Gucci : les faussaires sont condamnés à 13 000 $ d'indemnités, une somme minime compte tenu du préjudice, mais c'est un premier pas.

    En 2006, la griffe fête ses 150 ans avec une collection anniversaire baptisée "Our Burberry Icons Collection", un véritable hommage aux emblèmes de la maison de couture. La gabardine, le "Trench Coat", l'"Equestrian Knight" et le "Nova Check" sont luxueusement revisités. Le "Trench Coat" se pare de fourrure, et le chevalier "Prorsu " orne un sac imprimé matelassé tartan.

    En 2007, la marque menace de poursuites le groupe Iconix pour contrefaçon du "Nova Check" sur un "Trench Coat" London Fog, avant de parvenir à un accord amiable. Contrepartie du succès planétaire, la contrefaçon est un véritable problème pour la marque.

    La même année, la marque lance sa première collection "Burberry Enfant" : des vêtements et accessoires de luxe, pour filles et garçons, jusqu'à 10 ans. Suivant la tendance vestimentaire "parent-enfant", elle propose notamment des tenues similaires aux collections adultes avec "Trench Coat" et écharpes imprimées "Nova Check".

    Des accessoires sous licence sont également lancés: poussettes, sièges auto, ou encore de l'eau de toilette "Baby Touch". Rapidement, cette nouvelle ligne conquiert une clientèle célèbre, comme Suri Cruise, et s'offre des boutiques spécifiques aux quatre coins du monde : Etats-Unis, Emirats Arabes Unis, Hong Kong, Turquie...

    L'année 2007 correspond également au retour de Burberry dans les vêtements pour le ski. Après de nombreuses années d'absence, la marque lance sa collection "Burberry, Established 1856" avec des tenues (blousons, pantalons, pulls, gilets, moonboots,...) et des accessoires chics et raffinés, pour homme et femme.

    En 2007, la griffe intensifie ses implantations européennes avec des magasins en Belgique, Espagne, Italie, République Tchèque,...
    En 2008, face au succès de sa ligne Enfant, Burberry s'installe chez Harrods (Londres), puis inaugure ses premières boutiques dédiées aux collections enfants à Hong Kong, à Westchester (New York) et Palo Alto (Californie).

    Cette même année, elle développe une gamme d'accessoires sous licence, destinée aux animaux compagnie : l'imprimé écossais est décliné pour chats et chiens essentiellement qui se voient offrir des colliers, des laisses, des pulls, et même des "Trench Coats".

    En 2008, la griffe s'offre une nouvelle collection de bijoux : "Burberry Joaillerie" très "guerrière de luxe", avec des colliers, des bracelets et des bagues coordonnés à ses sacs ou ceintures.

    Les années 2000 correspondent également à un fort investissement de la griffe dans le secteur du parfum. En partenariat avec Inter-Parfums, fabricant français, Burberry lance plusieurs fragrances : "Touch for women" en 2000, "Touch for Men" en 2002, "Burberry Brit" pour femme en 2003, "Burberry Brit Men" en 2004, " Burberry Brit Red" et "Burberry Brit Gold" en 2005, "Burberry London" et "Burberry London for Men" en 2006, "Burberry Brit Sheer", "Burberry Summer for Women" et "Burberry Summer for Men" en 2007, "The Beat" pour femme en 2008 suivi de "The Beat for Men" en 2009.

    En mars 2009, 150 000 faux Burberry (vêtements et accessoires), importés de Chine, ont été trouvés par les policiers et les douaniers de l'aéroport de Rome : soit un butin d'une valeur marchande de 10 millions d'euros.

    En 2009, elle lance "Burberry London Lifestyle", une collection inédite de jeans pour femme et homme, et, le 26 mai 2009, la griffe annonce le grand retour de "Burberry Prorsum" aux Fashion Weeks de Londres dès septembre 2009, après huit années d'absence.

    Début 2009, Istanbul et Dubaï accueillent, à leur tour, chacune une boutique Burberry Enfant. Avec ce nouvel espace à Dubaï, la griffe compte désormais cinq boutiques dans les Emirats Arabes Unis.

    En Chine, la marque renforce son implantation avec l'inauguration d'un sixième point de vente à Pékin, la capitale chinoise.

    En 2009, les sièges britanniques et américains emménagent dans des espaces ultra modernes. En janvier 2009, le bâtiment mythique londonien de Haymarket est délaissé pour un immeuble des années 30, la "Horseferry House", dans le quartier de Westminter, à proximité de Big Ben.

    Fin mars 2009, Burberry disposait de 119 boutiques (contre 77 fin mars 2008), et, 300 magasins d'usine et concessions (dans les grands magasins, tels Barneys ou El Corte Inglés). A ceci s'ajoutent plus de 3 000 points de vente multimarques dans une centaine de pays, et une boutique en ligne accessible 24h/24h, via son site internet.

    En avril 2009, Burberry USA s'installe dans Manhattan, au 444 Madison Avenue, dans un gratte-ciel dont le sommet est gratifié d'une gigantesque enseigne lumineuse de deux mètres de hauteur sur 15 mètres de long : un privilège publicitaire accordé à six buildings new-yorkais. Et, pour accueillir fastueusement la marque le 28 mai 2009 est déclaré "Burberry Day" par le maire Michael Bloomberg, lui-même. Une soirée branchée est organisée, en présence de célébrités américaines, comme Sean Lennon, les soeurs Olsen ou Nicky Hilton .

    Pour sa campagne automne-hiver 2009-2010, Burberry s'est offert Emma Watson comme égérie.

    Burberry lance sa propre ligne de maquillage.

      

      

    SOURCES : http://www.puretrend.com/marque/burberry_b4294924665/histoire_i1/1

      

     

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